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Le principe d'austérité, ou l'erreur fondamentale.

Comment dire !

Je ne suis qu'un simple citoyen, un de ces millions de simples citoyens, qui sans grandes études et sans grands moyens est tout de même habité par un certain bon sens, une forme de sensation innée de ce qui ne va fatalement pas être une bonne solution tant le paradoxe est évident.

L'austérité, est une mise en oeuvre volontaire d'une baisse organisée de la consommation à tous les niveaux, ce qui pourrait être une bonne chose si on ne s'en tient qu'à une vision écolo/environnementale, dans le sens où moins de consommation, c'est fatalement moins d'emprises sur les matières premières, moins de production de GES, moins de pollutions, moins de transports, etc etc, ce qui pourrait être tout à fait positif si ce qui est consommé est de meilleure qualité tant environnementale que sociale, si une forme de partage de la richesse produite accompagnait cette réduction des échanges, or il n'en est rien, au contraire !

L'austérité oblige soit à ne plus consommer, ce qui entraîne la crise grandissante de l'emploi, première conséquence qui est d'une telle évidence, qu'un enfant le comprend, soit à ne consommer que des produits à bas coûts dont les productions sont inévitablement délocalisées, et qui plus est, sont les plus nocives environnementalement et socialement.

Quand à un autre partage des richesses, jamais l'accaparement de celles ci n'a été aussi intense qu'aujourd'hui par une minorité, qui il y a encore quelques années réinvestissait une part de celles ci dans l'économie réelle, mais qui maintenant préfère en remplir les comptes des paradis fiscaux.

Le commerce est un principe d'échanges, tu as des produits ou des connaissances que je n'ai pas et dont j'ai besoin, je te donne un autre produit ou une autre connaissance dont tu a besoin, ainsi l'un et l'autre sont satisfait, le commerce n'est par essence qu'une forme de troc évalué, en tout cas dans sa forme fondamentale, ce n'est donc pas dans le commerce que réside le problème, c'est plutôt dans l'évaluation des produits ou des connaissances que l'on échange qu'il y a défaut, la société s'est fourvoyé dans l'évaluation du coût de ces matières transformées, elle n'a pas su voir que ce que la nature semblait pouvoir donner gratuitement, valait en fait bien plus que tout l'or du monde, et bien plus que toutes les réserves de charbon, de pétrole, de gaz, d'uranium ou de terres rares réunies.

L'humain n'a pas su non plus garder conscience du fait que l'équilibre écosystémique terrestre déjà variable et fluctuant par nature, devait vitalement être conservé, et sauvegardé.

Il faudrait donc plutôt favoriser un nouvel équilibre des échanges, en réévaluant les produits, leurs réelles nécessités, leur réelles emprises sur les matières premières naturelles, leurs réels coûts de productions et de recyclages obligatoires, préprogammés et préorganisés.

Il faudrait en parallèle revoir fondamentalement notre échelle de valeurs, et réduire drastiquement le déséquilibre insensé et infondé qui réside dans l'écart absurde et injustifiable qu'i y a entre les rémunérations, et quand je dis cela je pense à la valeur que l'on donne au travail du plus pauvre travailleur que peut-être par exemple un enfant au Bangladesh, et ce qui est accordé à un Bill Gates !

Oui je sais je rève, et la réalité est toute autre, mais elle est le fruit de ce que nous acceptons, et laissons faire, alors allons nous laisser faire ceux qui veulent encore de cette austérité là :

http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/10/11/le-fmi-decouvre-que-lausterite-est-bien-plus-nocive-que-prevu-236111

Extrait :

Jusque-là, le FMI considérait que pour les économies avancées, ce multiplicateur était de 0,5. Autrement dit : 10 euros de hausse d’impôt (ou de baisse des dépenses) entraînait une perte pour la croissance de 5 euros.

Le FMI estime aujourd’hui que cette évaluation était erronée. Selon leurs recherches, qui portent sur les huit dernières décennies, le multiplicateur serait situé entre 0,9 et 1,7.

Autrement dit : si un Etat augmente ses impôts ou baisse ses dépenses de l’équivalent de 1% du PIB, l’impact pour la croissance se situera entre 0,9 et 1,7 point, selon la conjoncture.

Sérieux ou stupidité budgétaire ?

Si cette étude du FMI est exacte, conduire une politique d’austérité en période de crise est d’une stupidité sans nom (ce que beaucoup d’économistes savent déjà, mais l’orthodoxie économique ambiante les dissuade de le crier trop fort).

A l'instar de l'économie ultra-libérale mondialisée, cette réalité là se traduit par des effets mortels :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/19/l-austerite-en-grece-a-fait-exploser-le-nombre-de-suicides-et-de-meurtres_3162603_3234.html

Extrait :

Les mesures drastiques d'austérité imposées en Grèce pour assainir les finances publiques du pays se sont accompagnées d'une explosion des suicides, des meurtres et d'une détérioration de la santé publique, selon une étude américano-grecque, publiée jeudi 18 avril.

Le taux de mortalité résultant de suicides et d'homicides a augmenté de 22,7 % et de 27,6 % respectivement de 2007 à 2009 surtout parmi les hommes, précisent les auteurs de ce rapport publié dans l'American Journal of Public Health, en se basant sur les statistiques du gouvernement. Ils ont aussi constaté un accroissement du nombre de cas de troubles mentaux, d'abus de drogue et même de maladies infectieuses provoquées par le virus du Nile occidental et du sida.

De part et d'autres des voies s'élèvent, et il est bien navrant de constater que seul ce petit Etat qu'est l'Islande, ait eu jusqu'à présent le courage de s'opposer à cette vision, et ai choisi une autre hypothèse, ce qui malgré de grandes difficultés, semble avoir tout de même permis d'éviter le pire pour son peuple. Il semble tout de même qu'un autre pays prenne actuellement lui aussi une autre option que celle que veux imposer l'Allemagne et ceux qui la suivent aveuglément :

http://www.alternatives-economiques.fr/les-pays-bas-disent-stop-a-l-austerite_fr_art_633_63617.html

Extrait :

Depuis fin 2012 le pays est dirigé par une coalition formée par les libéraux du Premier ministre Mark Rutte et les travaillistes. Ceux-ci ont fourni notamment le ministre des Finances Jeroen Dijsselbloem qui dirige désormais l’Eurogroupe. Pour ramener les choses dans l’ordre voulu par la Commission européenne et les nouvelles règles adoptées depuis la crise (Six packs, Two packs, TSCG), ce gouvernement avait prévu un nouveau train de mesures d’austérité : gel des salaires dans la fonction publique, mise en place de quota de handicapés pour limiter l’usage de ce statut comme retraite anticipée, diminution de l’aide fiscale apportée à l’épargne retraite… De quoi économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques, 0,8 % du PIB néerlandais, soit l’équivalent de 16 milliards d’euros pour nous (un peu moins que les 20 milliards d’euros que le gouvernement français veut économiser l’an prochain)

Mais, après négociation avec les syndicats et le patronat, le gouvernement néerlandais a renoncé finalement le 12 avril dernier à mettre en œuvre ce plan devant la gravité de la situation économique et sociale et sa dégradation rapide. Et par là même il a renoncé à s’engager vis-à-vis de Bruxelles à ramener les déficits publics sous la barre des 3 % en 2014. Si, dans un pays aussi réputé pour la rigueur de sa gestion que les Pays-Bas, un gouvernement dirigé par un libéral, dont le ministre des Finances dirige l’Eurogroupe, en arrive à de telles conclusions, on se demande ce qu’attend encore le gouvernement français pour lui emboîter le pas…

Ce monde sera ce que l'on en fait ou ce qu'on accepte qu'il devienne.

 

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