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Gaz de schiste, les décisions d'hier n'engagent pas celles d'aujourd'hui.

Un nouvel argument à pris naissance dans les propos de Michel Rocard, lors d'un entretien au 'Monde", celui ci fait le buzz comme on dit, mais quel valeur a-t'il ?

Tout d'abord il est important de comprendre que l'un des fondements de son opinions est tout bonnement faux, non la fracturation hydraulique n'a jamais été utilisée à Lacq, et si l'erreur est énorme de la part de Michel Rocard à qui on peut accorder des circonstances atténuantes du fait de l'éloignement des dossiers, que dire de la prise de position de François Fillon, lorsqu'il surenchérie en s'appuyant sur la même grossière erreur, significative d'une totale méconnaissance, car si il y a bien quelques personnes parmi les responsables politique qui devraient maîtriser ce type de dossier, il devrait selon moi en faire partie.

On frise là l'incompétence !

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/15/gaz-de-schiste-gaz-de-lacq-les-erreurs-de-michel-rocard-et-de-francois-fillon_1790826_3244.html

Extraits :

Une analyse saluée dès mardi par François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP : "Comme Michel Rocard – décidément un des esprits les plus éclairés du pays – l'a dit : le gaz de Lacq était extrait par fracturation hydraulique et ça ne faisait de peine à personne..." (...) Pour exploiter Lacq, découvert en 1951, l'industrie française a réalisé de belles prouesses techniques. Le gaz naturel était anormalement riche en hydrogène sulfuré, et les ingénieurs de l'époque ont dû inventer un acier spécial capable de résister à la corrosion.

En revanche, de fracturation hydraulique, il ne fut pas question, car "comme tous les gisements de la région Aquitaine, Lacq est naturellement fracturé", explique un chercheur de l'université de Pau et des pays de l'Adour (Pyrénées-Atlantiques).

Un constat confirmé par Nicolas Terraz, directeur général de Total Exploration-Production France, filiale du groupe pétrolier qui gère les puits aquitains depuis la fusion d'Elf et de Total : "Les réservoirs disposent, c'est exact, de réseaux de fractures naturelles. La roche (du calcaire) a dû être stimulée, mais pas par fracturation hydraulique. La technique de l'acidification a été utilisée.

Avec une telle base de réflexion, il n'est pas étonnant qu'on s'égare !

La prise de position de Michel Rocard a donc été largement commentée, et elle a donner naissance à ce qui se traduit par un nouvel argument qui va bien sûr frapper fort dans les opinions :

Si c'était maintenant on n'exploiterait pas les gaz de Lacq, voyez plutôt :

http://eloiselayan.blog.lemonde.fr/2012/11/18/gaz-de-lacq-versus-gaz-de-schiste/

Extrait :

" Si on découvrait le gaz de Lacq aujourd'hui, on ne pourrait pas l'exploiter ".  La phrase revenait inlassablement, au colloque international " Lacq, trajectoires et enjeux territoriaux ", organisé mercredi 14 et jeudi 15 novembre dans la cité ouvrière proche du site (1), dans les Pyrénées Atlantiques. Et immanquablement, le lien entre gaz de Lacq et gaz de schiste était fait, en reprenant les récents propos de Michel Rocard. (...) 

Cet article relève par ailleurs une autre erreur de Michel Rocard :

Autre extrait : 

Alain Beltran a corrigé les propos de Michel Rocard. Il y a les inexactitudes sur la fracturation hydraulique. Il y a aussi la phrase " la France serait au gaz ce que le Qatar est au pétrole ".  Alain Beltran rectifie : " le Qatar est assis sur du gaz, pas sur du pétrole ".

Alors certes sur le plan énergétique et économique l'exploitation des gaz de Lacq ont apporté à la France, mais s'il fallait en faire un bilan environnemental et sur le plan de la santé précis, il est assez probable que certains impacts seraient révélateurs de grandes nuisances, dont bien sûr personne ne voudra qu'on parle !

Ce type de questionnement mérite donc qu'on y réfléchisse, car il essaie d'induire une abbération, une manipulation de l'opinion, sous pretexte que cela aurait été une erreur à l'époque, on tente de faire fi des connaissances actuelles, alors si on essayait ce type d'argumentation avec d'autres sujets, voyons ce que cela pourrait donner :

Si on découvrait l'amiante aujourd'hui, est-ce qu'on l'utiliserait dans nos maisons ?

Si on découvrait aujourd'hui certains médicaments comme le "médiator" les prescririons nous aux patients ?

Si on découvrait aujourd'hui l'existance des particules fines priviligerions nous les motorisations diesel ?

Si on découvrait aujourd'hui les impacts du bisphénol y en aurait-il dans nos plastiques ?

Si on découvrait aujourd'hui l'incapacité de gérer à très long terme les déchets nucléaires y aurait-il autant de centrales nucléaires en France ?

Et je pourrais continuer cette liste avec quantité d'exemples qui prouvent que les décisions d'aujourd'hui ne peuvent pas être les mêmes qu'hier, c'est aussi ça le 'progret' !

Alors oui l'exploitation des gaz de Lacq a été acceptée hier et a servi, entraînant son lot d'impacts, certains bénéfiques, d'autres meurtriés, mais là on est aujourd'hui, et on en est où, aujourd'hui ?

Aujourd'hui la recherche sur les alternatives à la fracturation hydrauliques sont lancées :

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/La-France-lance-des-recherches-dans-le-gaz-de-schiste-575960

 

Seulement voilà contrairement au tour d'illusionisme opéré pointant du doigt la seule fracturation hydraulique, la réalité c'est que, quelque soit les techniques employées les risques environnementaux sont très grand, mais cela on l'a déjà balayé d'un revers de main industrielle.

L'industrie aurait pourtant tant à gagner à prendre dès maintenant le virage vers des solutions de demain, d'autant que la France est déjà en retard, c'est affligeant de conservatismes, et d'aveuglement.

Les choix d'aujourd'hui doivent s'orienter vers demain, et pas regarder dans le rétroviseur !

 

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