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Gaz de schiste et rapport Gallois, la situation reste-t'elle inchangée ?

Avant même sa parution, avant même la connaissance de ses véritables préconisations, l'aspect gaz de schiste du rapport Gallois, avait été écarté, une première déclaration de François Hollande affirmant que ce rapport n"engageais que son auteur, mais pas le Gouvernement, avait relativisé rapidement le début d'une situation au potentiel explosif.

Un peu partout on peut lire que ce rapport préconise l'exploitation, mais qu'en est-il vraiment, dès le lendemain de sa sortie M Gallois s'exprimait sur France 2 en affirmant que sa préconisation n'était pas ni d'explorer ni d'exploiter dans les conditions actuelles, mais de chercher d'autres techniques qui permettraient d'explorer un "potentiel" encore "supposé".

Ce positionnement, il le redit ici

Toujours est-il que le Gouvernement enterre, mais pas si profond que cela, cette orientation, ce qui n'est en fait que ce qu'établi déjà la loi par laquelle il est dit que des explorations ne sont possibles que dans un cadre de "recherches scientifiques".

En est-t'on au même point pour autant ?

Je crains bien que non, car ce qui peut changer fondamentalement la donne c'est que des milliers de citoyens qui n'avaient encore jusque là aucune position tranchée sur la question, pourraient bien prendre fait et cause, au nom de la "compétitivité" devenu le graal de notre société, pour l'évaluation, et bien entendu l'exploitation de ce potentiel énergétique, si tant est que les éventuelles recherches valident vraiment ce "potentiel", ce qui reste à prouver !

Alors bien sûr à droite on cri au manque de courage politique, oubliant par là même que certains d'entre-eux avaient dans un premier temps proposé une réglementation interdisant toute forme d'exploitation des gaz de schiste, mais de celà on ne reparlera plus.

Leurs arguments sont connu, ils sont malheureusement trompeurs mais potentiellement efficaces :

a look

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/dossier/0202365250985/0202367609371-la-droite-incite-l-executif-au-courage-la-gauche-est-a-cran-sur-le-gaz-de-schiste-507658.php

Le débat est donc bel et bien relancé, les opposants dont je fais parti ne s'y trompent pas :

http://www.zegreenweb.com/sinformer/gaz-de-schiste-le-gouvernement-ne-suit-pas-les-recommandations-du-rapport-gallois,61339

Extrait :

Officiellement, il n’est donc pas question, à tout le moins pour le moment, de revenir sur l’interdiction de la fracturation hydraulique, en vigueur depuis l’année dernière. De même, l’Élysée a exigé le rejet de sept demandes de permis déposées auprès de l’État. Des dizaines n’ont toutefois pas été abrogés, comme l’a rappelé l’eurodéputée et présidente de Cap21 Corinne Lepage dans l’interview qu’elle a donnée à notre rédaction le mois dernier.

L’ancienne ministre de l’Environnement dit rester mobilisée et soutient que Paris n’a pas enterré les gaz de schiste. Et d’évoquer de fortes pressions au niveau européen tandis qu’aux États-Unis, où les hydrocarbures de roche-mère sont abondamment extraites, les « pro » n’ont de cesse de mettre en avant les milliers d’emplois créés et les bénéfices qu’engendrent l’exploitation des gaz, pétroles et huiles de schiste.

Alors pourquoi mon opposition à cette possibilité ne changera pas ?

Cela tient au fait qu'il s'agirait là de s'inscrire dans la continuité des énergies fossiles, et c'est justement de cette orientation dont il faut absolument sortir, et au plus vite, et non pas essayer de repousser cette échéance inéluctable, car elle l'est, tous les efforts de recherches et de "développement" doivent être réorientés, vers des économies d'énergies, et des sources plus "durables".

L'heure est à la transition environnementale, écologique, énergitique, économique, sociale, et sociétale, si nous ne prenons pas conscience de cela rapidement, c'est l'avenir même de nos enfants et des leurs, qui est compromis, que va-t'il falloir nour nous en convaincre !

Si la situation peut donc avoir changée en ce qui concerne l'opinion générale, c'est en tout cas ce que je crains, elle reste inchangée sur la plan politique, status quo total, les rapporteurs restent aveuglés par le seul aspect économique, et le gouvernement n'a pas non plus bougé d'un iota, tout reste donc à craindre !

A celles et ceux qui voient encore l'exploitation des gaz non conventionnels comme un rêve de nouvel essor et de "croissance", je ne saurais trop vous encourager à vous informer sur ce qui se passe vraiment là ou il sont exploités, puisqu'on nous donne en exemple les États-Unis, alors voyons ce qui si passe :

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/10/24/en-pennsylvanie-chez-les-damnes-de-la-revolution-du-gaz-de-schiste-236471

Extraits :

Pollution, maladies, promesses d’emplois non tenues : la population du comté de Susquehanna, en Pennsylvanie, paie le prix de l’exploitation des gaz de schiste. (...) Dans cet Etat de l’Est, les denses forêts succèdent aux champs, aux pâturages et aux fermes qui s’accrochent aux pentes douces des collines. Aucune industrie, aucune usine n’avait défiguré ce paysage façonné par l’économie laitière.

Mais c’était avant que le gaz de schiste ne contamine les esprits. Que les tours de forage n’envahissent les lieux. Que les routes de terre soient prises d’assaut par d’énormes camions-citernes. Que de gigantesques torches n’illuminent jour et nuit les alentours en crachant bruyamment leurs flammes. Que les arbres ne laissent la place à des stations de pompage. Que les pipelines dessinent de grosses saignées dans cet environnement préservé jusque-là. Et que la poussière ne recouvre le tout. (...) Histoire de rappeler que le taux de chômage de ce « swing state » (Etat qui hésite entre démocrates et républicains à chaque élection présidentielle), a encore augmenté en août pour rejoindre celui du pays,autour de 8%. (...) De cette ruée, de ces promesses d’emplois – non tenues, du moins pour les habitants du coin qui, comme sœur Anne, ne voient pas le boom économique venir et vivent toujours aussi chichement –, Tammy n’en veut pas. Ou plus. (...) « L’eau de notre puits, la richesse des gens d’ici, est devenue grise du jour au lendemain. C’était en décembre dernier. Puis un de mes petits-enfants qui vit sous notre toit est tombé malade. »

Ailleurs, les gens se plaignent d’infections pulmonaires, de plaques qui apparaissent sur la peau, de cancers en hausse, de maux de tête permanents, d’asthme... (...) « Notre eau sentait mauvais. Puis, on a vu de grosses bulles remonter dans nos tuyaux et à la surface du lac tout proche. »

Mais elle, à la différence de voisins, n’a pas vu son robinet cracher des flammes à cause du méthane :

« Depuis, les autorités nous ont installé un réservoir à côté de la maison. Mais c’est à nous de payer l’eau amenée par camion. » 

De l’arsenic au radium. Un exemple parmi des centaines dans la région souligne Ray Kemble, dont le jardin, avec ses banderoles dénonçant la pollution, témoigne de la lutte contre l’industrie du gaz.

(...) « Notre pays se trompe en investissant dans ces hydrocarbures. C’est du court terme. On ne prend pas en compte le vrai impact sur l’environnement, le vrai coût à long terme des pollutions sur les nappes phréatiques et les eaux de surface. Et surtout on néglige le vrai avenir, le renouvelable. »

Aujourd’hui, personne ne veut entendre ce discours. L’économie doit repartir. Tel est le mot d’ordre. Quoi qu’il en coûte. A Tammy, Ray, Vera, Rebecca et aux autres.

L’un des derniers forages à Springville, en Pennsylvanie (Patrick Vallélian/L’Hebdo)

 

C'est beau un puits de forage la nuit, mais c'est dommage que je n'ai pas le son qui l'accompagne parce que ça déménage, rythmique garantie jours et nuit, la fête permanente, ça vous tente ?

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