Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gaz de schiste : l'autre exemple référence extrême.

Je faisais dans un précédent article une corrélation entre ce qui se passe au Québec, du fait que l'exploitation ches eux était assez récente, et que déjà elle était remise en question de manière très officielle :

Gaz de schiste : à l'exemple de ce qui se passe ailleurs !

Mais la référence ultime reste bien évidement les Etats-Unis, car là-bas, les dégats sont déjà colossaux :

http://www.courrierinternational.com/article/2011/03/10/quand-le-gaz-de-schiste-libere-son-poison

Extraits :

Les puits et forages pétroliers poussent comme des champignons sur le sol américain, témoins de la nouvelle ruée vers l’or du XXIe siècle – le gaz naturel. Evidemment, tout ce gaz est là depuis longtemps, emprisonné dans les profondeurs de la Terre, dans d’innombrables poches minuscules, comme autant de déversements congelés d’eau de Seltz coincés entre de fines strates de schiste [roche feuilletée]. Mais les compagnies ne disposent que depuis quelques années des techniques nécessaires pour exploiter ces gisements d’une richesse époustouflante – qui pourraient probablement satisfaire la demande en gaz pour le chauffage d’immeubles, la production d’électricité et l’alimentation de véhicules pour les cent ans à venir. (...)Pour chaque puits, l’hydrofracturation peut produire plus de 3,8 millions de litres d’eaux usées, souvent mêlées de sels hautement corrosifs, de substances cancérigènes comme le benzène et d’éléments radioactifs, notamment du radium, tous présents naturellement à plusieurs centaines de mètres de profondeur. 


Si cette production de déchets toxiques est bien connue, des milliers de documents internes obtenus par leNew York Times auprès de l’Environmental Protection Agency [EPA, agence fédérale de protection de l’environnement], d’organismes publics et de sociétés de forage montrent que les dangers écologiques et sanitaires sont bien plus grands qu’on ne l’a longtemps pensé. 

Les risques sont particulièrement graves en Pennsylvanie, où les forages se sont multipliés de façon spectaculaire, avec environ 71 000 puits exploités actuellement, contre près de 36 000 en l’an 2000. La radioactivité mesurée dans les eaux usées est dans certains cas plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de fois supérieure à la limite fédérale autorisée pour l’eau potable. Certes, personne ne boit ces eaux usées, mais si cette comparaison est utilisée, c’est parce qu’il n’existe aucune véritable réglementation fédérale relative aux niveaux de radioactivité acceptables dans des eaux de forage. 

Selon les autorités de Pennsylvanie, les compagnies de forage ont acheminé en 2008 et 2009 au moins la moitié de ces eaux usées vers des stations d’épuration publiques dans leur Etat. Le hic c’est que, de l’aveu même des gestionnaires, ces usines de traitement ont une capacité bien moindre d’élimination des polluants radioactifs que pour la plupart des autres substances toxiques. De fait, la majorité de ces infrastructures ne sont pas capables de ramener les taux d’éléments radioactifs à des niveaux respectant les normes fédérales pour l’eau potable avant de rejeter les eaux usées dans des cours d’eau, parfois à quelques kilomètres seulement en amont de centres de production d’eau potable. (...)
Les dangers de cette pratique ont été illustrés par de récents incidents. A la fin de 2008, des déchets de forage et de mines de charbon rejetés en pleine sécheresse ont saturé la Monongahela, au point que les autorités locales ont recommandé aux résidents de la région de Pittsburgh de boire de l’eau en bouteille. Dans un document interne, les représentants de l’EPA ont dépeint cet incident comme “l’un des pires cas où, dans l’histoire des Etats-Unis, les autorités ont été incapables de fournir de l’eau potable à la population”. La Pennsylvanie recèle de formidables réserves de schiste Marcellus, ce qui vaut à l’Etat d’être considéré comme l’Arabie Saoudite du gaz naturel. On y trouverait assez de gaz pour satisfaire pendant plus de quinze ans, au rythme de consommation actuel, les besoins énergétiques du pays en chayffage et en électricité.(...)En décembre 2009, ces mêmes risques ont amené des scientifiques de l’EPA à adresser une lettre à la ville de New York pour conseiller aux autorités municipales de ne pas accepter dans les stations d’épuration des eaux usées issues de forage présentant des taux de radium 12 fois supérieurs au seuil autorisé pour l’eau de boisson. Le New York Times a découvert que certaines eaux usées contenaient des taux de radium 100 fois supérieurs à ce seuil. Des scientifiques de l’EPA se sont également penchés sur la question et ont mis en évidence que certaines rivières de Pennsylvanie ne parvenaient pas à diluer suffisamment les eaux usées mêlées de radium qui y étaient déversées. 


Interrogés à propos de ces études, les responsables des autorités de contrôle de Pennsylvanie ont affirmé qu’ils n’en avaient pas connaissance. Pour une bonne part, le problème vient du fait que l’industrie a pris de vitesse les autorités de contrôle. “Nous n’arrivons pas à suivre, tout simplement”, a reconnu un inspecteur du département de la Protection de l’environnement de Pennsylvanie, qui n’avait pas le droit de parler à des journalistes. “Il y a trop de déchets, voilà tout. Et, si nous sommes trop sévères avec ces entreprises, a-t-il ajouté, elles pourraient arrêter de révéler leurs erreurs.” En novembre dernier, 31 inspecteurs surveillaient plus de 125 000 puits de pétrole et de gaz. La nouvelle réglementation a également autorisé au moins 18 stations d’épuration à continuer d’accepter les quantités plus importantes [de déchets] prévues dans le cadre de leurs précédentes autorisations. 

Je reviens sur l'un des arguments cités au début de cet article, argument qui en dit long sur le degré de bêtise et d'aveuglement dans lequel on trouve l'expression même de l'égocentrisme de nos sociétés, je cite :

"Mais les compagnies ne disposent que depuis quelques années des techniques nécessaires pour exploiter ces gisements d’une richesse époustouflante – qui pourraient probablement satisfaire la demande en gaz pour le chauffage d’immeubles, la production d’électricité et l’alimentation de véhicules pour les cent ans à venir."

Ce qui revient donc à dire et a envisager très clairement qu'on est près à tout sacrifier, les investissements possibles ailleurs, et pour d'autres sources d'énergies, la nature, la santé des populations, et tout cela pour 100 ans............Et APRES ???  


Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article