Au fil de mes déplacements, nombre de fois j'ai constaté avec stupeur, nombre de ruines d'anciens sites industriels !
Laissés là à l'abandon, en toute impunité !
Sans compter ce qui ne ce voit pas, ce qui a été caché, enfoui !
Qui paiera pour dépolluer ? : le contribuable évidemment.
Nombre de cas anciens ou plus récents, nous prouvent comment les industriels mêmes solvables, parviennent à ne pas prendre en charge les pollutions qu'ils génèrent.
Cette situation déjà scandaleuse, mais pourtant établie comme une quasi normalité depuis des décennies, est en train d'engendrer une légalisation du principe pollué-payeur, en effet, ce qui devrait nous sembler fondamentalement inacceptable, est en train de devenir la norme, les entreprises polluent et mettent en danger les riverains et l'environnement, le plus simple bon sens voudrait qu'elles soient en charge de garantir la sécurisation et la protection de ces riverains plus ou moins proches qu'elles mets en danger, eh bien non.
Pour preuve ce qui se passe actuellement autour des sites classés "SEVESO"
Communiqué de presse
Mardi 19 juillet 2011
10 ans après AZF, le principe « pollué-payeur » a les faveurs de l’Etat…
La semaine dernière, le préfet du
Rhône, Jean-François Carenco, s’est rendu à Feyzin pour annoncer, sans prévenir, les modalités d’application du plan de prévention des risques technologiques (pprt) concernant la zone qui
accueille une raffinerie Total. 500 foyers Feyzinois devront payer 5 millions d'euros pour se protéger de la raffinerie et mettre aux normes leur logement. Toujours selon monsieur Carenco, les 10
millions d’euros supplémentaires, nécessaires à la réalisation de ces travaux, seront à la charge des contribuables français. Total n’aurait donc pas à débourser le moindre euro. Une situation
invraisemblable à quelques semaines du dixième anniversaire de la catastrophe d’AZF
La loi Bachelot de 2003 a été la réponse du législateur à la terrible catastrophe d’AZF.
Elle demande aux préfets de mettre en œuvre les fameux PPRT autour des 670 sites industriels les plus dangereux. Il s’agit d’un zonage précisant les risques auxquels les populations sont exposées
et déterminant les expropriations, délaissements, et travaux obligatoires à mener dans les habitations pour résister, par exemple, à une explosion.
Des riverains triplement
punis
Les riverains de sites SEVESO subissent les nuisances industrielles au quotidien, vivent
en étant exposés à un risque d’accident technologique majeur, et doivent aujourd’hui payer pour se protéger de ce risque. Le préfet Carenco a annoncé les mesures à prendre dans la ville de Feyzin
: 25 à 80 destructions de maisons et 500 maisons que leurs propriétaires vont devoir renforcer pour se prémunir du risque d’accident technologique. Les riverains qui peuvent rester vont donc
devoir prendre à leur charge une partie des frais de mises aux normes de leurs habitations.
Pour Marc Sénant, coordinateur du réseau Risque industriel à FNE : « 10 000 euros de travaux en moyenne par foyer, c’est un principe pollué-payeur inacceptable et injustifiable. La plupart des riverains ne feront pas les
travaux en raison d’un coût trop élevé. Que se passera-t-il alors s’il y a un accident ? Quelle sera la position des assureurs ? Le groupe Total doit prendre en charge la protection des riverains
exposés à un risque qu’il génère. Rappelons que Total a engrangé, en 2010, 10 milliards de bénéfice net.».
Quand le faire-savoir l’emporte sur
le savoir-faire
Les riverains ont appris, par voie de presse, de quoi leur avenir sera fait. La logique
aurait voulu qu’une réunion d’information soit organisée pour que les riverains puissent poser leurs questions et donner leur point de vue. A Feyzin ou ailleurs, l’information des citoyens est
insuffisante. A Donges, trente riverains ont été priés récemment de rester à l’écart d’une réunion sur les PPRT. A La Rochelle, il y a un mois, une partie des riverains ont été conviés à une
réunion en préfecture mais pas leurs voisins, pourtant concernés par les mêmes mesures.
Pour Bruno Genty, président de France Nature Environnement, « les situations vécues par ces citoyens sont traumatisantes. L’Etat, s’il veut que sa politique soit acceptée, doit faire preuve de pédagogie et trouver
des solutions de financement qui ne reposent pas essentiellement sur le budget des riverains et sur l’impôt des français. Sans cela, il y a fort à parier que nous connaîtrons d’autres
catastrophes industrielles telles que celle d’AZF dont le dixième anniversaire interviendra en septembre prochain. »
FNE, au double motif de la justice sociale et de l’applicabilité de la loi post-AZF, demande à l’Etat de s’assurer que le coût de la protection des riverains soit pris en charge en grande partie par les industriels.
Je me joins donc à FNE pour dénoncer cette ignoble et scandaleuse situation, ne laissons pas faire cela !
Dénonçons cette orientation injuste et contraire à toute équité de responsabilité.
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