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L'énergie nucléaire on va la payer comment ?

Depuis que l'énergie nucléaire a été imposée aux Français, l'un des arguments falacieux utilisée encore est celui de son coût qui serait sois disant faible.

Il s'agit là d'une surpercherie ni plus ni moins,  un scandaleux mensonge d'état, et je pèse mes mots.

Il suffit de s'interresser un tant soit peu à ce qu'il se passe actuellement pour comprendre assez rapidement que produire de l'énergie nucléaire, et en gerer les véritables coûts, depuis l'extraction des minerais jusqu'àla gestion des déchets qu'on ne maîtrise toujours pas, en tout cas pas avec une absolu certitude, génère des coûts encore totalement et très nettement sous-évalués.

Le réseaux "Sortir du Nucléaire" alerte depuis longtemps, mais il n'est pas le seul, voici par exemple ce qu'en dit actuellement "Corinne Lepage" :

http://www.actu-environnement.com/ae/news/dette-financiere-edf-areva-12039.php4#xtor=EPR-1

Extraits :

EDF est une entreprise très endettée, en raison de choix capitalistiques désastreux, dont la stratégie constante est de faire peser sur le contribuable ou l'usager sa politique, tout en réduisant la sécurité au bénéfice de la rentabilité pour ses actionnaires.

En 2010, avant la manipulation consistant à se débarrasser de la dette de RTE et de l'obligation de constituer des provisions pour démantèlement, l'endettement d'EDF se montait à 42,5 milliards d'euros pour un résultat brut d'exploitation de 17,5 milliards, soit un rapport de 2,4. Le tour de passe-passe qui a permis de sortir le fond de démantèlement des centrales nucléaires a autorisé une apparente réduction de l'endettement de 12 milliards d'euros. Pourtant, lors de la présentation de ses comptes 2010, la dette nette n'a diminué  que de 8,1 Mds €, à 34,4 Mds € au 31 décembre malgré la cession du réseau UK (6,7 Mds €). M. Proglio a justifié le niveau d'endettement par l'obligation de provisionner  2,9 milliards d'euros pour risques et ajustements de valeur liés à la dégradation des conditions des marchés de l'électricité et du gaz à l'international, dont 1 milliard aux Etats-Unis et 915 millions en Italie. Les annonces d'Edf ont laissé le monde de la finance peu convaincu. Confirmation faite par les agences de notation qui dégrade la note comme Fitch qui passe à AA-.

La situation financière dépend aujourd'hui du débat sur le prix du kWh du nucléaire. Après des années de bataille médiatique pour faire accroire le faible coût de revient du nucléaire, EDF est pris dans le piège de fixer son prix pour la revente. Afin de faire le plus de marge possible EDF va devoir avouer un prix le plus haut possible. Le débat vise ainsi à intégrer le coût de remplacement des centrales nucléaires. Ainsi, EDF veut le faire tendre vers le prix de revient de l'EPR soit 50% plus cher. Le débat achoppe aussi sur l'intégration de l'enfouissement, dont le prix varie entre 15 et 35 milliards d'euros. EDF a pour l'instant provisionné 6.3 milliards d'euros sur la base d'estimations de 2005, loin des 35 milliards pour lesquels il devra supporter 80% des coûts. Ajoutons à cela les dérives sur le coût de l'EPR : Flamanville a vu son prix passer de 3,3 milliards à 4,5 milliards pour l'instant et les investissements, dont les risques de dévaluation de l'actif, sont grands, comme dans le cas par exemple de Constellation dont le but était de participer à la relance du nucléaire aux Etats-Unis, relance qui n'aura pas lieu pour EDF, le gaz étant plus rentable. Ainsi le joint-venture construit dans un but perd tout son sens et l'investissement aussi.(...)La situation financière d'Areva est encore bien plus préoccupante que celle d'EDF. Si le plan stratégique lancé en 2005 a permis à Areva d'être présent sur tout le cycle du nucléaire, sa situation financière ne cesse de se détériorer. Le groupe doit investir près de 2,5 milliards d'euros par an en moyenne entre 2009 et 2012. Mais l'Etat, son actionnaire majoritaire, n'a pas les moyens de suivre et l'ouverture du capital est très problématique compte tenu de la nature des activités d'Areva.

Le groupe a subi un camouflet en décembre 2010 pour une augmentation de capital ouvrant de plus le capital d'une activité stratégique à un fond souverain non européen (Koweït Investment Authority). La note de crédit long terme d'Areva a été placée sous surveillance négative suite à ses difficultés. Cette dégradation fait suite à une précédente dégradation de 2 rangs en juin 2010 par une autre agence. La détérioration est donc patente. Il faudrait du reste rechercher les raisons profondes du désaccord avec Siemens qui a conduit cette dernière à quitter le capital d'AREVA. Areva a commencé à vendre ses actifs, à débuter par sa filiale R&D ; c'est la cession  au Fonds stratégique d'investissement (FSI) de sa participation au capital de STMicroelectronics (STM) qui est en question en raison d'un différentiel de prix de 25%. Une des premières annonces du conseil de politique nucléaire présidé par M.Besson consiste à contraindre Areva à filialiser son activité minière, qui est en réalité aujourd'hui la seule rentable dans le but probable d'en faire profiter quelques sociétés amies du pouvoir

Le fiasco de l'EPR est connu. L'addition finale ne l'est pas. C'est sans doute pour cette raison qu'AREVA s'oriente désormais vers un réacteur construit avec les chinois, plus petit, mais dont les règles de sécurité vont être d'une autre nature ! Il n'en demeure pas moins que le coût de la construction de l'EPR finlandais et les montants gigantesques d'investissements devront bien être supportés… comme les nouveaux investissements. Le contribuable va-t-il continuer à financer la recherche développement sans jamais aucune sanction pour les erreurs successives?

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