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L'avenir passe par une autre gestion des matières premières, y compris minérales.

On entend parler de temps à autre des 'terres rares', sans appréhender vraiment ce que cela signifie, on comprend facilement de part la dénomination même, que ces matières premières revêtent une importance capitale, ceux qui s'informent plus avant savent d'ailleurs déjà que la Chine principale exploitant et exportateur de ces minerais commence à faire main-basse sur ceux ci au point que l'évolution industriel de certaines technologies pourraient en pâtir, mais ce que l'on sait moins c'est que d'une manière générale notre consommation de divers métaux croit à tel point, que pour certains, qui peuvent sembler banaux, l'approvisionnement n'est pas sans poser de vrais interrogations à moyen terme.

Les prix en fortes hausses en sont bien évidemment un reflet, qui vient s'ajoutter à la spéculation qui en découle, la lecture d'un interview à ce sujet m'a surtout interpelé au travers de deux affirmations faitent par M Patrice Christmann Directeur adjoint, direction de la stratégie, responsable de la stratégie Ressources minérales, BRGM, bien sur il ne s'agit là que d'un point de vue, qui doit donc être confronté et analysé, il rejoint en tout cas la compréhension que je me suis forgé au fil de mes petites connaissances à ce sujet, et conclut surtout par une affirmation qui rejoint tout à fait mes convictions en mettant en avant la très nécessaire réorientation de notre manière de produire et de gérer les métaux, je cite :

En Europe, les déchets métallifères constituent un stock considérable, le plus souvent exporté, la plupart du temps illégalement, car les producteurs jouent sur l’ambigüité entre produits de seconde main (exportables) et déchets (non exportables conformément à la convention de Bâle). Ces exportations aggravent notre dépendance vis-à-vis des métaux importés. Selon la Commission européenne, seul un tiers des déchets issus des équipements électroniques et électriques est collecté au sein de l’Union. Une partie encore plus faible est recyclée. Une directive de 2012 vise à porter à 85 % le taux de collection de ces déchets. C’est essentiel car une grande partie du problème européen, c’est la valorisation de nos déchets. Il faut garder en Europe notre stock de minéraux et de métaux afin de le recycler dans les meilleures conditions environnementales possibles.

Cela semble aller de soi. Pourquoi avoir attendu si longtemps sur cette question des déchets ?

En Europe, nous avons la chance d’avoir plusieurs champions du recyclage des déchets métallifères qui recyclent de mieux en mieux une gamme toujours plus grande de déchets. Encore faudrait-il que ces entreprises aient accès à des flux. Si les téléphones portables étaient consignés, leurs propriétaires ne les abandonneraient pas dans un tiroir et feraient en sorte de récupérer leur consigne en rapportant leur appareil en fin de vie. Aujourd’hui, ce « gisement diffus » est gaspillé. S’il était concentré, sa valeur éclaterait aux yeux de tous. Il faut lancer des politiques pour modifier le comportement des consommateurs.

Les progrès sont très lents et la plupart des produits mis sur le marché en 2012 ne sont toujours pas conçus en vue de leur recyclage ultérieur. Les téléphones portables qui contiennent du néodyme, du tantale, du béryllium, ne sont pas assemblés de manière à faciliter le recyclage de ces minéraux. L’écoconception des produits est un chantier majeur pour demain. Dès le départ, les produits doivent intégrer la nécessité du futur recyclage. Il est vrai que si l’or se recycle facilement, ce n’est pas le cas du tantale. On ne sait pas, de manière économique, décortiquer les micro condensateurs pour y récupérer les fragments de tantale qu’ils abritent, ce qui est regrettable et même tragique car le tantale alimente directement le conflit de la région des grands lacs en Afrique, un conflit qui a déjà fait des millions de morts.

Mais ce qui m'a surtout motivé à ècrire ce billet à ce sujet c'est une autre réflexion faite dans ce même interwiev interressant :

Une crise est un état transitoire, alors que le monde est en fait en train de basculer définitivement dans un nouveau paradigme. On commence à réaliser que malgré tous les progrès technologiques, l’humanité reste très dépendante des ressources naturelles, de la terre arable, de l’eau potable, de l’énergie, de la biodiversité et des ressources minérales. Notre dépendance face à ces ressources naturelles est aussi forte qu’il y a cent mille ans, voire plus forte car nos sociétés hautement technologiques ont besoin de matières premières, parfois très rares, qui étaient inutilisées il y a encore deux ou trois décennies. Nous commençons à peine à réfléchir à la gestion de ces dépendances. Avoir cru qu’il était possible de rompre ce lien entre croissance et ressources par la technologie, ou pire encore par les virtualités de la finance moderne, était une illusion qui peut se révéler catastrophique si nous n’agissons pas.

Second extrait tiré de l'article lien ci dessous :

http://www.enerzine.com/604/15318+matieres-premieres-minerales---faut-il-craindre-une-penurie+.html

Il nous faut (re)trouver la conscience que notre monde est notre support de vie, notre matrice, notre nourriture, notre source de vie et que l'exploiter comme nous sommes en train de le faire actuellement est juste globalement suicidaire, car ce qui est vrai dans cette analyse au sujet de notre attitude face aux ressources minérales, l'est tout autant pour toutes les ressources en général, je reprends les termes qu'utilise cet homme en appliquant quelques raccourçi, car j'en suis suis au même constat : ' on commence à réaliser que malgré tous les progrès technologiques, l'humanité reste très dépendante des ressources naturelles...Avoir cru qu'il était possible de rompre ce lien entre croissance et ressource par la technologie..était une illusion..

Il est grandement temps de sortir de l'illusion !

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