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Fukushima, retombées radioactives, accepterions nous le principe d'égalité ?

Fukushima, alors que les travaux de 'décontamination' du site, des alentours, et de certaines zones dans des villes proches se poursuit, l'étendu des dégats se fait jour, cette vérité ne va bien sûr pas être beaucoup évoquée en France, le sujet est beaucoup trop sensible, mais il est pourtant d'une importance capitale de bien se rendre compte de ces retombée 'post-accident nucléaire'.

Si un certain périmètre dont la définition est aussi sujet à controverse, est condamné de manière irréfutable, il est des zones considérée par les autorités Japonaises comme 'récupérable', et 'nettoyable', par soustraction d'éléments radioactifs. Cette soustration s'opère de différentes façon, mais le premier point d'achoppement vient du fait que celles ci sont en partie confiées à des entreprises privées.

En France parmi les dangers mis en évidence par les 'alerteurs' face à l'industrie nucléaire l'un des arguments dont on parle peu mais qui démontre ici sont importance, consiste à déplorer la sous-traitance, et la dillution ainsi opérée des responsabilités, d'une part, mais aussi et surtout des compétences, et de la rigueur nécessaire et suffisante, pour mener certaines opérations.

Voilà donc un exemple de ce que cela peut donner :

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Fukushima-decontamination-baclee-l-Etat-va-renforcer-la-surveillance?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Goodplanetinfo+%28Les+D%C3%A9p%C3%AAches+GoodPlanet.info+%29 

Extrait :

Le nettoyage de villes et villages où se sont dispersées des substances radioactives émises par les réacteurs ravagés du complexe atomique a été confié à des entrepreneurs privés censés laver, déblayer et récupérer les résidus pour les purifier ou les stocker.

Mais, soucieux de limiter les temps et coûts, les entreprises n'hésitent pas à rejeter une partie des eaux utilisées dans des rivières alentour, ont affirmé des ouvriers qui ont témoigné de façon anonyme dans le quotidien Asahi Shimbun.

Certains ont raconté par exemple qu'on leur a même dit de balayer uniquement autour des sites de mesure des rayonnements.

Le chef du bureau spécial du ministère de l'Environnement a reconnu lundi devant les médias que ses services ont confirmé au moins deux cas dans lesquels l'eau sale utilisée pour laver les bâtiments a été répandue dans la nature, au lieu d'être recueillie afin d'être purifiée.

Le vice-ministre de l'Environnement, Shinji Inoue, s'est rendu mercredi dans la province de Fukushima afin de présenter des excuses et tenter d'apaiser les craintes de résidents.

Cette révélation n'a malheureusement rien d'étonnant dans une société qui comme la notre tend vers le moindre coût, quel que soit le domaine des opérations, quelque soit la problématique, l'importance première n'est plus la véritable efficacité, mais la rentabilité.

Alors il n'est pas difficile de se faire une idée de ce qu'il va bien pouvoir advenir dans la réalité des quantités énormes de déchets radioactifs que l'ensemble des Japonais vont devoirs se partager, et oui là bas le sens du partage à été utilisé pour parvenir à une dissémination des déchets. Enfin quand je dis que le sens du partage a été utilisé, il a en fait été imposé, par une loi au travers laquelle l'État Japonais à promulgué la dispertion sur l'ensemble du territoire, j'avais évoqué cette situation dans un précédent billet :

Le principe d'égalité face aux radiations nucléaire, ou le cauchemar Japonais.

Un article récent m'a interpellé au départ pour un autre aspect de la question, celui de la liberté d'expression, comme vous pourrez le constater, puisque c'est le thème premier abordé par son auteur, nous donnant un point de vue sur l'arrestation d'un opposant à la dispersion des déchets, mais au travers de cet article il nous décrit aussi la nature de cette loi, et ce qu'elle à de révoltant :

http://www.reporterre.net/spip.php?article3690

Extrait :

Selon l’association des « Citoyens contre la dissémination des matériaux radioactifs », une telle arrestation est « illégale », et Masaki Shimoji « devrait être relâché immédiatement », considérant qu’il s’agit d’ « une grossière tentative d’intimidation exercée sur les citoyens opposés à la dissémination nationale des matériaux radioactifs ».

Cette association est en lutte contre le programme gouvernemental visant à « partager la charge entre tous », programme qui consiste à convaincre les gouvernements locaux d’accueillir au plus vite une part des débris afin de commencer les opérations d’incinération dès février 2013. Plusieurs villes, dont Osaka, ont déjà mené des tests d’incinération considérés comme « sans problème pour la sécurité »par les autorités bien que contestés par les résidents.

Selon le Mainichi du 18 septembre 2012, la ville de Kitakyushu dans le sud du pays, accueille depuis septembre 2012 des débris contaminés acheminés par bateau par l’entreprise Kajima dans le cadre d’un contrat de 2 milliards de yens (20 millions d’euros) depuis le Tohoku afin de les incinérer.

Un responsable de la mairie déclarait au même quotidien : « Peut-être nous ne devrions pas le faire, mais c’est de la responsabilité du gouvernement de nous le dire dans le cas contraire. »

La municipalité a mobilisé une entreprise privée chargée d’effectuer un contrôle des rumeurs et des commentaires négatifs relatifs à son initiative. Il s’agit pour la municipalité de « s’assurer que des messages sans fondement ne génèrent pas de rumeurs dommageable aux activités du tourisme, de l’agriculture et de la pêche. »

Le 30 août 2012, lors d’une réunion publique à la mairie d’Osaka, où parapluies et bouteilles d’eau avaient été confisqués à l’entrée, le maire d’Osaka, ex-gouverneur du département d’Osaka, avocat et vedette de télévision, Tôru Hashimoto, connu notamment pour ses appels en faveur d’un Japon armé de la bombe atomique, avait rétorqué aux résidents qui désapprouvaient le plan d’incinération des débris du Tohoku (Osaka compte accueillir 36 000 tonnes de débris d’ici avril 2014) : « La politique municipale n’est pas guidée par vos opinions. »

La fin de l'article nous apprend que cet opposant a finalement été libéré, mais qu'il y a au moins un autre qui était encore à ce moment là encore retenu, dans la mesure ou cet article n'est pas très récent, la situation a dû évoluer depuis.

On constate à travers cette situation combien il est difficile là bas comme ici de se battre contre l'idéologie du nucléaire, et ce n'est pas le nouveau gouvernement Japonnais qui va donner un contredit à cette soumission, les aspirations du peuple Japonnais à sortir du nucléaire vont être occultées, quand serait-il chez nous ?

La dispersion des déchets va mettre en danger l'ensemble de la population, puisqu'il est très probable que ces travaux ne seront pas tous fait de manière irréprochable, et quand bien même ces enfouissements étaient pratiqués correctement, ces lieux seront contaminés pour combien de temps ?

Je milite d'ordinaire pour le sens du partage, qui selon moi serait l'une des attitudes civiques et sociales que nos sociétés ont perdu, et qu'il nous faut retrouver et rétablir, mais je dois bien admettre que là si une telle situation devait advenir, je ferais très probablement parti des opposants comme ces citoyens Japonnais, qui se battent pour qu'une seule région soit impactée.

La question mérite d'être posée, et si cela arrivait chez nous ?

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