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Nanoparticules, l'information au public, en gros, c'est nano-rien !

Quand je pense que "le principe de précaution" est soit disant de mise, et que les industriels le dénonce même prétextant qu'il serait un frein, une entrave à la bonne marche de leur progression, alors qu'en réalité, ce principe est bafoué dans de nombreux cas, et l'exemple des nanoparticules en est la flagrante démonstration.

Je n'ai pas réussi à retrouver un article que j'ai survolé très récemment, et c'est bien dommage, mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'il va revenir sur le devant de la scène, si j'ai bien compris ce qu'il dévoilait, à savoir une prochaine dillution, ou atténuation, du principe de précaution institutionalisé en France depuis 2005 par l'adoption de la charte de l'environnement, cela avait d'ailleurs très rapidement suscité de nombreuses controverses, et réactions très négatives de la part des industriels, pour les raisons déjà évoquées.

Avec les nanoparticules, entre autres, on voit bien de toute façon que le principe de précaution, c'est peanuts, et que l'on s'assoit dessus, sans problèmes.

Pour ceux qui pourraient être tenté de considérer, que le principe de précaution ne s'applique que pour les atteintes à l'environnement, je pose une simple question, l'homme n'est-il pas "environnement" des produits de consommations ?

Voici l'article qui m'a ammené à revenir sur la problématique très particulière des nanoparticules :

http://www.actu-environnement.com/ae/news/nanoparticules-dioxyde-titane-etablissement-sante-risques-14118.php4#xtor=EPR-1

Extrait :

Actu-Environnement.com : En quoi l'utilisation du dioxyde de titane nanoparticulaire pose-t-elle problème ?

Olivier Toma : Le dioxyde de titane (TiO2) est utilisé de plus en plus fréquemment dans les matériaux de construction et de rénovation des établissements de santé. Les pouvoirs publics finissent de dépenser actuellement une enveloppe de 10 milliards d'euros dans la rénovation hospitalière dans le cadre du plan hôpital 2012. Or, aucune garantie n'est apportée quant à l'innocuité des matériaux utilisés. Les fournisseurs inondent le marché de matériaux contenant du TiO2 en mettant en avant son action photo-catalytique qui permettrait de détruire les germes. Ils n'hésitent pas à utiliser des allégations commerciales du type "matériaux auto-nettoyants" ou "entretien néant". L'industrie ne doit pas se servir de blouses blanches pour diffuser des produits dont on n'a pas la preuve absolue de leur innocuité. Aucune étude scientifique ne démontre la photocatalyse en secteur hospitalier et apporte la preuve de l'asepsie du TiO2.

AE : Que préconisez-vous ?

OT : Il faut que le ministère de la Santé fasse réaliser des tests sur la photocatalyse et vérifie les allégations sanitaires des fournisseurs. Nous ne souhaitons pas revenir à l'âge de pierre. Les nanotechnologies sont des procédés d'avenir mais il est nécessaire de définir les besoins et d'analyser les impacts écologiques et sanitaires. Si une étude sérieuse montre l'intérêt de ces particules, en particulier pour maîtriser la qualité de l'air dans des atmosphères stériles comme les blocs-opératoires, nous ne demandons qu'à la suivre. En revanche, leur utilisation dans les peintures des couloirs ou des salles d'attente est totalement inutile. Les infections nosocomiales ne viennent pas des murs.

 Alors après avoir lu cela j'ai fais une petite recherche, pour faire un petit point, et voici de quoi réfléchir :

http://www.inrs.fr/accueil/risques/chimiques/focus-agents/nanomateriaux.html

Extrait :

 

Les connaissances sur la toxicité des nano-objets demeurent lacunaires. La plupart des données toxicologiques proviennent d’études réalisées sur des cellules ou chez l’animal difficilement extrapolables à l’homme. Néanmoins, elles indiquent que :

  • À masse équivalente, les objets nanométriques présentent une toxicité plus grande et sont à l’origine d’effets inflammatoires plus importants que les objets micro et macroscopiques et de même nature chimique. 
  • Chaque nano-objet possède un potentiel de toxicité qui lui est propre. 

 

Deux choses extrêmement importantes sont dites là, premièrement, on nous affirme, que les données toxicologiques provenant d'études réalisées sur des cellules ou chez l'animal sont difficilement extrapolables à l'homme !

Ah ben ça alors, mais c'est pourtant bien comme cela que sont faitent toutes les recherches, n'est-il pas ?

Argument massue pour celles et ceux qui comme moi réclament que l'expérimention sur les animaux cesse.

Revenons à nos nano-moutons, deuxièmement, plus c'est petit, et plus c'est offensif !

J'ajoute même, car ce n'est pas dit là, mais en plus les attributs et les impacts d'un produit changent en fonction de la taille, en clair une nanoparticule d'argent, dans un produit, n'aura pas du tout le même effet qu'une particule d'argent dans ce même produit, les impacts seront donc différents, et supérieurs.

Le CEA, Commissariat à l'Energie Atomique, c'est pas rien, a lui même des inquiétudes :

http://www.bastamag.net/article1866.html

Extrait :

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a publié le 16 octobre une étude qui révèle que ces particules sont capables d’altérer ou de briser la barrière hémato-encéphalique qui protège notre cerveau. L’exposition chronique à ces nanoparticules « pourrait entraîner leur accumulation dans le cerveau avec un risque de perturbation de certaines fonctions cérébrales », précise le CEA. Et la présence de nano-TiO2 peut provoquer « une inflammation cérébro-vasculaire ».

Des études ont déjà montré la capacité des nanoparticules d’oxyde de titane à traverser la paroi cellulaire, endommager l’ADN et réduire les capacités cellulaires à réparer ces dommages. Une étude a mis en évidence que l’inhalation prolongée de nanoparticules de titane endommage l’ADN des cellules des poumons. Ces nombreuses études ont conduit l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) à recommander en 2010 d’« agir sans attendre au nom du principe de précaution » pour réduire les risques liés aux nanomatériaux, et notamment à limiter l’exposition du public aux produits contenant des nanoparticules de dioxyde de titane. 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/26/des-nanoparticules-alterent-la-barriere-protegeant-le-cerveau_1594248_3244.html

Extrait :

Les nanoparticules de dioxyde de titane, utilisées dans de nombreux produits, des peintures aux crèmes solaires, peuvent altérer la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau des éléments toxiques. Ce sont les conclusions, publiées mercredi 26 octobre, d'une étude conduite in vitro par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Une exposition chronique à ces nanoparticules "pourrait entraîner leur accumulation dans le cerveau avec un risque de perturbation de certaines fonctions cérébrales", précise le CEA dans un communiqué.

Cette étude est visiblement vraiment prise au sérieux, preuve en est, car elle est citée sur des sites médicaux :

http://www.lequotidiendumedecin.fr/information/les-nanoparticules-pourraient-perturber-les-fonctions-cerebrales

l'actualité récente met donc en avant une étude concernant particulièrement un type de nanoparticule, celle de dioxide de titane, alors d'aucun pourraient se dire il n'y a cas supprimer celle ci et tout va bien, mais malheureusement, ce n'est pas la seule, loin delà , en 2010 déjà l'AFFSET tirait à son tour la sonnette d'alarme :

http://www.sciences-et-democratie.net/blog/2010/05/06/haro-sur-les-nanomateriaux

Extrait :

Finalement l’Afsset déplore le manque de connaissances en la matière, manque de données épidémiologiques et toxicologiques permettant de déterminer le risque réel pour l’homme. Mais il est clair étant donné la taille de ces particules (1*10-9m) qu’elles pénètreront de façon privilégiée à travers les couches de l’épiderme notamment en ce qui concerne les crèmes solaires et autres cosmétiques.

C’est pourquoi elle prône un principe de précaution, qui passe par un étiquetage clair des produits contenant des nanoparticules, de sorte à mettre en place une traçabilité, ainsi que leur interdiction complète dans le cas ou l’utilité serait faible par rapport aux risques encourus pour la santé. Elle lance en parallèle le projet européen NANOGENOTOX qui vise à tester 14 nanomatériauxactuellement utilisés afin de recueillir plus d’informations concernant leur potentiel génotoxique pour l’homme, notamment en ce qui concerne les risques de cancer, et de toxicité pour la reproduction. (ici) 

Carbon-Coated TiO2 Nanoparticles

Quelques soient les nanoparticules utilisées, quelques soient les bénéfices tirées de leur utilisation, quelques soient les risques engendrés par leurs présences, et leurs impacts, il résulte surtout une chose en commun à toutes ces mises en garde, c'est que le citoyen n'a aucune information fiable pour se positionner, et se défendre le cas échéant, on a vue que les nanoproduits sont à considérer comme des produits chimiques, il devrait donc, comme pour ces derniers, y avoir obligation, à ce que leur présence dans des produits de consommations soit connu, et qu'ainsi on puisse être libre de décider si on va ou non utiliser ce produit.

Ce que je crois, c'est que comme on est encore incapable de maitriser les impacts, et effets, on ne peut donc pas qualifier le risque, il vaut donc mieux au yeux des industriels ne rien dévoiler du tout.

Un produit chimique classique, on sait ce que ça fait, une nanoparticule, pour le moment on ne sait tout simplement pas ce que ça va bien pouvoir engendrer comme effet en dehors de celui pour lequel on l'a utilisé, pour illustrer, on peut dire, qu'en l'occurence, c'est comme ci on ne tenait pas compte des effets dis "indésirables", dans l'utilisation des médicaments, pire encore, c'est comme ci, on ne cherchait pas à savoir quels pourraient être ces effets "indésirables". 

Nous devons réclamer par tous les moyens à notre disposition, que la présence de tout type de nanoparticule dans un produit de consommation, soit établi, et explicitement formulé, afin que l'on puisse au moins avoir le choix de ne pas acheter ce produit. 

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