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Le nucléaire pour des employés précaires, sous traités, sous payés, isolés, tendance kamikaze acceptée.

Que se soit pour la construction des EPR, pour la maintenance des centrales en activités, ou pour la gestion de catastrophe, comme c'est le cas actuellement, cela se fait au mépris de l'humain !

La construction de l'EPR de Flamanville, sur 3200 employés par la société "Bouygues Construction" 1000 sont Roumains, Bulgares, Espagnols, Portugais, Italiens :

Les Français n'étaient pas assez nombreux, compétents, et volontaires ! version Bouygues !

Si vous vous demandez pourquoi, voilà peut-être un début de réponse :

http://www.inforisque.info/actualite-du-risque/index.php?post/2735/2011/01/18/EPR-de-Flamanville-des-salaries-denoncent-leurs-conditions-Bouygues-repond

Extrait :

En effet, ce projet de grande ampleur nécessite une main d’œuvre qualifiée et des compétences de travailleurs étrangers dont des Roumains, des Bulgares, des Espagnols ou des Portugais. Cette situation a suscité ces derniers temps des contestations. Selon une enquête du journal France Soir, certains de ces employés auraient affiché sur le chantier leur mécontentement à travers une pancarte siglée : «Stress, oppression, désespoir, on en a marre». Selon un délégué de la CGT interrogé par le quotidien, les ouvriers se plaignent de leur salaire et du nombre d’heures qu’ils accomplissent, soit entre 10 et 15 heures par jour. Le délégué spécial CGT pour le chantier du réacteur nucléaire a déclaré à France Soir : «Ce que nous pensons savoir, c’est que Bouygues a imposé un contrat d’objectif à chaque société qu’il a embauchée, ce qui implique que les ouvriers étrangers font un nombre d’heures incroyable. »

Le regard des politiques sur cette situation, est bien sur à des mondes de la situation vécu :

http://deputes.lessocialistes.fr/nos-expressions/emplois-sur-le-chantier-de-la-centrale-epr-de-flamanville

Extrait :

Où est, monsieur le ministre, la gestion prévisionnelle des formations ? Avez-vous l’intention de demander un rapport sur les conditions de recrutement du personnel sur ce chantier ? Flamanville est-il un chantier ressource pour l’emploi ou une opération de spéculation financière pour le groupe Bouygues ?  voir la vidéo

Réponse : Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Sur la question de l’adaptation, sur notre marché de l’emploi, des offres et des demandes, on peut organiser tous les débats que l’on veut : chaque année, ce sont 250 000 offres d’emploi qui ne sont pas pourvues par Pôle Emploi.

Cela ne veut pas dire que ces postes ne sont pas pourvus mais cela veut dire que l’on mettra beaucoup plus de temps pour les pourvoir, notamment dans les secteurs « en tension ».

Je ne savais pas que la vérité énervait tant certains parlementaires.

 Ma priorité, en ce moment, c’est que sur le chantier de l’EPR de Flamanville, un salarié d’une entreprise sous-traitante a été victime d’un accident du travail.

Aujourd’hui, ma priorité, c’est de suivre l’enquête, sur place, des inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire de Caen, en lien, notamment, avec le procureur de la République.

Je pensais que vous alliez m’interroger sur ce sujet-là : la sécurité sur les chantiers concerne tous les salariés, qu’ils appartiennent ou pas à une entreprise sous-traitante.

Voilà, aujourd’hui, ma priorité sur ce dossier. Pour le reste, je vous dirai que si, au lieu d’alimenter comme certains une polémique permanente, chacun travaillait ensemble, si les régions et l’État s’attelaient ensemble à faire reculer le chômage, nous ferions davantage œuvre utile.

Les conditions de travail et de vie des employés que Bouygues "utilise", et j'emploi ce terme volontairement ne sont pas dignes :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-EPR-la-grande-solitude-des-travailleurs-etrangers-_-1634601------50129-aud_actu.Htm

Extrait :

Le chantier EPR emploie 1 000 étrangers, plus de 500 grands déplacés, dont 460 logés aux Pieux, sans aucune prise en charge par les collectivités, ni volonté de les associer à la vie locale. Jean-Philippe Decroux, président de la section cherbourgeoise de la Ligue des Droits de l'homme, a éprouvé un « sentiment d'abandon, d'absence de vie collective. Nous demandons un vrai audit. Des droits fondamentaux sont bafoués. Que fait le préfet ? La loi lui impose de détruire de tels camps ».

Christian Leblond, de la CFDT, a été permanent sur le Grand chantier de La Hague. Il constate une régression. « Alors que dans le Nord-Cotentin, on a l'expérience de ce type de chantier, la situation a empiré. À La Hague, la présence syndicale était un droit établi. » Sur le chantier EPR, « le point noir, depuis le début, ce sont les atteintes aux droits des salariés, ajoute Jack Tord. Les autorités qui devraient intervenir, ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et EDF sont d'une passivité énorme ».

EDF n'est pas directement concernée, puisque cette base de vie particulière dépend de l'AIE, l'Association interentreprises, dont les poids lourds sont Bouygues et Quille.« EDF dialogue, reconnaissent les syndicats, mais par les employeurs. » Dans l'usine en production, les syndicats sont vigilants. Sur le chantier, ils se sentent marginalisés par les deux ténors du béton.

http://www.europe1.fr/France/Ces-travailleurs-de-l-Est-qui-construisent-l-EPR-368595/

Extrait :

Il y a quelques jours, certains de ses travailleurs ont placardé sur le chantier une affichette pour exprimer leur ras-le-bol, sur lequel on pouvait lire "stress, oppression, désespoir, on en a marre".

"C’est inacceptable"

Les syndicats s’inquiètent aussi des conditions de travail de ces salariés étrangers. "Elles ne sont pas tout à fait les mêmes que pour les travailleurs français, mais là, impossible de savoir combien ils sont payés et combien d’heures ils font réellement", assure à France Soir Jacques Tord, délégué CGT sur le chantier de Flamanville. Toujours selon ce syndicat, la grande majorité des salariés roumains, employés par Bouygues Construction, travailleraient entre 10 et 15 heures par jour. "Parfois ils commencent à 6 heures du matin pour finir à 22 heures le soir. C’est inacceptable", confie-t-il, au micro d'Europe 1.

Et puis il y a la maintenance dans les centrales en activité, que l'on sous-traite pour diverses raisons :

http://www.romandie.com/infos/news2/110320090237.tofrlw71.asp

Extrait :

Les sous-traitants du nucléaire, parfois appelés "nomades" ou "invisibles", estimés à 30.000 en France, sont exposés à davantage de radiations que leurs collègues d'EDF ou du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), alors qu'ils perçoivent des salaires inférieurs.

Ces salariés itinérants travaillent ponctuellement dans les 58 réacteurs répartis dans 19 centrales. Ils sont équipés d'un dosimètre qui mesure les radiations reçues lors de leurs interventions, celles-ci ne devant pas dépasser 20 millisievert (msv) par an, sous peine d'être "mis au vert" par leur employeur.

Ils exercent des métiers divers (maçonnerie, serrurerie, mécanique) ou encore celui de "décontaminateur" et interviennent souvent lors des arrêts de tranche des centrales, au plus près des réacteurs.

Pourtant, Philippe Billard, qui dit avoir "22 ans d'exposition en centrale nucléaire" comme sous-traitant, a confié à l'AFP qu'il gagnait 1.496 euros bruts en fin de carrière en tant que mécanicien et décontaminateur.

"Il y a pire en centrale. Il y a des boîtes à 1.000 euros. C'est catastrophique", a affirmé ce syndicaliste CGT, précisant que ses collègues d'EDF avaient des rémunérations supérieures.

"On a une grosse épée de Damoclès au-dessus de la tête", estime M. Billard, créateur d'une association baptisée Santé/sous-traitance, qui affirme qu'autour de lui "il y a de plus en plus de cancers". Et il raconte qu'"à une époque, il y en a qui posaient le dosimètre de côté"...

Pourtant, selon une étude publiée en 2009 dans l'American Journal of Industrial Medicine, les sous-traitants français, même s'ils reçoivent des doses de radiation plus élevées que les salariés d'EDF ou du CEA, ne meurent pas plus que le reste des Français.

L'étude a porté sur près de 10.000 salariés de 11 entreprises sous-traitantes parmi les plus exposés à des radiations et recensé 250 morts entre 1968 et 2002, soit une mortalité inférieure de moitié à celle attendue dans la population globale.

Ce résultat peut surprendre mais il s'explique notamment, selon le coordinateur de l'étude Florent de Vathaire, chercheur Inserm à l'Institut Gustave-Roussy (IGR), par l'"effet travailleur sain" de la sélection, en amont, des salariés.

Pour le chercheur, les sous-traitants ne reçoivent "pas des doses beaucoup plus élevées que les statutaires, contrairement à ce que l'on pensait en commençant l'étude. Ils ont des doses légèrement plus élevées" (2% contre 0,14% de doses supérieures à 20 msv en 1995).

Toutefois, dit-il, ces salariés "doivent être plus surveillés", parce qu'"ils ont quand même des doses un peu supérieures aux autres et font tout ce qui est nettoyage", et aussi parce qu'ils sont plus souvent soumis à des polyexpositions, notamment à l'amiante.

L'étude va être réactualisée sous peu pour la période 2000-2010, a-t-il indiqué à l'AFP.

"Les constats au niveau international sont les mêmes", précise-t-il, une vaste étude menée dans 15 pays sur plus de 500.000 travailleurs du nucléaire pointant "un léger risque supplémentaire de cancer chez ceux qui ont reçu les doses les plus élevées (plus de 100 msv)".

Sylvie Guérin, coauteur de l'étude sur les sous-traitants français, a néanmoins indiqué à l'AFP avoir "eu énormément de problèmes a récupérer la dosimétrie des travailleurs, surtout les plus anciennes (mesures), c'est-à-dire les plus importantes, les normes de radioprotection étant moins bonnes" dans le passé.

http://www.bastamag.net/article1225.html

Extrait :

Les syndicats ont pris conscience de l’importance de ces questions. Ils sont actifs et essaient de se mobiliser mais la répression syndicale vis à vis des sous-traitants est telle que leur marge de manœuvre est réduite. Cette répression syndicale n’est pas la seule œuvre des entreprises sous-traitantes. A certains moments, le donneur d’ordre déclare ne plus vouloir tel ou tel travailleur sur ses sites. Refusant, alors, d’assurer une relation de transparence vis à vis des délégués syndicaux. C’est pourquoi le procès de Philippe Billard, qui passe aux prudhommes ce 14 octobre, est tout à fait symbolique. L’enjeu est de reconquérir un droit qui existe depuis 1945, et qui est dénié aux sous-traitants : le droit du salarié d’avoir une représentation dans l’entreprise où il travaille pour pouvoir s’exprimer sur ses conditions de travail. Quand on retire du statut du salarié tout ce qui lui donne quelques marges de négociations individuelles et collectives pour desserrer l’étau de la subordination, nous ne sommes plus dans une relation salariale mais dans une relation de maître à esclave.

Cette situation de "sous traitance" devient une règle qui permet entre autre de se débarrasser de la "responsabilité", EDF n'est plus responsable, cette dilution à de nombreux effets pervers :

http://www.marianne2.fr/Comment-EDF-sous-traite-ses-centrales-nucleaires_a203929.html

Extrait :

Au final, c’est cette recherche de la rentabilité à tout prix qui mine la sûreté du nucléaire français. « Cette sécurité a un coût incompatable avec la rentabilité maximale. Lorsqu’il s’est agir pour EDF de devenir une machine à gagner de l’argent pour son actionnaire, l’Etat, il est devenu impératif de changer les pratiques et les mentalités. Les choses se sont délitées progressivement » selon l’auteur (page 85. Monsieur X confirme ce « tournant financier » : « Les critères financiers sont devenus les seuls à être retenus. La rentabilité des capitaux engagés est devenue l’alpha et l’oméga de la politique gouvernementale » (page 86).

La politique de sous-traitance d’EDF en est l’exemple. Notamment pour la maintenance des centrales. Quelques entreprises comme Suez ou Areva se partagent ce créneau. Pour Eric Ouzounian, cette sous-traitance «  représente entre 80 et 85% de l’activité nucléaire, ce qui comprend l’entretien, le rechargement et les réparations réglementaires ou fortuites ». L’objectif est double : réduire les coûts et externaliser les risques.  Et les pressions ont également fortes sur les prestataires. « Il y a un écart important entre le règlement et les possibilités sur le terrain, ce qui devient progressivement ingérable par les sous-traitants. » écrit l’auteur.

Et puis l'actualité nous révèle le sort de ceux qui, lorsque survient l'accident, lorsque tous les enchainement dit impossible, ou ceux qu'on avait pas prévu arrivent pourtant, lorsque la machine s'emballe, et que les techniques de sécurité infaillibbles, sont hors de fonction, doivent rester sur le pont quand sombre le narire insubmersible, des hommes qui "volontaires en principe" savent sacrifier leur santé, surement, leur vie probablement, qu'ils recoivent toute ma reconnaissance, sachent combien est grande mon admiration face à ce don de soi qui les anime.

Les Japonais, sont très probablement le peuples qui était le mieux préparé à affronter de telles circonstances, un tel enchainement de drames et de catastrophes, et pourtant force est de constater, qu'ils ont été dépassé, pas effondré, pas abattu, pas défaillant, pas désertant, juste dépassé, par une situation, qui si elle s'était produite ailleurs ! si elle s'était produite ailleurs !!!

http://www.metrofrance.com/info/les-50-heros-de-fukushima/mkcu!LSOBtUfSY0Ww/

Extrait :

 On les surnomme les « liquidateurs kamikaze ». Ou les « Fukishima 50 ». Leur but : sauver la désormais célèbre centrale nucléaire japonaise pour préserver le monde d'une catastrophe nucléaire. Depuis le séisme au Japon, le monde entier se passionne pour ces héros sans visages. Sans visages, car le mystère est épais autour de ces « Fukushima 50 ». Le nom prête d'ailleurs à confusion. On estime qu'il seraient plutôt 580 à se relayer dans la centrale japonaise, pour éviter le pire.

Qui sont ils? Difficile à dire. Le gouvernement japonais parle de « volontaires ». TEPCO, la société qui gère la centrale, ne veut pas dévoiler de noms ou de photos, invoquant la vie privée. Une chose est sûre, il faut du courage pour affronter l'enfer du Fukushima. Contrairement au malheureux pompiers soviétiques de Tchernobyl, les techniciens japonais ont bien des équipements à la pointe, mais aucune technologie humaine ne peut protéger des radiations atomiques. Selon les normes en vigueur au niveau international, un travailleur du nucléaire ne doit pas être exposé à plus de 20 millisieverts par an en temps ordinaire. D'après les relevés, on estime que les « Fukushima 50 » sont exposés à des radiations d'environ 100 à 400 mSv. Par heure.

Le terme sacrifice n'est donc pas qu'une hyperbole pour les héros japonais. Un expert allemand du nucléaire, Edmund Lengfelder, a estimé que la moitié du groupe des Fukushima 50 « va mourir », et l'autre verra son « espérance de vie chuter considérablement». Le premier ministre nippon Naoto Kan a affirmé qu'ils étaient « préparés à la mort ». Dans un pays qui valorise le sens du collectif, l'action des Fukushima 50 est jugé héroïque mais presque naturelle.

http://www.lefigaro.fr/international/2011/03/16/01003-20110316ARTFIG00762-il-est-urgent-de-relayer-les-8220kamikazes8221-de-fukushima.php

Extrait :

LE FIGARO.- Dans la centrale de Fukushima, la radioactivité a atteint 400 mSv par heure. Que vont devenir les 50 salariés qui y ont travaillé plusieurs jours ?

Pr Jean-Marc COSSET. - Ce sont des doses gigantesques ! Rappelons qu'à partir de 4 000 mSv (donc 10 heures d'exposition à 400 mSv), la vie de l'être humain est condamnée. Car à ce stade, la moelle osseuse est détruite. Ces salariés risquent donc ce que l'on appelle une aplasie médullaire qui conduit à un déficit en globules rouges, plaquettes et globules blancs. Avec des risques majeurs d'infections et d'hémorragies.

Ces travailleurs connaîtront-ils le même sort que les «liquidateurs» de Tchernobyl de 1986 ?

Leur situation est plutôt comparable à celle des pompiers qui étaient intervenus en premier à Tchernobyl pour essayer d'éteindre l'incendie du réacteur en feu. Ce sont eux qui avaient payé le plus lourd tribut. Ils avaient notamment été victimes de brûlures radioinduites par les poussières de césium (un radionucléide volatile) mais aussi d'irradiations massives. À Tchernobyl, les pompiers n'avaient pas de dosimètres. Ils avaient donc été exposés à des doses très importantes sans même le savoir… À l'heure actuelle, les pompiers de Tchernobyl sont probablement tous morts. À Fukushima, les salariés de la centrale doivent porter des combinaisons les protégeant du césium. Mais ces vêtements ne les protègent en rien des radiations. Il est urgent de relayer les travailleurs de la centrale. Sinon les doses de radioactivité vont être tellement fortes qu'ils vont être pris de vomissements et de maux de tête importants. Ils ne pourront de toute façon plus travailler.

 

Le nucléaire c'est ça !

 

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