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Le pétrole n'est pas le seul qui va venir à manquer !

L'alerte est déjà donnée en ce qui concerne notamment celles que l'on appelle les "terres rares", à tel point que la Chine qui a la chance d'avoir le territoire qui en possède de nombreuses, et en quantité telle, que cela lui permet même d'exercer une forme de chantage et de domination, a décidé, de limiter ses exportations, en instituant des quota, afin de garantir d'abord ses propres besoins, et d'essayer d'établir une suprématie dans certains domaines.

Par contre, combien sont conscient, que tous les métaux sont, à l'instar du pétrole et des réserves naturelles en générale issus de réverves fini, que celles çi sont épuisables, et pour certaines déjà en voie d'épuisement, il n'y a pas que les nouvelles technologies qui sont en danger, il y a aussi les anciennes. 

Nous savons déjà qu'il va être extrêmement compliqué de remplacer tous les produits à base de pétrole, exemple les plastiques, pour ne citer qu'eux, mais sommes nous conscient, que les métaux les plus usités, pourraient aussi venir à manquer !

Nous sommes d'une telle avidité, et dans un tel aveuglement, que nous avons perdu tout sens de l'équilibre.

http://www.goodplanet.info/Contenu/Points-de-vues/Consommation-de-metaux-On-ne-peut-pas-continuer-a-appuyer-sur-l-accelerateur?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%253A+Goodplanetinfo+%2528Les+D%25C3%25A9p%25C3%25AAches+GoodPlanet.info+%2529

Extraits :

Consommation de métaux : « On ne peut pas continuer à appuyer sur l’accélérateur »

le taux de croissance de la production fait baisser les réserves en années de consommation, à quantités disponibles égales. Ce n’est pas anecdotique : en 20 ans, on a doublé la consommation de tous les grands métaux - plus encore sur nombre de petits métaux « high tech » - et avec le développement de la Chine et de l’Inde, il y a de fortes chances qu’en l’espace d’une génération, on extraie plus de métaux que dans toute l’histoire de l’humanité !

Moins médiatique que le changement climatique, la raréfaction des métaux est un des enjeux majeurs du XXIe siècle. Alors qu'ils sont à la base de notre civilisation industrielle, il ne reste en effet environ que 40 années de réserves pour la plupart des grands métaux. Ingénieur et auteur d'un livre sur le sujet, Philippe Bihouix estime que « nous faisons un usage aberrant et scandaleux » des métaux au détriment des générations futures et qu'il est désormais urgent de revoir un certain nombre de nos besoins.(...)

Enfin, 40 ans de réserves, cela ne signifie pas que nous sommes tranquilles pour cette période : le pic de production arrive bien avant. La preuve pour le pétrole dont le pic est imminent (et même passé pour le pétrole conventionnel) !

Certains métaux ont-ils déjà franchi leur pic de production ?

Pour l’instant, seul l’or l’a franchi au niveau mondial, au milieu des années 2000. Et alors que 45 % des dépenses d’exploration sont aujourd’hui consacrées à ce métal précieux, la production n’augmente plus. Cet exemple est symbolique de ce qui nous attend pour les autres métaux. Une fois que l’on aura passé la moitié des réserves, les métaux seront de plus en plus difficiles d’accès, et les nouveaux gisements ne suffiront pas à compenser la déplétion des gisements existants.

De plus, les minerais que l’on extraie étant de moins en moins concentrés en métaux, il faudra de plus en plus d’énergie. Dans l’absolu, on peut toujours aller chercher un métal de moins en moins concentré si on est prêt à y mettre plus d’énergie. Mais comme on passera également par un pic de production d’énergie (pétrole, puis gaz, puis charbon), les pics métalliques suivront irrémédiablement. C’est un cercle vicieux avec un risque d’emballement entre métaux et énergie, accentué par les technologies vertes et les énergies renouvelables puisqu’il faut de plus en plus de métaux – cuivre nickel, terres rares, indium, sélénium, gallium, ou autres – pour fabriquer des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques.(...)Pourtant, on peut penser que les métaux sont recyclables.

En théorie, oui bien sûr. Mais le recyclage a ses limites.

D’abord tout simplement par les pertes mécaniques. C’est la vis, la boîte de conserve ou la vieille paire de lunettes que l’on jette à la poubelle et qui ne sera jamais valorisée. Le pourcentage de perte est variable pour chaque métal. Il est par exemple d’environ 30% pour le nickel, pourtant un métal cher, facile à identifier, plutôt bien récupéré, avec des filières très organisées.

Ensuite vient la question de la complexité des alliages (les mélanges de métaux). Il existe par exemple plus de 3000 types d’alliages au nickel, les aciers spéciaux contiennent de petites quantités de métaux comme le niobium, le vanadium, le molybdène… Il est impossible de séparer tous ces éléments au moment du recyclage et l’on se retrouve avec des métaux qui comportent de petites « impuretés », qui sont non seulement impossibles à récupérer, mais peuvent même être, dans certains cas, indésirables pour certaines utilisations. Il n’y a donc pas de perte « physique », mais une perte « fonctionnelle », c'est-à-dire que des petits métaux « nobles » se retrouvent dilués dans des aciers recyclés de bas de gamme, typiquement les ronds à béton du bâtiment. C’est la « dégradation de l’usage ». Pour faire un parallèle, une fois que l’on a mélangé des bouteilles de verre incolores avec des bouteilles colorées, on ne refait évidemment pas du verre incolore. Idem pour les plastiques et le syndrome de la bouteille qui finit en chaise de jardin, pas en nouvelle bouteille. Lorsque l’on recycle, nous sommes bien loin d’une économie circulaire.(...)

Justement, peut-on espérer trouver d’autres gisements dans les années à venir ?

J’ai une mauvaise nouvelle : on trouvera de nouveaux gisements, de préférence dans les endroits les moins explorés ou exploités jusqu’à présent, comme les dernières forêts primaires, les pôles ou les océans. Ou tout simplement plus profondément dans la croûte terrestre, avec une consommation accrue d’énergie. Il faudra donc arbitrer avec les autres enjeux (biodiversité, eau, terres arables, etc.).

Vu le taux de croissance actuel, ces nouveaux gisements ne feront de toute façon que retarder l’échéance et ne nous donneront que quelques années de répit. On le voit avec l’exemple du pétrole, le super champ découvert en 2009 au large du Brésil ne représente que 200 jours de consommation mondiale, alors qu’il a été présenté comme une découverte capitale.(...)

Face à ce constat relativement alarmant, ne doit-on pas revoir notre mode de consommation ?

En consommant moins en effet, on peut inverser le cercle vicieux dans lequel on est entré. À l’heure qu’il est, il n’y a finalement que deux approches : soit on continue à appuyer sur l’accélérateur, soit on accepte de revoir un certain nombre de nos besoins.

Première piste, la pédale de l’accélérateur : faire le pari du tout technologique et continuer notre folle course en avant, basée sur la consommation à outrance et l’obsolescence programmée, en espérant qu’on pourra monter des filières de recyclage ultra efficaces (dont nous avons malheureusement montré les impossibilités et les limites techniques). L’humanité a toujours misé sur la technologie pour trouver les solutions, mais le tout technologique entraîne une accélération de la consommation en métaux rares qui nous reviendra en boomerang par la consommation d’énergie. Aujourd’hui, des ingénieurs tirent la sonnette d’alarme : ne comptez pas sur le tout technologique cette fois-ci ! Ce discours est frontal par rapport à notre croyance dans l’économie de croissance et le progrès, mais les faits sont là.

Reste l’autre piste, la pédale de frein : revoir drastiquement nos besoins. C’est le débat du superflu face au nécessaire, un débat difficile. Nous avons de nombreux moyens d’actions tant le gâchis actuel est énorme : limiter les usages dissipatifs inutiles, favoriser les circuits courts, faire en sorte que les produits que l’on fabrique durent le plus longtemps possible, aller vers la logique de la modularité, de la réparation, de la réutilisation. Si un composant tombe en panne, on ne change que celui-là, et pas le tout. C’est le retour de l’économie locale, de l’artisanat, de la main d’œuvre moins chère que l’énergie ou les ressources.

Faire croire que le gâteau des ressources, aujourd’hui partagé très inégalement, peut croître à l’infini, est une escroquerie qu’il nous faut dénoncer. Il vaut mieux une décroissance choisie, réfléchie, organisée et équitable, plutôt qu’une récession subie aux conséquences erratiques, dont la crise actuelle constitue les prémices.

Philippe Bihouix

Diplômé de l'Ecole Centrale Paris, Philippe Bihouix a été ingénieur conseil pendant plus de 10 ans dans différentes industries (énergie, chimie, matériaux, transports, télécoms...). Il travaille actuellement dans le fret ferroviaire.

co-auteur d'un livre sur les métaux intituléQuel futur pour les métaux ? - Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, aux éditions Decitre.

Propos recueillis par Benjamin Grimont]


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