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Marée noire du Golf du Mexique, le procès ira-t'il à son terme ?

Le 21 avril 2010, les sapeurs de la garde-côte des États-Unis tentaient d’éteindre le feu sur la plateforme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique. <br />

Photo : Agence France-Presse
Le 21 avril 2010, les sapeurs de la garde-côte des États-Unis tentaient d’éteindre le feu sur la plateforme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique.

Il semble que la question soit posée, ce serait selon moi un autre scandale si ce n'était pas le cas, et pourtant à en croire ce qui est pressenti par certains, il se pourrait bien que l'issu soit en fait plutôt une négociation.

Ce qui me donne un nouvel argument pour rappeler que je milite aussi pour qu'une instance internationale juridiquement contraignante naisse et soit en charge de ce type de dossier, étant entendu que cette instance aurait bien pour priorité absolu de ne prendre en compte que les aspects écologiques et environnementaux, et qu'elle ne soit atteignable par aucun lobbies.

Nous n'en sommes pas là, et malheureusement ce qui est à craindre c'est que nombres d'impacts indirects ne soient pas pris en compte, que les retombées à plus long termes, qui ne peuvent être envisagées à ce jours ne passent à la trappe, que les enjeux financiers encombrent les débats, et minimisent les condamnations, afin de ne pas ruiner ces entreprises, car n'est-ce pas cela qui est en jeu en fait ?

Seul BP aurait peut-être les moyens financiers de supporter la condamnation qui se profile, mais est-ce véritablement BP qui est principalement responsable, je n'en sais rien, j'ai comme la plupart d'entre nous pointer du doigt BP, car je considère cette société de toute façon hautement responsable, car même si elle a été trompé, il est de sa responsabilité d'être garant de ce qu'elle a validé en l'acceptant et en le mettant en œuvre. 

Voyez ce qu'il en est dit là :

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/343631/proces-monstre-pour-une-maree-noire-historique

Extraits :

Le procès de la marée noire provoquée en 2010 par l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique s'ouvre lundi. BP, Transocean et les autres compagnies impliquées encourent des pénalités et des dommages-intérêts de milliards de dollars. Toutefois, un accord extrajudiciaire n'est pas à exclure. Enquête du Devoir. (...) Cependant, une source proche de Transocean fait valoir que le contrat que l'entreprise détenait avec BP limite sa responsabilité aux employés tués et blessés dans l'accident. Cette source, qui veut conserver l'anonymat et ne pas être citée, ajoute que le pétrole qui s'est échappé du puits Macondo et qu'on trouve encore dans certaines zones relève de la seule responsabilité de BP. Durant la procédure préliminaire devant le juge Barbier, Transocean a même soutenu que sa responsabilité ne saurait dépasser le prix de sa plateforme, soit 23 millions de dollars.


Mais pour Aaron Viles, porte-parole du Gulf Restoration Network, coalition d'associations écologistes du littoral, «Transocean est clairement responsable aux côtés de BP». Ayant observé la procédure préliminaire, Ed Sherman, professeur de droit à l'Université Tulane à La Nouvelle-Orléans, indique en effet que le juge a décidé que Transocean et BP sont «toutes deux responsables, avec Halliburton qui avait fourni le ciment du puits».

Le professeur Sherman rappelle que la loi américaine adoptée après la marée noire causée par l'Exxon-Valdez en Alaska (Oil Pollution Act) «rend BP responsable pour le montant total des dégâts faits par le pétrole». Mais il souligne que, si le magistrat conclut qu'une «faute grave» collective a provoqué la catastrophe, «Transocean devra alors payer plus que 23 millions». (...) Pour les victimes de la marée noire et pour le rétablissement de l'écosystème du golfe et de son littoral, un tel accord permettrait d'obtenir une aide au montant assuré, car non soumis à un appel, indique le professeur Sherman. L'inconvénient, prévient néanmoins la professeure Barrett, est que, «dans un accord extrajudiciaire, aucune partie ne reconnaît sa culpabilité».


Quoi qu'il en soit, la source proche de Transocean estime que ce procès est si énorme et ses ramifications politiques si importantes, en pleine campagne pour la présidentielle et les législatives de novembre, que personne ne conclura un accord à l'amiable sans que la Maison-Blanche donne son aval.

En Floride, l'avocat Matthew Villmer, qui représente une centaine de victimes, préférerait, comme nombre de ses confrères, que BP soit tenue pour responsable principale du désastre par le juge. Pour des raisons sonnantes et trébuchantes. «Si le juge tient Transocean pour responsable du désastre à 80 %, je crains de voir cette compagnie déposer son bilan, parce qu'elle n'a pas les dizaines de milliards de dollars qu'il faudrait pour alimenter un nouveau fonds d'indemnisation, mais BP, elle, a de quoi payer», calcule l'avocat. (...) Le fonds d'indemnisation qui sera créé à l'issue du procès sera totalement séparé du fonds financé par BP en 2010. Le juge pourra néanmoins décider que les 20 milliards déjà versés par la compagnie britannique seront déduits des pénalités et dommages-intérêts qu'il imposera.


Matthew Villmer observe en tout cas que «les gens du littoral sont aigris, et envers BP, et envers Transocean, parce que, près de deux ans après le désastre, nos plages ont encore besoin des équipes de nettoyage».

«Cette catastrophe est pire que le cyclone Katrina. Au moins, Katrina s'était arrêtée, mais cette catastrophe continue et elle nous a frappés au moment où on commençait à se remettre de Katrina», déplore de son côté George Barasich, le pêcheur louisianais.

 Nous avons encore beaucoup de temps pour réfléchir à tout cela car nous sommes encore loin, je pense, de l'épilogue. 

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