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Nucléaire et santé, l'une des faces cachées dont on parle trop peu.

Il n'y a pas de révélation dans ce dont j'ai envie de reparler là, mais juste un retour pour ne pas oublier cet aspect peu mis en avant et qui est pourtant d'une grande importance.

Ce qui m'a ramené à ce sujet, c'est ce cri :

http://www.bastamag.net/article2331.html

Extrait :

Une dose annuelle admissible hallucinante

Mais, surtout, il lui a été dit que cela ne pouvait pas venir de ses expositions aux rayonnements ionisants, ni même d’une contamination interne (ingestions de poussières). On lui a dit que cela pouvait venir de l’amiante. Il a donc compris qu’il lui serait difficile de gagner la partie et il a abandonné. Il s’est retrouvé seul face à la maladie et face aux médecins, qui ne l’ont pas aidé mais plutôt dissuadé de faire valoir ses droits. C’était en 2008. Je lui ai proposé mon aide, et il m’a semblé méfiant. Mais son épouse était plus à l’écoute.

Nous avons parlé des conditions de travail dans les centrales nucléaires et il m’a rappelé que nous avions travaillé ensemble, à l’époque où la dose annuelle admissible (quelle honte : admissible !!!) était de 50 millisieverts à l’année, et qu’il a ramassé grave car il était « jumper » dans les générateurs de vapeur(ndlr : Les Jumpers ont pour mission de se faufiler dans les tuyaux qui relient le réacteur et le générateur de vapeur pour placer un bouchon qui permet de pouvoir ensuite entretenir la canalisation. L’opération ne doit pas durer plus d’une minute et demie, tant la radioactivité est forte à ces endroits. En quelques secondes, les jumpers absorbent la dose de rayonnement de toute une année).

Il m’a rappelé qu’il a assisté à des choses inhumaines : des salariés sous contrat précaire posaient ces fameuses trappes en laissant les appareils de mesure à l’extérieur des générateurs de vapeur.

L’accident nucléaire au quotidien

Voilà, une fois de plus, je croise un « ancien sous-traitant du nucléaire » et il est malade. Rien qu’à Fécamp, c’est le troisième que je rencontre qui a un cancer. L’un d’eux monte son dossier de reconnaissance de maladie professionnelle, aidé par un cancérologue à l’hôpital de Rouen. Les deux autres, fatigués, ne veulent rien faire pour le moment.

Cette industrie, ce lobby du nucléaire, a vraiment pris de l’avance sur les salariés, et quand je vous dis que la sous-traitance est l’effacement des traces, ce ne sont pas des conneries ! Quand nous demandons un recensement des salariés passés dans le nucléaire pour connaître leur état de santé, soigner, aider et obtenir réparation, c’est bien parce que ce nucléaire fait beaucoup de victimes qui se retrouvent seules avec la maladie à combattre. Avec finalement un seul droit : souffrir.

Pour rappel la sous traitance en cascade a pourtant été mise en évidence dans un rapport de 2011, je crois me souvenir qu'un reportage télévisé en avait fait un sujet, mais quel effet derrière, rien ou si peu la soutraitance est toujours d'actualité, sans que rien ne soit venu l'entraver, le suivi sur la santé de ces "nomades du nucléaire" n'est toujours assurée, et pour cause, abandonné, jetté comme comme, on jetterait un objet qui n'a plus sont utilité.

Ces hommes sacrifient leur santé parfois en connaissance de cause, mais plus souvent ignorant les vrais risques, c'est juste scandaleux.

a look

http://www.bastamag.net/article1645.html

Extraits :

Alors que plane l’ombre de Fukushima, un député PS et un sénateur UMP remettent en cause le principe de la mise en concurrence du secteur de l’énergie qui prévaut aujourd’hui en Europe. Sécurité des centrales mise à mal par le recours à la sous-traitance, un chantier EPR où opacité et dissimulation règnent, manque de formation des personnels ou encore absence de suivi médical d’une partie des ouvriers exposés aux radiations… Telles sont les conclusions d’un rapport parlementaire sur la sécurité nucléaire en France. (...)

Mieux vaut tard que jamais, les deux élus s’inquiètent des conditions de travail de ces prestataires extérieurs, en particulier de l’absence de suivi médical pour ces ouvriers et techniciens régulièrement confrontés aux radiations. « En effet, alors que les personnels EDF ou Areva sont soumis au contrôle du médecin du travail de leur établissement, ceux des sous-traitants dépendent, sauf exception, pour leur suivi médical, d’un médecin du travail basé dans leur lieu d’origine, ce qui peut constituer un obstacle majeur à un contrôle radiologique efficace. » Lesbatailles menées depuis quelques mois par des syndicalistes et des chercheurs n’auront pas été totalement vaines. Les rapporteurs suggèrent ainsi la création sur chaque site d’un médecin du travail référent « chargé de la vérification du dossier de santé des intervenants ». Une première avancée mais qui ne résout pas la question, loin de là. Car l’évaluation de la limite maximale d’exposition, fixée en Europe à 20 millisieverts par an (mSv, mesure l’impact biologique aux rayonnement ionisants), commence à être fortement remise en cause.

Exposition à la radioactivité : des normes à réévaluer

« En matière de cancer, la norme n’est qu’une garantie de risque acceptable, sachant que les rayonnements sont nocifs, même à faible dose. Ainsi, une exposition de 20 mSv par an pendant cinquante ans provoque un risque de décès par cancer accru de 15%, selon une enquête du Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Rappelons, pour comparaison, que la norme d’exposition à l’amiante actuellement en vigueur entraîne une augmentation de risque de décès par cancer de 0,5% sur la même période », explique le journaliste Jean-Philippe Desbordes dans le magazine Santé et Travail (juillet 2011). (...)

Une culture de la sûreté en voie de disparition

Le recours massif à la sous-traitance pose une autre question : celle de la perte de « la culture de la radio protection ». Comme toutes les anciennes grandes entreprises publiques, EDF est une entreprise vieillissante : entre 2010 et 2015, 22.000 employés de l’électricien prendront leur retraite, sur un effectif total de 65.000. Soit un salarié sur trois ! C’est tout un savoir qui s’en va, et qui fera cruellement défaut en cas d’incident au sein d’une centrale. Ce que ne manquent pas de relever les élus : « Le remplacement de ces personnels pose une double difficulté. D’une part, l’offre de formation aux métiers du nucléaire reste très insuffisante en regard des besoins (…). D’autre part, le caractère très spécialisé de certains de ces métiers nécessite de prolonger la formation initiale par un compagnonnage sur plusieurs années, permettant d’acquérir une parfaite maîtrise des gestes techniques et une complète connaissance des matériels. »

 

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