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La qualification "d'accaparement des terres" est malheureusement justifiée !

Ce n'est pas une découverte, mais une confirmation, et loin de regresser, cette tendance va plutôt en s'étendant, imaginons un instant que les transactions foncières profitent vraiment et à long termes aux pays et aux citoyens cela pourrait peut-être se concevoir, mais au contraire, cela ne fait qu'appauvrir les plus démunies qui se voient évincés, expulsés souvent de ces terres qui était leur terre, pour les pays aussi à long terme se dessine l'appauvrissement, logique autosuicidaire, que le mercantilisme court-termiste favorise au dépend des peuples, plus particulièrement des petits paysans :

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2011/transactions-foncieres-a-grande-echelle-etude-ilc-cirad-iied

Extraits :

L’étude la plus complète réalisée à ce jour sur les acquisitions de terres à grande échelle dans les pays en développement – publiée en ligne le 14 décembre 2011 par l’ILC (Coalition internationale pour l’accès à la terre) – révèle que celles-ci causent plus de tort qu’elles n’engendrent de bénéfices.

Plus de 40 organisations ont collaboré au projet de recherche Pressions commerciales sur les terres dans le monde, qui fait la synthèse de 27 études de cas, études thématiques et comptes rendus régionaux.

Ce rapport comprend également les dernières données disponibles du projet en cours de matrice des transactions foncières destiné à contrôler les transactions foncières à grande échelle, et couvre une période complète de dix années de transactions foncières, allant de 2000 à 2010. Ces transactions couvrent plus de 200 millions d’hectares de terres – soit huit fois la taille du Royaume-Uni.

Cette recherche a révélé certaines tendances dont les médias, dans leur récent regain d’intérêt pour les questions foncières, ont très peu parlé. Tout d’abord, les élites nationales ont un rôle beaucoup plus important dans les transactions foncièresque ce qu’ont indiqué les rapports des médias jusqu’ici, lesquels ont plutôt mis l’accent sur les investisseurs étrangers.

Ensuite, la production alimentaire n’est pas le principal objectif des transactions foncières. Sur les 71 millions d’hectares de transactions que les auteurs ont pu référencer, 22 % concernaient les exploitations minières, le tourisme, l’industrie manufacturière et la sylviculture, et les trois quarts des 78 % restants destinés à la production agricole concernaient les biocarburants.

Le constat des chercheurs a révélé que bien que les transactions foncières à grande échelle peuvent créer des opportunités, elles sont plus susceptibles de causer des problèmes pour les membres les plus pauvres de la société, qui sont souvent privés de l’accès à la terre et aux ressources naturelles, lesquelles sont essentielles à leurs moyens de subsistance. «Dans les conditions actuelles, les transactions foncières à grande échelle menacent les droits et les moyens de subsistance des communautés rurales pauvres, et en particulier des femmes » déclare l’auteur principal de ce rapport, Ward Anseeuw, du Cirad.(...)

« Nos conclusions confirment pour la plupart l’idée que le terme « accaparement des terres » est largement justifié » déclare M. Michael Taylor, responsable du programme Afrique et Politiques mondiales au secrétariat de l’ILC, qui a coordonné l’étude et participé en tant que co-auteur à la rédaction du rapport de synthèse.

En outre, la gouvernance économique manque à ses obligations envers les pauvres des zones rurales. Les régimes du commerce international fournissent une protection juridique solide aux investisseurs internationaux, alors que les dispositions internationales mises en place pour protéger les droits des pauvres en milieu rural ou pour assurer qu’une augmentation du commerce et des investissements se traduise par la réduction de la pauvreté et un développement inclusif et durable sont moins nombreuses et moins efficaces.

Une partie du problème tient également au fait que de nombreux responsables politiques considèrent que la petite exploitation agricole n’a aucun avenir et que l’agriculture intensive à grande échelle est la meilleure façon d’atteindre la sécurité alimentaire et de soutenir le développement national.(...)

Ce rapport recommande que les gouvernements et les investisseurs :

  • reconnaissent et respectent les droits coutumiers des populations rurales à la terre et aux ressources,
  • placent la production des petites exploitations au cœur des stratégies de développement agricole,
  • fassent en sorte que les droits humains internationaux s’appliquent aux pauvres,
  • fassent en sorte que le processus décisionnel sur les questions foncières soit transparent, inclusif et responsable,
  • assurent la viabilité environnementale dans les décisions sur les acquisitions et les investissements affectant les terres et les réserves en eau.

Ce rapport invite instamment à adopter des modèles d’investissement qui n’impliquent pas d’acquisitions de terres à grande échelle, mais qui, de préférence, collaborent avec les utilisateurs locaux des terres, en respectant leurs droits fonciers et la capacité des petits exploitants à jouer eux-mêmes un rôle décisif en investissant pour répondre aux besoins alimentaires et en ressources futurs.

Ce qui est vraiment terrible, c'est que même ceux qui sont gagnant sur le court termes, préparent à plus long terme, leur propre ruine, que ce passera-t'il lorsque toutes les terre seront épuisées, car non content d'accaparer, dans la très grande majorité des cas, cela va de paire avec une sur exploitation, ou un détournement de l'usage naturelle, qui tend à l'appauvrissement des sols.

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