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Réchauffement climatique, ne sommes nous pas juste des barbares ?

Posées ainsi la question peut paraître incongru, exagérée et brutale, et si je n'en suis pas à l'origine, je dois dire tout de même que je suis moi aussi arrivé à ce questionnement, et a une réponse identique, dans une forme un peu différente que celle qui va être exposée un peu plus loin dans cet article, mais l'une et l'autre se rejoignent.

Pour ma part, c'est plutôt le plan social, et humaniste qui m'a amené à cette interrogation, en effet notre consommation occidentale, entraîne et favorise l'exploitation et la spoliation des enfants, des femmes, et des hommes dans les pays dits "émergents" ou "en voie de développement", car nous voulons et souvent ne pouvons pas faire autrement que de consommer au moindre coût, ceci favorisant ici les délocalistions, et là bas l'exploitation.

Si on pose l'équation sur le plan environnementale, on peut tout autant arriver à la même conclusion, notre consumérisme aveugle occidentale oriente malheureusement dans nos traces le reste du Monde, l'amenant ainsi droit dans le mur et à l'éffondrement.

Mais avant de vous partager cet article, où cette notion de "barbare" va dévoiler sa justification, je voudrais rapprocher deux actualités qui vont servir à étayer mon propos.

Tout d'abord le réchauffement climatique, qui ne peux plus être nié maintenant, même si certains se voilent encore la face, et dont on connait déjà une partie des effets prévisibles.

Voici que le lien entre le réchauffement et la crise alimentaire se précise, son influence sur l'augmentation des phénomèmes climatiques désatreux est lui aussi mis en évidence, comme on nous le rappele ici :

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Le-rechauffement-climatique-devrait-aggraver-les-crises-alimentaires?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Goodplanetinfo+%28Les+D%C3%A9p%C3%AAches+GoodPlanet.info+%29

Extraits :

DURBAN (Afrique du Sud) - (AFP) - Les récentes tempêtes et sécheresses qui ont provoqué des flambées des prix des produits alimentaires ne sont qu'un "sinistre avant-goût" de ce qui arrivera lorsque le changement climatique se fera sentir plus intensément, a affirmé l'ONG Oxfam lundi.

Alors que s'ouvre la conférence de l'ONU sur le changement climatique à Durban (Afrique du sud), le rapport de l'organisation non gouvernementale britannique constate une envolée des prix du blé, maïs et sorgho du fait de phénomènes météorologiques extrêmes qui ont plongé des dizaines de millions de personnes dans la pauvreté lors des 18 derniers mois.

"Cela va s'aggraver à mesure que le changement climatique s'accélèrera et que l'agriculture en ressentira les effets", estime Kelly Dent d'Oxfam.(...)Oxfam rappelle que le groupe d'experts sur le climat, le Giec, a récemment indiqué que le réchauffement climatique a d'ores et déjà accéléré les vagues de chaleur et averses suivies d'inondations, et que ces phénomènes devraient s'accroître.

Je crains fort que la conférence de DURBAN ne reste sans grand effets et sans grands engagement, pour contrer les effets désastreux du réchauffement, et cela pourrait déjà suffire pour que nos enfants nous condamnent.

Mais ce n'est pas tout, en parallèle de cette situation environnementale s'ajoute une crise énergétique majeure, que je résumerai ici tout simplement en rappelant que les réserves d'hydrocarbures connu sont grosso modo évaluées comme pouvant permettre à l'humanité de satisfaire à ses besoins au grand maximum pour une centaine d'année, et encore, en étant très large !

Dans notre avidité, nous consummons à une vitesse exubérante des réserves finis, de tous les produits énergétiques connus, sans mêmes nous assurer d'avance que nous aurons des solutions de remplacement viables après.

Là aussi cette seule situation pourrait permettre à nos enfants de nous demander des comptes !

Alors croyez vous que nos élites soient promptent à agir, et à prendre des mesures visant à économiser et réduire notre influence sur ces deux éffondrements ?

La réponse est non !

Pour preuve, cette annonce faite, qui me laisse abasourdi, et amer :

les ministres de l'énergie d'Europe réunis le 12 novembre ont décidé de repousser à 2012 une directive sur l'efficacité énergétique contraignante, sous prétexte qu'ils voudraient plus de fléxibilité, .... en clair pouvoir y déroger !!!!!! çà me fait ..(bip).. enfin ça me fait gerber !

http://www.actu-environnement.com/ae/news/accord-directive-efficacite-energetique-2012-14226.php4#xtor=ES-6

Extrait :

Lors d'une réunion le 24 novembre, les ministres de l'énergie ont réitéré leur opposition à l'élaboration d'objectifs contraignants sur les économies d'énergie. Un accord politique sur ce sujet devra donc être trouvé en 2012.

La Pologne, actuellement à la tête de la présidence tournante de l'UE, a présenté un rapport intermédiaire sur le projet de directive relative à l'efficacité énergétique, lors d'une réunion du Conseil « Energie » le 24 novembre.

Ce rapport comprend des amendements demandés par les Etats qui réclament plus de « flexibilité » en ce qui concerne les objectifs proposés.

Opposition des Etats

La majorité des États « ne sont pas convaincus par cette approche, et réclament plus de flexibilité afin de pouvoir définir des programmes personnalisés », a affirmé la présidence polonaise après une série de consultations avec les délégations nationales.

Les Etats étaient invités à présenter leur position mais aucun débat approfondi n'a eu lieu pendant la réunion, en raison de l'ampleur des divergences. « S'il y a un débat, il aura lieu au niveau politique », ont déclaré des sources proches de la présidence polonaise.

Nous y voilà..., nous nous gaussons d'une sois disant civilité, nous prétendons être des êtres supérieurs, mais à y bien regarder :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/28/et-nos-enfants-nous-appelleront-barbares_1609409_3232.html

Extraits :

Si les dangers du nucléaire sont largement débattus sur la place publique depuis Fukushima, ils occultent aujourd'hui l'énorme problème moral posé par le don fait à nos enfants d'un monde où la température pourrait augmenter de six degrés etrendre la vie humaine très difficile. Un problème qui présente des similarités troublantes avec celui posé par l'esclavage des siècles passés.

En 2005, enseignant à l'Université de Lille, j'avais été surpris des difficultés de mes étudiants à imaginer que des êtres humains, généralement intelligents et sensibles, aient pu un jour réduire d'autres hommes et femmes en esclavage. Pour eux, l'esclavage représentait l'incarnation même du Mal, à tel point que les propriétaires d'esclaves ne pouvaient qu'être des barbares, si différents d'eux qu'ils en perdaient leur humanité.(...)En lisant ce livre, je fus frappé par les intrigantes similitudes entre l'esclavage et notre mode de vie contemporain si dépendant des énergies fossiles. Tout d'abord, esclaves et machines rempliss(ai)ent en gros les mêmes fonctions dans la société (effectuant le travail pénible, salissant ou dangereux dont personne ne veut). Par ailleurs, ceux qui bénéfici(ai)ent du travail des esclaves ou du "travail" des machines ne sont pas les mêmes que ceux qui en support(ai)ent les conséquences. De la même manière que les esclaves besognaient pour le confort de leurs maîtres, ceux qui brûlent massivement du pétrole et du charbon aujourd'hui ne sont pas les mêmes que ceux qui paient l'addition, c'est-à-dire à la fois les pauvres (principalement affectés par l'exploitation pétrolière, et par les sécheresses ou les inondations accentuées par le changement climatique) et les générations futures. Enfin, l'esclavage a été remis en cause assez rapidement àpartir du moment où le mal qu'il causait est devenu plus visible, tout comme notre consommation effrénée d'énergie commence à être timidement dénoncée en raison des problèmes divers – et extrêmement graves – causés par notre boulimie énergétique.(...)La souffrance engendrée par notre dépendance aux énergies fossiles est bien sûr éloignée (géographiquement et chronologiquement), et involontaire. La nature du mal dans ce cas semble à première vue fondamentalement différente de celle de l'esclavage. Les conséquences imprévues de la combustion massive des énergies fossiles sont seulement pleinement comprises depuis peu de temps. Mais à présent que nous sommes conscients des effets néfastes de la combustion des carburants fossiles, et que nous continuons, globalement, à accroître nos émissions, pour combien de temps encore pouvons-nous prétendre que les conséquences sont "involontaires" ?(...)En quoi cette comparaison est-elle pertinente ? Etablir une analogie simple entre notre mode de vie actuel et l'esclavage permet d'aborder la question climatique sous un angle d'approche différent, et encourage l'action (car personne n'imagine confortablement l'idée de ressembler à un esclavagiste). Par ailleurs, l'analogie permet d'expliquer le climato-scepticisme. Nos économies contemporaines sont devenues extrêmement dépendantes vis-à-vis des énergies fossiles, tout comme les sociétés esclavagistes étaient dépendantes de leurs esclaves – en fait, bien davantage même que ces dernières ne l'ont jamais été. Cette constatation a récemment amené un chercheur à écrire : "que les membres du Congrès américain [aujourd'hui] cherchent à justifier l'utilisation des énergies fossiles malgré les risques pour les générations futures, de la même manière que les représentants sudistes [avant la guerre de Sécession] s'efforçaient de justifierl'esclavage en dépit d'idéaux égalitaires n'est probablement guère surprenant".(...)Si nous ne repensons pas rapidement notre manière de vivre, nos enfants paieront lourdement les conséquences de notre comportement irréfléchi. Qui plus est, les générations futures se demanderont dans quelques années comment notre civilisation a pu vivre dans un tel aveuglement moral. La prochaine génération verra-t-elle que les sociétés industrielles avaient des circonstances atténuantes ? Que nous étions devenus "accros" au pétrole, et étions nous-mêmes victimes de dépendance et des excès qu'elle engendre, à travers l'obésité, la pollution, la solitude, les dommages infligés au tissu social de nos communautés...? Si l'on en juge par la manière dont mes étudiants condamnaient sans appel les propriétaires d'esclaves des siècles passés, la réponse est probablement "Non". Il est bien plus plausible qu'ils nous maudissent pour les dégâts irréparables que nous aurons causés à la planète. Sans aucun doute, diront-ils, c'était là un peuple de barbares.

par Jean-François Mouhot, historien, chargé de recherches à l'Université de Georgetown

 


Un peuple de barbares ?

Si nous y ajoutons le dernier zeste manquant par lequel nour dressions la liste de nos guerres et conflits passés, présents, et sans doute à venir, alors je crois que le doute n'est plus permis !

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