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Les victimes des essais nucléaires lancent un "Appel".

Si le nucléaire civile est maintenant sur le devant de la scène, n'oublions jamais que celui-ci n'existe que parce que son pendant militaire en a été le précurseur, le berceau.

Je rappellerais juste ici au passage qu'au premier temps d'autres voies étaient possibles et envisageables, je l'ai évoqué dans un billet précédent :

Nucléaire : thorium, alternative ou pas !?

Il est trop tard pour revenir sur ce choix, il faut maintenant l'assumer, et ce qu'il faudrait assumer aussi, ce sont toutes les conséquences directes et indirectes qu'il occasionne.

Parmi ces conséquences, il en est une dont on parle peu, et ce n'est malheureusement pas la seule qui reste trop dans l'ombre, c'est celle des incidences sur la santé des enfants, des femmes des hommes, qui, soit ont participé directement aux divers essais nucléaires, soit celles et ceux qui ont pu indirectement en subir des effets à long terme, en tant qu'habitant de ces régions.

L'Appel évoqué dans ce billet, ne tiendra compte que des victimes directement liées aux essais en tant que participant "officiels" à des essais militaires.

Voici tout d'abord une petite expliquation :

http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,sante,essais_nucleaires_milliers_victimes,138212.jsp

Extrait :

Des milliers de victimes

Pierre Marhic lutte depuis 14 ans contre un lymphome. Comme lui, de nombreuses personnes, militaires ou civils, ayant travaillé sur les sites des essais ou à proximité, souffrent de cancers. Selon l’association, sur les 150 000 vétérans concernés par les essais, ces victimes se chiffreraient par milliers. Pour autant, à la date du 29 juin 2012, le comité d’indemnisation des victimes (CIVEN), n’a examiné que 549 dossiers (sur 755 demandes reçues). Et seulement 4 ont été indemnisés. Un taux de rejet de 99,3% ! « Sachant que  nous souffrons surtout de cancers généraux, qui touchent le poumon, le foie, le colon ou le sang, le lien est moins évident que pour le mésothéliome avec l’amiante par exemple », explique Pierre Marhic. Il existe cependant des études, publiées notamment par l’Inserm.

En 2010, l’une d’elles menée par l’équipe de Florent de Vathaire  (Directeur de Recherche Inserm - Université Paris-Sud 11 à l’Institut Gustave Roussy) concluait notamment que le risque de cancer de la thyroïde augmentait légèrement avec la dose d’irradiation reçue suite aux essais nucléaires. En juillet 2012, après des analyses sur 15 dossiers individuels dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite de la plainte déposée fin 2003 par l'Association des victimes des essais nucléaires (Aven), le même chercheur déclarait pouvoir établir pour 6 d’entre eux un lien « vraisemblable » entre les retombées radioactives et les cancers de militaires exposés. D’ici la fin de l’année, une nouvelle étude épidémiologique, réalisée par un laboratoire du Morbihan, Sepia-santé, devrait également être publiée. « Il s’agit d’une étude de morbidité sur l’incidence des affections de longue durée sur les survivants de ces essais qui disposaient à l’époque d’un dosimètre », explique Claire Ségala, médecin épidémiologiste en charge de l’étude. Celle-ci, dont les résultats attendent d’être validés par un comité scientifique, pourrait notamment permettre d’inscrire de nouvelles pathologies à la liste des pathologies radio-induites.

Une loi à modifier

Par ailleurs, l’un des principaux freins à la reconnaissance, pour l’ANVVEN et d’autres associations de victimes, est l’article 4 de la Loi Morin relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, votée le 12 janvier 2010. « A l’époque, les députés – de droite- ont trahit l’esprit de la loi qui voulait renverser la charge de la preuve en demandant à l’administration de prouver que les essais n’étaient pas en cause », estime Pierre Marhic. Une phrase -« l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité à moins qu'au regard de la nature de la maladie et des conditions de son exposition le risque attribuable aux essais nucléaires puisse être considéré comme négligeable »- rend cela impossible. Le 21 juin, le tribunal administratif de Papeete a d’ailleurs annulé les décisions de rejet des indemnisations à cause de son article 4. « Nous espérons que cette décision fasse jurisprudence pour les autres affaires en cours, une dizaine environ », veut croire Pierre Marhic.

Voici maintenant le site qui gère directement cet Appel :

http://appelinternationalessaisnucleaires.org/

Et l'Appel en lui même :

http://appelinternationalessaisnucleaires.org/appel-en-francais/

La situation de ces vétérants est dramatique, que dire donc de celles qui sont indirectement touchés, et qui ne seront sans (aucun) doute jamais reconnus ?

C'est scandaleux !

 

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