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Réfugiés climatiques, casse-tête juridique et économique, comment seront-ils traités ?

La question des réfugiés climatiques se fait de plus en plus pressante, or sur le plan juridique tant national qu'international, le constat est dramatiquement le même, quasiment rien n'est prévu comme cadre, et pourtant on peu presque dire déjà que ces réfugiés là sont aux portes de certains pays, car il semble que pour certains ce ne soit plus que quelques années qui les séparent de l'implacable et inévitable disparitions de leurs terres natales, ou de leurs lieux de vie.

Une rapide recherche sur le net permet de voir que deux zones sont déjà en proie à l'évidente nécessité de devoir quitter leurs zones d'habitat, deux grand pays sont directement concerné, les Etats-Unis, et l'Australie, je crois que le sud Asiatique est aussi une zone qui va être durement touchée rapidement.

Il semble que l'Australie sera peut-être la première à créer un 'Statut' de réfugiés climatique, mais quel en sera la teneur comment s'articulerons les textes en leur faveur ?

http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-statut-de-refugie-climatique-en-voie-d-etre-reconnu-en-australie,34214

Extrait :

Le Conseil australien des réfugiés a demandé au gouvernement de créer un statut spécifique pour les réfugiés du climat, afin qu’ils puissent bénéficier de la même protection que les autres réfugiés, révèle le quotidien britannique The Guardian dans son édition du 16 avril.

Pour rappel, la Convention internationale relative au statut de réfugié, entrée en vigueur le 22 avril 1954, protège aujourd’hui les personnes craignant d’être persécutées en raison de leur race, leur religion, leur nationalité, leur appartenance à un groupe social, ou leurs opinions politiques. Elle exclut les personnes mises en danger par le changement climatique, comme l’a montré l’an dernier le refus, par un tribunal néo-zélandais, de reconnaître ce statut à un homme originaire des Kiribati. Celui-ci avait expliqué qu’il voulait protéger ses enfants de la montée des eaux qui menaçait son pays.

C’est pourquoi la déclaration du président du Conseil des réfugiés australien, Phil Glendenning, sommant le gouvernement de reconnaître officiellement le statut de réfugié climatique, représente une importante avancée. «Il y a des personnes qui ne souffrent d’aucune persécution en raison de leurs croyances, de leur race, ou de leur appartenance à un groupe particulier mais qui ont néanmoins besoin d’assistance parce qu’ils ont été déplacés à cause du changement climatique», a-t-il déclaré.

 

Les Etats-Unis sont aussi directement et très rapidement concerné, et on peut constater que la situation n'est pas du tout préparée, et pourtant l'urgence grandit :

 

http://www.goodplanet.info/Contenu/Focus/Les-premiers-refugies-climatiques-des-Etats-Unis?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Goodplanetinfo+%28Les+D%C3%A9p%C3%AAches+GoodPlanet.info+%29

Extraits :

Alors que les émissions de CO2 ont dépassé le seuil symbolique de 400 particules par million, le Guardian s’interroge sur ces réfugiés climatiques d’un nouveau genre, les premiers des Etats-Unis d’Amérique, la nation la plus riche au monde. Et publie une série d'articles sur le sujet, dont nous reproduisons ici quelques éléments. Dans le village de Newtok, "épicentre du réchauffement planétaire", il ne reste que 4 ans aux 350 habitants pour déménager avant que leur village disparaisse, noyé par la montée des eaux et victime de la fonte du permafrost. (...) 

Pour faire face, diverses solutions ont été envisagées. L’une d’entre elle consiste à faire déménager tous les villageois dans des camps entourés de barbelés dans la ville d’Anchorage. Une façon de préserver les communautés selon certains. Mais Newtok a pris les devants. En 2007, le conseil du village a décidé de déménager les 63 habitations de la communauté à 15 kilomètres de là, de l’autre côté de la rivière, sur l’île de Nelson. Un projet à plus de 130 millions de dollars…

Un projet plein d’espoir, même si pour Nathan Tom, l’heure est au pessimisme : « il y a quelques années, ils nous ont dit l’année prochaine. Puis l’année dernière, ils nous ont dit l’année prochaine. Et l’année prochaine, ils nous diront probablement encore l’année prochaine ».

L’aide Américaine

En effet, si en 2009, le COE a désignée 26 communes de l’Alaska, dont Newtok, comme « Communes d’Action Prioritaire », rapporte l’Unesco, signifiant qu’elles ont besoin d’une aide immédiate et substantielle, une majeur partie de celles-ci n’ont pour l’instant reçu aucune aide des programmes fédéraux parce qu’elles ne répondaient pas aux critères requis ou qu’elles étaient dans l’incapacité de participer à hauteur de 35% aux investissements nécessaires pour lutter contre l’érosion de leur terre. (...) 

Et The Observer de s’interroger, « si le pays le plus riche au monde a du mal à transférer une aussi minuscule localité menacée par le réchauffement climatique, que peut-on attendre de lui une fois que les effets du réchauffement se feront réellement sentir ? »

Roxanne Crossley

Sur le plan International, il semble que cette thématique soit enfin vraiment prise en considération, mais quand on constate comme on l'a constaté pour les décisions à prendre face au réchauffement climatique comment les négociations sont extrêmement longues et difficiles, ne parvenant souvent à aucun accord véritable, et surtout suffisant, j'ai de grandes craintes pour ces premiers réfugiés, qui risquent subir les affres d'une impréparation coupable.

Le nombre de ces réfugiés, va rapidement aller grandissant, et je redoute qu'ils entraînent parallèlement une augmentation d'autres types de réfugiés, tant on peut craindre que les tensions vont elles aussi aller grandissantes, la pression sur les ressources, et les phénomènes climatiques, vont péser eux aussi dans ce sens, les chiffres que projette l'IRIN, dont vous trouverez la signification ici sont terrifiant :

http://www.irinnews.org/fr/Report/97872/Une-bou%C3%A9e-de-sauvetage-pour-les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-climatiques

Extraits :

JOHANNESBOURG, 18 avril 2013 (IRIN) - La communauté internationale a longtemps esquivé la question de la reconnaissance et de la protection des « réfugiés climatiques » - des personnes forcées de quitter leur pays en raison des risques et dangers associés au changement climatique. La première initiative mondiale destinée à étudier les réponses humanitaires vient d’être lancée et des discussions axées sur les États de l’océan Pacifique seront bientôt organisées.

Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, la législation internationale sur les droits de l’homme, et plusieurs droits nationaux protègent les droits des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays du fait de catastrophes naturelles, mais les personnes forcées à quitter leur pays ne bénéficient d’aucune protection et sont particulièrement vulnérables. (...) Certains pays et certaines agences hésitent à s’engager dans un nouveau processus - éventuellement long - mondial pour traiter les questions juridiques relatives à la fourniture d’une assistance aux personnes déplacées à l’extérieur de leur pays en raison de catastrophes naturelles. 

« Les États n’ont tout simplement pas envie de s’engager dans un processus formel aujourd’hui, et l’Initiative Nansen essaye d’arriver à un consensus nécessaire sur ce qu’il importe de faire dans un processus intergouvernemental », a dit à IRIN M. Kaelin. 

Même la Conférence de Cancun de 2010 sur la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) - la première à évoquer la possibilité de « déplacements de population induits par le changement climatique » - n’a pas apporté de réponse sur la façon dont cette question devrait être traitée. 

L’Initiative Nansen a été lancée par la Norvège et la Suisse en 2012 afin de sortir de cette impasse et de dégager un consensus global sur la meilleure façon de traiter la question des personnes déplacées par les chocs soudains ou par les catastrophes à évolution lente, comme la sécheresse. « Cette première étape est nécessaire et pourrait déboucher sur un nouvel accord », a noté M. Kaelin. « Il n’y a pas d’accord dont les pays pourraient s’inspirer ». (...) Koko Warner, qui mène une recherche sur la migration environnementale à l’Institut de l’université des Nations Unies (UNU) pour l’environnement et la sécurité humaine de Bonn, a dit à IRIN : « Il y a un espace politique pour la discussion … si les États trouvent leur propre intérêt dans cette question, ils trouveront peut-être davantage de raisons de s’engager ». Les scénarios dans lesquels des millions de personnes sont obligées de quitter leur lieu de résidence en raison du changement climatique ont soulevé des inquiétudes dans les pays développés. 

Comment allons nous acceuillir ceux qui viendraient frapper à nos portes, quelle volonté déploierons nous pour leur permettre de retrouver des cadres de vies qui puissent non seulement les recevoir, mais aussi leur permettre de vraiment leur correspondre, au moins   basiquement.

Cette question me taraude, quand je vois la progression des nationalismes, il y a de quoi être vraiment inquiet pour celles et ceux qui n'en auront plus de 'Nation' !

 

Je vous propose d'aller voir la carte mondiale des migrations trouvée sur le site : 

http://www.tamoudre.org/developpement/environnement/migrations-environnementales-et-refugies-climatiques.html

 

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