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Courrier que je voudrais radioactif envoyé au Député de la circonscription dont je dépends, aurais-je des atomes crochus ?

Un mail du réseau "Sortir du nucléaire" m'est parvenu hier, une pétition ainsi qu'une action directe auprès des Députés est proposées, je ne réponds pas toujours positivement à ce type d'opération, mais cette fois et parce que ce sujet du nucléaire me semble au même titre que celui du réchauffement climatique l'un des plus important à traiter et en urgence, j'ai décidé de participer à cette tentative. Je n'avais pas vraiment besoin des arguments de la lettre qu'ils ont envoyé aux Députés, pour exprimer ce que j'avais déjà comme justification à exposer pour faire savoir mes désaccords, j'ai toutefois découvert une ampleur inattendue au fait que les contrôles décennaux ne pourraient être fait en temps et en heure et qu'ainsi même dans le meilleur des cas l'avancement en age des réacteurs amplifie les risques potentiels.

Je suis tout particulièrement alerté et inquiet de l'avenir des déchets et des conséquences toxiques que ceux-ci font peser sur les générations à venir.

J'ai envie de vous partager ce que j'ai envoyé au Député de ma circonscription.

 

Courrier que je voudrais radioactif envoyé au Député de la circonscription dont je dépends, aurais-je des atomes crochus ?
M. Thierry Benoit Député de la 6em circonscription d'Ille et Vilaine.
 
C'est en tant qu'habitant citoyen de la nouvelle commune des "Rives du Couesnon", plus précisément ex-Saint Georges de Chesné que je m'adresse à vous.
 
Fin juin vous allez être appelés à vous prononcer sur la Loi Énergie Climat communément appelée "Petite Loi Énergie" en réalité aux enjeux extrêmement importants.
Ce projet de Loi vise à entériner le "Plan Pluriannuel de l'Énergie" (PPE), changement d'une orientation pourtant déjà légiférée par la "Loi Transition énergétique pour la croissance verte". 
Je veux vous exprimer une totale incompréhension et un total désaccord concernant l'esprit et certaines formes de ce PPE.
 
La "Loi Transition énergétique pour la croissance verte" Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 fixe pour objectif de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d'énergie électrique de la France en 2025, or la nouvelle PPE repousse cette échéance à 2035.
Une loi aurait-elle pour vocation d'être remise en cause avant même d'avoir été réellement mise en oeuvre ?
Ceci reviendrait à prolonger l'exploitation de réacteurs et de centrales, dont les cahiers des charges de constructions engageaient et validaient le fonctionnement sur une période définie de 40 années d'usures imprévisibles, à une période de 50 ans et plus pour presque la totalité du parc nucléaire, puisque même les premiers réacteurs éteints avant cette échéance auront dépassés, parfois largement, ces 40 ans d'exploitation. 
 
Une série d'événements ont mis en lumière l'extrême dangerosité d'une installation nucléaire qui viendrait à être atteinte dans sa sûreté imparfaite. Fukushima étant la pointe de l'Iceberg portant attention sur l'impossibilité de se prémunir de toutes les conditions qui peuvent amener à un accident majeur. Nous savons vous et moi que de nombreuses autres défaillances dans les évaluations sécuritaires et de sûreté ont également été détectées en France, pour n'en citer que quelques unes, mauvaise qualité des aciers de certaines cuves et autres éléments vitaux des réacteurs, imperfections de soudures pourtant cruciales, tricheries d'EDF sur la validation sécuritaire de certains éléments etc etc. Je vous épargnerais la relectures des arguments développés en réaction à ces alertes récentes, qui viennent s'ajouter aux oppositions de fond déjà défendues par de nombreuses associations ou mouvements et citoyen·ne·s en partie résumées dans la lettre d'interpellation du réseau "Sortir du nucléaire" ci jointe qui vous a par ailleurs été adressée et qui développent un argumentaire que je soutiens.
 
Outre ces considérations que je vous encourage de bien prendre en compte, j'appuie sur la responsabilité fondamentale qui est la votre de faire le choix de valider ou d'invalider une décision qui fait porter le risque potentiel sur un très grand nombre d'humains, citoyen·ne·s français·es, mais aussi citoyen·ne·s de pays limitrophes, d'un accident nucléaire en France, en vous rappelant que le facteur de probabilité pour que cela arrive est très élevé.
 
Si de part sa nature on peut prétendre que l'énergie électrique n'est pas émettrice de GES, la construction de ses outils de productions, y compris les centrales nucléaires, leur entretien, l'exploitation des ressources minières en uranium en particulier, génèrent, elles, comme toute industrie, émissions de CO2 et autres conséquences ayant une influence non négligeable sur les causes anthropiques du réchauffement climatique global, à ces conséquences environnementales s'ajoutent des effets sociaux délétères et parfois criminels. L'énergie nucléaire n'est donc pas totalement neutre en production de CO2 contrairement à la publicité qui est faite autour de cette argumentation à tout le moins exagérée et elle provoque des répercutions dramatiques dans les régions d'extraction de l'uranium.
 
Non seulement technologiquement la production nucléaire est de loin l'une des plus dangereuse qui soit, mais elle engendre également une conséquence sans nulle autre pareille, celle de ses déchets radioactifs qui font courir des risques majeurs que je ne sais qualifier par aucun superlatif suffisant, tant du fait de leurs degrés de toxicités que du fait de leurs longévités. Ce sont toutes les générations à venir qui en subiront les conséquences imprévisibles et potentiellement incontrôlables. Bien qu'un peu hors contexte j'en profite pour vous exprimer en parallèle mon opposition au projet CIGEO, que je considère, après m'en être dûment informé, comme une non solution, voir une contre solution qui grève à terme toutes possibilités de retour en arrière, de réversibilité, pourtant maître mot des objectifs que s'étaient donnés à l'origine, là aussi, les autorités nucléaires.
 
Je vous demande donc expressément, de prendre la mesure de la responsabilité qui vous incombe face à la portée du choix que vous êtes amené à faire.
 
Respectueusement 
 
Un citoyen attentif aux impacts des décisions politiques et de leurs répercussions réelles à court, moyen et long terme. 
 
Daniel Jagline.

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