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Sortir du nucléaire, un avis qui peut compter, Hubert Reeves.

Certains hommes peuvent bien évidemment avoir plus d'influence que d'autres, sans doute qu'Hubert Reeves en fait parti, et son avis peut être une référence pour un grand nombre :

http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3421/hubert-reeves-il-faut-engager-une-mutation-energetique-mondiale-22-03-2011-15177_211.php

Extrait :

Que vous inspirent les événements qui se déroulent actuellement au Japon ?

C’est la prise de conscience du rôle des erreurs humaines dans le contexte nucléaire. On peut développer les systèmes de sécurité les plus efficaces contre les erreurs techniques, on n’est jamais à l’abri des erreurs humaines. Les principaux accidents nucléaires – Three Miles Islands (1979), Tchernobyl (1986) – ont été provoqués par des erreurs humaines.
Le nucléaire exige une sécurité sans faille. C’est une technologie « pour les anges », mais trop dangereuse pour les faillibles humains si facilement négligents quand la routine s’installe, quand la surveillance se « fonctionnarise ». 
À cela s’ajoute, et c’est ce que les événements de Fukushima nous rappellent, l’appât du gain financier sous forme d’économies. Comment expliquer que des ingénieurs, parmi les meilleurs de la planète, se soient contentés d’un mur de sécurité de moins de sept mètres de hauteur contre les tsunamis, dans une des régions les plus exposées aux risques sismiques de la planète ? Avait-on oublié les vagues de plus de vingt mètres des tsunamis précédents ? Rappelons que le terme tsunami est un mot japonais.

Comme pour n’importe quel projet de ce type, la question de la sécurité a sans doute été discutée au moment de l’évaluation des devis pour la construction des centrales. On l’évalue en termes de probabilité d’un accident. Il n’existe pas de risque zéro. Mais en pratique, comment prend-on la décision ? C’est là qu’intervient le conflit entre la sécurité et le profit. Ici on a favorisé le profit. On a joué et on a perdu, en livrant des dizaines de millions de personnes aux aléas des mouvements géologiques et des vents.

De telles erreurs sont possibles et de tels malheurs arrivent dans bien d’autres contextes. La différence, c’est que ces accidents n’ont pas nécessairement une incidence planétaire. Ils ne mettent pas en danger la vie de milliers de personnes. Ce conflit entre la sécurité et le profit est pour moi une des raisons pour laquelle je pense que le nucléaire est une activité trop dangereuse pour être confiée aux « humains trop humains » (pour reprendre l’expression de Nietzsche). On ne laisse pas les enfants jouer avec les allumettes.

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