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Réussir à l'école, une affaire de classes ?

Parmi les choses dont je suis depuis longtemps convaincu et que rien n'a pu ébranler, au contraire même, l'expérience des années, des découvertes et des validations de perceptions instinctives, n'ont que confirmé ce postulat, les apprentissages dans l'enfance et ce qu'il est convenue d'appeler "l'éducation" sont d'une importance capitale, et déterminent dans une large mesure la capacité et surtout la faisabilité future à se construire.

Se construire en tant qu'être et se construire une vie en société.

Les deux structurations indissociables sous certains aspects, répondent-elles pour autant aux mêmes besoins, et surtout aux mêmes instructions et initiations? 

Voilà un thème plein de questions que je n'ai que très rarement abordé, tant il est complexe, épineux, sensible, tant subsistent pour moi autant de doutes sur les formes que devraient prendre ces apprentissages que j'ai de certitude sur l'importance fondamentale qu'il y a à les réussir.

L'éducation parentale est aussi diverse qu'il y a de type de familles ou de composantes culturelles, la liberté éducative y est totale et répond à des impératifs et des objectifs qui n'accordent pas à l'enfant, ou si rarement, son droit à se déterminer librement, elle façonne en profondeur l'individu dont elle considère être en droit d'orienter les croyances et les perceptions. La pédagogie y est souvent absente, l'enseignement plus proche du modelage que de l'émancipation, il en est du ressort de la liberté individuelle, la seule que les parents accepte de reconnaître, la leur, ce droit d'emprise que seul un degré de conscience supérieure des droits de l'autre, l'enfant, pourrait contenir et contrecarrer, rares sont celles et ceux qui y parviennent!

J'ai lu au sortir de l'adolescence "Le prophète" de Khalil Gibran, au sein duquel un passage a totalement et viscéralement déterminé mon regard sur l'enfant et l'éducation : 

Une femme qui portait un enfant dans les bras dit : « parlez-nous des enfants. » Et il dit : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie, car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable. »

"Vos enfants ne sont pas vos enfants", extrait du livre "Le Prophète" de Khalil Gibran

L'école de la République ne devrait-elle pas être là pour palier à ces "imperfections", combler, ajouter, éclairer, rééquilibrer, transcender?

Égalité des chances, tel est (était?) (sera?) l'un des credo de l'Éducation Nationale, si elle l'a jamais été, elle ne l'est plus, nous dit-on et est loin d'y parvenir, d'ailleurs le pourrait-elle vraiment, finit-on par penser?

Malgré tout ce que je crois de franchement négatif qu'en à l'orientation qu'a prise l'Éducation Nationale, et malgré certaines études qui démontrent que les inégalités sociales ne disparaissent effectivement pas grâce à l'école, il semble que tout n'est pas si sombre, si j'en crois l'évolution de l'analyse que peut en faire quelqu'un dont on ne peut douter des connaissances et des compétences en ce domaine, 2013, 2017.

Il semblerait même que d'après les résultats qu'on en attend maintenant, l'école française serait même un bon élève en Europe, sauf que l'on peut se demander si ce que l'on attend maintenant de l'école est ce qu'il y a de mieux pour les enfants?

Est-ce mieux pour les enfants une semaine de quatre jours?

Est-ce mieux pour nos enfants que le Bac soit à ce point dévalué qu'il ne vaut guère plus maintenant que le BEPC d'antan?

Est-ce mieux pour nos enfants d'être mieux préparé à devenir de bon consommateurs/producteurs?

Alors, si je veux bien entendre que l'école n'augmente pas véritablement les inégalités, elle les maintien, elle ne les gomme pas, elle ne permet pas de les réduire encore moins de les annihiler, et surtout elle n'éduque pas pour émanciper et rendre libre, 

 

Alors, si je veux bien entendre que l'école n'augmente pas véritablement les inégalités, elle les maintien, elle ne les gomme pas, elle ne permet pas de les réduire, encore moins de les annihiler, et surtout elle n'éduque pas pour émanciper, rendre libre et mélanger les classes!

 

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