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Devrait-on faire l'éloge de l'immobilité, faute de mobilité réduite et partagée. L'électromobilité pour un mauvais mobile ?

Une image très caricaturale m'a traversé l'esprit lorsque j'ai pris l'option de parler à nouveau de la mobilité, car c'est un sujet auquel je suis particulièrement sensible moi qui ai viscéralement encrée en moi l'idée, le rêve de voyage, j'aurais voulu parcourir le monde si cela avait été possible, je le visite sur la toile et au travers de reportages ou documentaires télévisuels en partie, ce qui n'est pas sans impact, mais j'ai en tout cas, en contrepartie réduis drastiquement mes déplacements physiques, non sans certaines formes de frustrations et non sans un certain isolement, le revers de la médaille de la ruralité. Cette image projetait deux constats que je sais en réalité beaucoup plus complexes que cela, mais j'y voyais en gros, symboliquement, deux cibles essentielles à atteindre, les plus précaires en ce qui concerne l'habitat en vue de les aider à le rendre moins énergivore, et une autre catégorie de la population plus aisée afin de l'encourager pour ce qui est de la mobilité en vue de la réduction des affres du déplacement, ces deux thèmes étant deux dimensions extrêmement importantes des changements nécessaires à impulser pour un avenir moins chaotique.

Je me suis rendu à une présentation du nouveau scénario "Négawatt 2017-2050" que je considère, malgré certaines réticences, comme une orientation étudiée à prendre en compte, dessinant un projet qui, sans correspondre pleinement à mes propres convictions, s'en approche et va dans ce qui me semble être la bonne direction. L'une des lacunes de ce scénario qui provoque donc l'une de mes réticences, tient au fait que le développement des nouvelles formes de production d'énergie dites "renouvelables" entraîne la nécessité de multiplier les moyens de productions que ce soit pour l'éolien, le solaire, la méthanisation, la méthanation, l'hydrolien, la géothermie, voir même l'hydraulique grand et petit. Cette multiplication engendre une kyrielle d'impacts que je crains mal envisagés. Une exploitation intensive des ressources minières et minérales, augmentant donc encore la cohorte de maux environnementaux et sociaux que génèrent l'extractivisme, autre plaie de la planète, à l'encontre duquel je suis aussi en lutte. Ceci laisse augurer aussi une autre impossibilité mal perçue, l'incapacité d'être réellement "durable" faute de ressources suffisantes pour produire cette multiplicité de matériels et matériaux ! Sauf peut-être à accaparer pour une minorité du "Nord" l'ensemble des ressources en abandonnant le "Sud" à son sort ce qui serait une autre immondice !

Traiter tous les aspects de ce que ce scénario met en exergue, n'est pas envisageable, je ne vais donc m'acharner que sur l'aspect changement de vision et de comportement en terme de mobilité pour vilipender l'orientation de l'électromobilité automobile présentée, en France, comme "LA" solution, j'oserais presque faire un rapprochement avec ce que fût en son temps le plébiscite pour le chauffage électrique, dont on sait maintenant qu'il ne répondait qu'à la nécessité de justifier la nucléarisation du parc énergétique électrique français, dont le choix tenait en réalité plus à la capacité, avec la fusion, de développer en parallèle et en priorité les armement nucléaires. Ne s'agit-il pas une nouvelle fois de satisfaire au dictât de l'énergéticien EDF et des constructeurs automobiles ? 

Que ce soit Négawatt, l'ADEME et maintenant les conclusions d'un travail collectif auquel a participé le RAC (Réseau Action Climat)  démontrent que l'électromobilité, si elle n'est pas soumise en priorité à une politique énergique de diminution importante, à la fois du parc automobile, et de son utilisation, n'est qu'une fausse bonne solution, j'ajouterais personnellement  un leurre, pour ne pas dire une tromperie !

Rien dans la communication, ni du gouvernement, ni des constructeurs ne sous-entend vraiment le changement fondamental d'attitude et de paradigme qui doit accompagner ces changements technologiques, report modal qui ne ferait alors que déplacer le problème, sans modifier en rien les causes fondamentales que sont la multiplication des véhicules et une utilisation trop individualiste, ne tenant pas compte de ses impacts sur la collectivité et l'environnement. Le contraire serait bien sûr étonnant puisque cela voudrait dire qu'il faut porter un message en opposition avec la sacro-sainte croissance motrice du consumérisme,  système nerveux sociétal.

Dans tout autre registre, mais non sans importance, quid de la fin de vie des batteries ? On aime mettre sur le devant de la scène que ces accumulateurs, sensibles à la chaleur, permettront à un stade avancée de leurs durée de vie plutôt courte de servir de système de séquestration de courant électrique fournis par les moyens de productions intermittents, et dans restituer ainsi l'énergie lors de creux de production, ce qui est vrai, mais ce qu'on ne vous dit pas c'est que ces batterie dont la durée de vie est donc estimée actuellement par certains entre 5 et 20 ans, soit effectivement en moyenne une dizaine d'années au mieux, avec une efficacité dégressive, ne peuvent être utilisées à cette fin que lorsque qu'elle ne sont pas déjà morte et qu'il leurs reste entre 25 et 50% de capacité, ce qui revient à dire que cela réduit leur temps de vie réel sur la voiture, il faudra donc probablement au mieux deux, voir trois batteries pour la vie d'une voiture, alors qu'à l'heure actuelle leur recyclage bien qu'ayant progressé est un point sombre de leur cycle de vie au même titre que leur construction CQFD.

Tous les scénarios mettent en évidence que l'électromobilité ne peux être qu'une des facettes d'un ensemble de solutions complexes mais complémentaires alors pourquoi donc un tel accent mis sur cette seule électrification de la mobilité automobile, d'autant plus que les transports de marchandises eux pourtant large part des allez et venues sur nos routes et générant une part toute aussi importantes des pollutions, émanations toxiques et de GES restent étrangement bénéficiaires d'une indulgence suspecte. M'est avis que d'autres objectifs sont en jeu, et ceux là n'ont rien à voir avec ni la santé de la planète, ni la notre, mais bien celle des industriels qui en insufflent les orientations.

 

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