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Vendre sa terre, est-il acceptable d'y être contraint ? Est-il acceptable de l'autoriser ?

J'ai évoqué plusieurs fois l'accaparement des terres comme un fléau, je le condamne, car il est régi pour des objectifs qui de prime abord peuvent sembler recevable (à certains dont je ne fais pas partie), pensez donc : 'il nous faut plus de terre pour produire plus pour nourrir nos populations', cette logique là paraît implacable, sauf qu'elle est le résultat d'une politique agricole maintenant mondialisée qui à perdu son sens premier, celui de nourrir localement les producteurs et consommateurs locaux, celui de l'auto-suffisance alimentaire qui devrait selon moi être l'objectif premier.

Au lieu de favoriser la relocalisation et l'amélioration des cultures vivrières, l'orientation actuelle favorise au contraire des productions conditionnées pour l'exportation.

Je ne reviendrai pas ici sur le désastre alors occasionné contre les populations locales qui, dans la très grandes majorité des cas, est la première victime de ses transactions, car j'en ai déjà fait le sujet dans d'autres billets, mais je tiens tout de même à le rappeler là.

L'article qui ma amené à ce billet pose une question d'éthique importante, qui suffit à elle même, pour justifier qu'on y réfléchise, mais il y en a une autre réflexion qui s'est imposé à moi à la lecture de celui ci, je l'aborderai ensuite :

a look

L’éthique et l’agriculture

Extraits :

Ce rapport montre que depuis 2000, les investisseurs ou organismes d’État des pays riches et émergents ont acquis plus de 83 millions d’hectares de terres agricoles dans les pays en développement les plus pauvres, soit 1,7 pour cent de la surface agricole dans le monde.
L’essentiel de ces acquisitions a eu lieu en Afrique, dont les deux tiers dans des pays où la famine est répandue et les institutions chargées d’établir la propriété foncière souvent peu efficaces. Les acquisitions dans le seul continent africain représentant une surface de terres agricoles équivalent au Kenya. (...) La Banque mondiale a de son côté convenu qu’il existait des cas d’acquisitions abusives, en particulier dans les pays en développement dont la gouvernance des régimes fonciers est insuffisante, et a indiqué qu’elle était favorable à une participation plus transparente et inclusive. Elle a néanmoins souligné la nécessité d’accroître la production alimentaire pour pouvoir nourrir une population qui comprendra deux milliards de personnes de plus à l’horizon 2050 et estimé que des investissements plus importants dans l’agriculture des pays en développement sont nécessaires pour augmenter la productivité. (...) Mais compte tenu des pressions causées par la pauvreté et de l’attrait que constitue une forte somme d’argent, quelles mesures sont nécessaires pour les individus puissent faire un choix véritablement libre et informé sur la vente d’un droit aussi important qu’un droit foncier ? Après tout, nous n’autorisons pas les pauvres à vendre leurs reins au plus offrant.

Bien sûr, les plus farouches défenseurs du marché libre diraient que nous devrions l’accepter. Mais il faudrait tout au moins expliquer pourquoi la vente d’organes est interdite, contrairement à la vente des terres qui produisent les denrées alimentaires de première nécessité. La plupart des individus peuvent vivre sans un rein, alors que personne ne peut vivre sans manger.

Ce questionnement mérite d'être débatu, et comme je le disais plus haut il y a dans cette situation une contradiction qui m'est apparu, comment les instances mondiales sous prétexte d'une nécessaire augmentaion de la production agricole pour nourrir 'la planète' autorise des transactions au détriment des surfaces agricoles du continent sur lequel l'explosion démographique est connu pour être la plus importante, actuelle et à venir, sur cette planète ?

Il y a là pour le moins un paradoxe !

Qu'en pensez-vous ? 

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