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Public-Privé : lequel est le plus responsable ?.

Un article que j'ai lu ce jours au fil de mes déambulations sur la toile, m'a amené à m'interroger.

Cet article propose, enfin disons plutôt, préconise une ou des formes de "privatisation" de l'océan ! :

http://www.leblogueduql.org/2011/01/privatiserlesoceans.html?cid=6a00d8341cb44a53ef0147e1782742970b

Extraits :

"Peut-on protéger les océans contre les ravages des déversements pétroliers? La marée noire provoquée dans le Golfe du Mexique par l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon a été qualifiée de pire catastrophe environnementale aux États-Unis. Le coût de la dispersion du pétrole dans la mer et du nettoyage des côtes de la Floride, souillées par quatre millions de barils de pétrole selon certaines estimations, a été évalué à quelque 700 millions $.

Gulf-oil-spillUn rapport de la commission d'enquête présidentielle sur la marée noire, rendu public le 5 janvier 2011, blâme les compagnies pétrolières et les législateurs fédéraux pour ce désastre, qui a fait 11 morts. Selon le rapport, «les régulateurs n'avaient pas l'autorité, les ressources et l'expertise pour prévenir les défaillances en matière de sécurité.»

Le rapport conclut donc que cette tragédie est la conséquence de pratiques industrielles et de politiques gouvernementales inadéquates. La compagnie BP est jugée la première responsable, mais le rapport condamne aussi Transocean, propriétaire de la plateforme Deepwater Horizon, et Halliburton, qui a supervisé le scellage du puits, pour avoir pris des décisions visant à épargner du temps et de l'argent. Le rapport pointe également du doigt le ministère de l'Intérieur et le Minerals Management Service (MMS), dont la supervision et la réglementation se sont révélés inefficaces - le manque de personnel qualifié ayant permis aux compagnies de tourner les coins ronds.

D'après une enquête de l'Associated Press, le MMS aurait omis d'assurer 25 % des inspections mensuelles. La plateforme Deepwater, qui avait déjà connu de nombreux problèmes, aurait été autorisée à fonctionner sans les documents de sécurité nécessaires. «Le laxisme du MMS serait tel que depuis longtemps les compagnies instaureraient elles-mêmes leurs propres normes de sécurité. Comble de l'ironie, l'année dernière, le MMS aurait félicité Deepwater sur ses mesures de sécurité», rapporte Sylvie Chayette, du journal Le Monde.

 

Des solutions boiteuses

Les Américains sont sans doute favorables à une meilleure surveillance des compagnies pétrolières et à un renforcement de la réglementation à cet égard. Pourtant, le MMS lui-même n'a pas respecté sa propre réglementation, ce qui laisse à penser qu'il pourrait en être de même par la suite. Actuellement, le gouvernement loue aux entreprises leurs droits d'exploration, comme dans le cas de BP. Mais cette façon de faire déresponsabilise les compagnies pétrolières, qui n'ont qu'à se conformer à une réglementation qu'elles peuvent elles-mêmes alléger, grâce au copinage entretenu avec les représentants des législateurs.

Même la création d'un organe indépendant de surveillance du secteur pétrolier n'améliorera pas les choses. Car «lorsque les entrepreneurs et les fonctionnaires ont des contacts réguliers, ils développent une relation de complicité qui s'avère dommageable pour la société et l'économie», souligne Iain Murray, vice-président stratégie du Competitive Enterprise Institute."(...)Bien qu'aucune solution ne permette d'être complètement à l'abri des déversements pétroliers, celles associées au droit de propriété auraient sans doute plus de chance d'assurer une réelle protection de nos océans. Actuellement, les océans n'appartiennent ni au gouvernement chargé de les protéger, ni aux entreprises qui les exploitent. C'est pourquoi personne n'était réellement prêt à les défendre contre une marée noire comme celle de BP. Pourtant, il existe plusieurs façons de privatiser les océans, ce qui bénéficierait tant aux consommateurs et à l'environnement qu'aux secteurs des pêcheries et du tourisme."

Et de conclure :

Autre extrait :

"De plus, quand l'État est propriétaire du sous-sol, il a toujours le choix d'abaisser les redevances ou la protection environnementale pour attirer les investisseurs. En ce sens, c'est toujours pour son propre profit qu'il réduit ses exigences réglementaires. De son côté, l'assureur privé qui risque son propre argent a intérêt à faire des inspections pertinentes, contrairement à l'organisme réglementaire, qui risque l'argent des contribuables. En fait, pour protéger l'environnement, il faut mettre fin aux petits arrangements entre le politique et les affaires et instaurer un véritable climat de concurrence dans les marchés."

IL y a dans cette tentative de démonstration, des arguments, qui je crois, pourraient tout autant être utilisés, pour préconiser le contraire, par exemple, quand il est affirmé :

"les compagnies pétrolières, qui n'ont qu'à se conformer à une réglementation qu'elles peuvent elles-mêmes alléger, grâce au copinage entretenu avec les représentants des législateurs.", ou "Car «lorsque les entrepreneurs et les fonctionnaires ont des contacts réguliers, ils développent une relation de complicité qui s'avère dommageable pour la société et l'économie»".

Ne peut-on pas au contraire, soupçonner, que si les compagnies pétrolières étaient aussi "propriétaire du milieu", cela leur permettrais encore plus de latitudes, pour alléger les réglementations, et cela soustrairaient sans doute aussi aux organismes externes bon nombres de possibilités de regard, de contrôle, et d'intervention !.

Et puis plus tard dans la journée, j'ai fait un rapprochement avec un constat, qui en dis long à ce sujet, et qui concerne la gestion de l'eau potable, pour laquelle, un peu partout, on s'est justement orienté vers la "privatisation", et qu'est-il advenu :

http://www.terra-economica.info/Quand-Veolia-veut-censurer-un-docu,15145.html





On voit donc là que la privatisation à révélé des effets nocifs au contraire, et ce n'est pas étonnant, quand on a intégré l'idée, qu'une entreprise privée de nos jours, a un intérêt, et un but premier, qui est le "profit".
Alors quel choix entre des Etats déficitaires, qui un peu partout, sont en train de se désengager de leurs responsabilités, qui diminuent les moyens et les hommes, et qui trichent aussi, et des sociétés privés, qui trichent pour ne pas y mettre les moyens financiers et humains qui seraient pourtant nécessaires, afin de faire eux aussi des économies !.
Je n'ai pas la réponse, pour ma part, je serais plutôt enclin, à tout faire pour éviter les privatisations, qui me semble être la pire des solutions, mais si les moyens publics ne sont pas à la hauteur, n'arrivent-on pas au bout du compte au même résultat, avec les mêmes risques et les mêmes conséquences !?.
 

 


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