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Mékong, des projets de barrages qui pourraient assoiffer le sud asiatique.

Après l'Amérique centrale, voilà que des inquiétudes se font jours en Asie, alors bien sur c'est loin, si loin !

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,ressources_naturelles,eau,le_mekong_menace_par_barrages,135440.jsp

Extraits :

Dans la torpeur du petit matin, le Mékong coule avec majesté. Les femmes y lavent leur linge, les enfants s’amusent dans ses eaux saumâtres. Seules quelques pirogues équipées de moteur hors-bord perturbent ce calme d’un autre âge. Pourtant, quelques kilomètres en amont, les couteaux sont tirés et des centaines de villageois sont prêts à se battre pour défendre leur Mékong, surnommé ici « la mère de tous les fleuves ».
En cause : un projet de barrage connu sous le nom de Xayaburi. Un ouvrage immense qui risque de troubler l’apparente sérénité de cette province pauvre du Nord du Laos.  Car ici le fleuve nourricier fait vivre des milliers de familles : pêche, agriculture, transport… La vie près du village de Houay Souy, où devrait être érigé ce barrage, coule au rythme du Mékong. « On nous a demandé de faire nos bagages et de partir, nous explique un vieil homme. Ils disent que nos maisons seront inondées par ce nouveau barrage et on nous promet de nous installer sur les hauteurs. Mais c’est trop loin du fleuve, soupire-t-il. Nous vivons tous de la pêche, alors comment allons-nous faire pour vivre? »

L'équivalent dix euros en guise de compensation 

Des arguments qui ne devraient pas résister longtemps aux pelleteuses. C’est le promoteur thaïlandais CH. Karnchang qui se charge des travaux. L’entreprise refuse de nous faire visiter le site, consciente certainement du scandale qui entoure ce projet. Un villageois nous emmène cependant sur place. Après avoir remonté le fleuve et marché plusieurs kilomètres à travers une vallée verdoyante, nous voici sur le site de Xayaburi. Sur place, les travaux ont déjà commencé. Plusieurs dizaines de kilomètres de routes sont en travaux à travers la forêt. Des dizaines de villageois nous confirment avoir reçu l’équivalent de dix euros en guise de compensation et doivent plier bagages d'ici quelques semaines à peine.(...)

Mais le scandale est ailleurs. Les travaux ont en effet commencé sans même le feu vert de la Commission du Mékong.
Car les villageois ne sont pas les seuls à s’opposer à ce projet de barrage. Si la Thaïlande évidemment est favorable, le Cambodge et le Vietnam ont officiellement déposé plainte auprès de la Commission du Mékong pour interdire la construction de Xayaburi. Cette organisation internationale regroupe les six pays riverains du fleuve et est censée gérer depuis 1995 les différents projets. Sur celui-ci elle vient d’émettre un avis défavorable – ce qui est extrêmement rare - et propose un moratoire de dix ans ! Le temps d’étudier en profondeur les conséquences sur l’écosystème. Vientiane pourrait décider de passer outre et poursuivre les travaux. Sur place, les villageois se préparent à faire de la résistance. « Pas question de voir notre vallée détruite », nous explique un habitant.

Il faut dire que les arguments qui inquiètent les opposants sont nombreux . Ils avancent la sécheresse record de ces derniers mois et un manque de variétés de poissons. L’écosystème est menacé et c’est toute la région qui est concernée. 70 millions de personnes vivent directement du Mékong.Même constat de l’autre côté de la frontière, au Cambodge. Om Savath, directeur de l’ONG Actions pour la Pêche mène la lutte pour défendre les pêcheurs cambodgiens, premières victimes de ces barrages. « Ces cinq dernières années, les rendements des pêcheurs ont baissé de plus de 50%. Il y a bien sûr la surpêche, la sécheresse ou encore la pollution qui peuvent expliquer cela. Moi je pense plutôt que la cause de tous ces problèmes ce sont les barrages ».

Car Xayaburi n’est que le sommet de l’iceberg. Le poste avancé d’une série de barrages qui menacent la vie du Mékong.(...)

Selon la légende, un dragon a dessiné le lit du Mékong qui s’étend sur près de 5000 km du Tibet au Vietnam. Aujourd’hui c’est un autre dragon, chinois celui-là, qui menace. « Tous ces pays riverains du Mékong ont des intérêts divergents. La Chine ne pense qu’à produire de l’électricité. Elle se fiche complètement des conséquences que peuvent avoir ces barrages sur les populations de ces pays. Que peuvent faire les petits pays du Sud-est de toute façon face à un géant comme la Chine ? », s’interroge, dépité, un fonctionnaire de cette Commission. Beaucoup doutent également de la véracité des rapports émis par cette Commission. Le moratoire sur Xayaburi masque en effet une série de rapports très conciliants quant aux intérêts chinois. Selon les experts de cette commission, les barrages chinois ne sont pas à l’origine de la sécheresse dans le bas Mékong. Ce que récusent de nombreuses ONG. « La Chine se trouve en amont de cette région d’Asie du Sud-est et elle est la source de nombreux fleuves comme le Mékong, explique un représentant d’International Rivers, une ONG spécialisée. Quand elle construit un barrage, elle régule le cours du fleuve et modifie les variations saisonnières. Son but est de produire de l’électricité et de réguler les crues au moment de la mousson. Mais les pays en aval voient les fleuves s’assécher et les stocks de poissons se réduire. En outre, les barrages bloquent les sédiments ce qui a un impact sur l’agriculture et la pêche en aval ».(...)

Un bras de fer s’est donc engagé autour de ces barrages du Mékong. Le Laos semble décidé à ne pas céder aux injonctions de la Commission et les travaux avancent dans la vallée de Houay Suy. « De toute façon qu’est-ce qu’on peut faire? se lamente un vieil homme. Si on refuse de partir ils vont envoyer des soldats ici. Ils vont nous prendre notre fleuve et notre vie. »

Stéphane Pambrun, envoyé spécial à Houay Souy (Laos) 
© 2011 Novethic - Tous droits réservés
 


Si loin disais-je, mais parfois certains rapprochement éliminent toute notion de distance, pour des raisons personnelles, en effet notre enfant adoptée est Vietnamienne, plus précicemment du sud Vietnam, il nous est déjà difficile pour elle et nous de savoir que le delta du Mékong est appelée à disparaître à long terme, mais si ce procécuss est naturel, cela revêt un caractère d'inexorabilité, et permet d'accepter, par contre si c'est une fois de plus l'activité humaine qui précipite l'appauvrissement et la mort de certaines régions c'est insupportable.


 


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