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L'acidification des océans, une autre menace insidieuse.

acidification océansL'acidification des océans et ses conséquences:

Voici un texte que m'a transmis l'océanographe Jean-Pierre Gattuso, que j'ai le plaisir de porter à votre connaissance sur ce blog.

Les conséquences liées à l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) en termes de réchauffement climatique n'ont échappé à personne. L'acidification des océans est une autre conséquence, beaucoup moins connue, des quelque 79 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) libérées dans l'atmosphère chaque jour par la combustion des carburants fossiles, la déforestation et la production de ciment. Depuis le début de la révolution industrielle, un tiers de ce CO2 a été absorbé par les océans, qui contribuent donc à modérer le réchauffement global. Sans océans, la quantité de CO2 dans l'atmosphère et ses conséquences sur le climat seraient beaucoup plus importantes que celles qui sont observées et prévues. La dissolution du  CO2 dans l'eau de mer entraîne une diminution de son pH  (d'où le terme "acidification") et de la concentration d'ions carbonates, les briques utilisées par de nombreux organismes pour fabriquer leur squelette ou coquille calcaire (coraux, mollusques, algues...).

La chimie
Le terme “acidification des océans” peut être trompeur. Les océans ne deviendront pas acides (c’est à dire que leur pH ne deviendra pas inférieur à 7), du moins pas dans un avenir prévisible. Le terme “acidification” signifie que le pH des océans baisse. Aujourd'hui, les océans ont un pH de 8.1 (ils sont donc légèrement basiques), soit 0,1 unité plus faible qu'au moment de la révolution industrielle. Une différence de 0,1 unité peut paraître insignifiante, mais l'échelle de pH étant logarithmique, une diminution de 0,1 unité représente une augmentation en concentration d’ions hydrogènes (H+) de
30 %. Des simulations ont montré que, au rythme des émissions actuelles, le pH pourrait atteindre 7,8 vers la fin du siècle, correspondant à un triplement de l'acidité moyenne des océans. Cette
absorption du CO2 se produit à une vitesse 100 fois plus rapide que ce qui s’est produit naturellement au cours des 25 derniers millions d’années.

Au-dessous d'un certain seuil de pH, l'eau de mer devient corrosive vis-à-vis du calcaire. Cela signifie qu'elle peut alors dissoudre les coquilles ou les squelettes. Les zones polaires seront les premières à devenir corrosives car le CO2, comme tout autre gaz, est d’autant plus soluble que la température de l'eau est faible. C'est pourquoi de nombreuses études sont en cours dans l'Océan Arctique.

 

La biologie
La recherche sur l’acidification des océans n’a commencé qu’il y a une quinzaine d’années et il y a encore peu de données. Les chercheurs ont traditionnellement consacré leurs études aux organismes calcificateurs, ayant un besoin direct d’ions carbonates pour la construction de leurs
structures calcaires, mais d’autres organismes et processus peuvent également être touchés. Des effets néfastes possibles ont déjà été détectés, par exemple chez les organismes planctoniques et les coraux profonds (photos ci-dessous). Les ptéropodes (escargots marins nageurs) et les coraux profonds vivent dans des zones qui seront parmi les premières à être frappées par l'acidification des océans, alors que leur rôle au sein de leurs écosystèmes est essentiel. Les premières études réalisées sur ces organismes soulèvent de grandes inquiétudes sur leur futur ainsi que celui des organismes qui dépendent d'eux pour leur nutrition ou habitat. Ainsi, l’acidification pourrait avoir des
conséquences sur la biodiversité des certains écosystèmes.  

La recherche
Lancé en mai 2008, le projet européen EPOCA (European Project on OCean Acidification), coordonné par le CNRS-INSU, est le premier projet international qui étudie les effets de l’acidification des océans. Depuis, des programmes nationaux ont été lancés (Allemagne, Royaume-Uni, Japon, USA...).

 Article de "Hervé le Treut" paru le 22 juin 2010 sur "L'Express.fr"

 

Pour aller plus loin sur le projet "EPOCA" :

http://www-centre-saclay.cea.fr/fr/Epoca-l-acidification-des-oceans-et-ses-consequences-sur-les-ecosystemes

 

Comme à mon habitude, voici le lien vers "wikipédia"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Acidification_de_l%E2%80%99oc%C3%A9an

 

Les océans, si immenses, si magnifiques, capables de tout engloutir, sont pourtant comme tout autre adition, imbrication d'organismes, suceptibles d'être dégradés.

Comme tout autre écosystème, son équilibre est fragile, les formes de vie  qu'ils abritent, dépendent tout autant de l'équilibre de son état, que les formes de vie terrestres.

Il faut donc d'abord évidemment, mieux connaître tous ses éléments, ce qui n'est pas pour demain, tant les océans recèlent de vie inconnus à découvrir.

Malheureusement, comme la terre, nous polluons aussi les mers, de manière moins visible, mais tout aussi néfaste.

Ce dont nous ne sommes pas assez conscient, c'est que nous avons tout autant besoin de préserver les équilibres marins que les équilibres terrestres, qui se rejoingnent d'ailleurs sur tout les rivages.

Locéan vie, et fait vivre la terre, il nous fait vivre.

 

 http://www.notre-planete.info/actualites/actu_713_acidification_oceans.php

Extrait :

 "L'absorption du dioxyde de carbone par les océans est considérée comme un processus bénéfique qui réduit la concentration du CO2 dans l'atmosphère et atténue son impact sur les températures globales. Cependant, il y a une inquiétude croissante sur le prix à payer pour ce service. Pour les participants au colloque, il est maintenant bien établi que d’ici le milieu de ce siècle, le poids de l’accumulation du CO2 entrant dans l'océan mènera à des changements de pH ou d’acidité des couches supérieures qui seront d’une ampleur trois fois plus importante et 100 fois plus rapide que ceux subis entre les périodes glaciaires. Des changements aussi brutaux du système du CO2 dans les eaux de surface des océans n’ont pas été observés au cours de plus 20 millions d’années d’histoire terrestre, ont conclu les participants au colloque." 

 

 http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1660.htm

Extrait :

"L'acidification des océans ne peut être contrôlée qu'en limitant les concentrations futures de  CO2 dans l'atmosphère. Des négociations visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (COP 15) sont en cours et devraient être finalisées à Copenhague en décembre prochain. Ces négociations devront prendre en compte, non seulement le bilan radiatif de la planète, mais aussi le caractère acide du CO2 qui, une fois absorbé dans l'océan, aura des répercussions qui pourraient être dramatiques sur de nombreux organismes et écosystèmes marins."

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/lacidification-des-oceans-pointee-du-doigt-par-lacademie-des-sciences-americaine_23561/

Extrait :

"Avec l’acidification des océans, finies les huîtres pour les fêtes ?

Le problème de la croissance des organismes à squelette carboné, interne ou externe, est pour l’instant le plus emblématique. En effet, coquillages, récifs coralliens et ossements sont constitués en grande partie de carbonate de calcium, qui a la fâcheuse propriété de se dissoudre en milieu acide. Par conséquent, comme l’ont montré plusieurs études, l’acidification des océans entrave la calcification et donc la croissance des organismes. Ce phénomène a notamment été étudié chez des espèces commerciales comme la moule ou l’huître.

La capacité des organismes et des écosystèmes à s’adapter à un tel changement est elle aussi inconnue, mais d’autres études ont prouvé que tous les organismes ne sont pas égaux face à ce phénomène. Ainsi, certains pourront profiter de cette acidification, tandis que d’autres seront pénalisés"

 

 

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