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Faut-il jeter les autoroutes à la mer !?

Le domaine du transport est sans conteste appelé, à opérer une réflexion en profondeur, tant son impact énergivore, dont les émissions polluantes sont indiscutables, n'est pas soutenable, afin de réduire ses coûts environnementaux.

Mais là comme ailleurs, tant que les calculs de rentabilité, seront prioritaires face à toute autres considérations, il y a fort à parier, que les transporteurs vont freiner des quatre fers, pendant que les chauffeurs continuerons d'appuyer sur l'accélérateur, pour rester dans la course au profit, afin de garantir  la survivance de leurs entreprises, et de leurs emplois.

La première alternative qui avait semblé possible et réalisable, est le "ferroutage", sauf que contrairement aux effets d'annonces, et une sois-disant volonté affichée, celui-çi ne se développe absolument pas.

Il existe aussi le transport de "container", également par voie ferrée, mais pour le moment, ni l'une ni l'autre de ces solutions, ne parviennent à ébranler l'hégémonie du transport sur nos routes et autoroutes, malgré l'addition d'effets négatifs.

Voilà que l'on nous annonce une nouvelle "autoroute", mais que notre ardeur à lutter contre l'expansion du réseau routier ne s'enflamme pas trop vite, car celle-çi, n'est pas de bitume, mais d'eau !. :

societe-civile-fne[1] 

 

Ce jeudi 16 septembre, le secrétaire d’Etat aux Transports, M. Dominique Bussereau, inaugurera la première autoroute de la mer, reliant Montoir de Bretagne (près de Saint-Nazaire) au port de Gijón en Espagne. Réactions de France Nature Environnement.


La mer doit faire concurrence à la terre

En cohérence avec l’engagement du Grenelle de l’environnement de développer des alternatives aux transports routiers, ce projet constitue un premier pas vers le report du fret de la terre vers la mer.

Pour Gérard Allard, membre du Directoire du réseau Transports et Mobilité Durables: « l’offre restreinte de 3 allers/retours hebdomadaires risque de ne pas être suffisamment incitative. Economiquement, le projet d’autoroute de la mer ne saurait être concurrentiel qu’à haute fréquence, à raison de 3 départs par jour, seule capable d’engendrer des transferts significatifs de la route à la mer.»

L’intérêt économique pour les transporteurs routiers à emprunter ce service pourrait être modéré au regard du coût de transport annoncé : 450 euros par camion, coût quasi-identique à celui du transport routier mais avec des conditions logistiques plus contraignantes.

Pour être robustes, les projets d’autoroute de la mer devront être concurrentiels en temps et en argent vis-à-vis du transport routier traditionnel et à terme indépendamment des aides perçues.
Les autoroutes de la mer doivent aussi être un outil de progrès et de sécurisation

La réalisation de ces lignes maritimes peut contribuer à la sécurisation du transport et des équipages, de la même manière qu’à été mis en place le rail d’Ouessant. Le suivi des navires, assuré par le « centre français des gardes côtes » (nouvellement créé (1)) contribuera à renforcer leur rôle de « police des mers ».

FNE et la CFDT rappellent que cette nouvelle offre, outre qu’elle doit être compétitive, est soutenue par des fonds publics et donc se doit d’être exemplaire dans le domaine environnemental et social. Un effort notable doit être réalisé sur la motorisation des navires, l’optimisation de leur performance énergétique et sur une réduction de leur émissions de Gaz à Effet de Serre, s’agissant actuellement des moteurs les plus polluants et les moins efficaces.

(1)Création par Jean-Louis Borloo le 10 septembre 2010 France Nature environnement et la CFDT insistent également sur la nécessité d’assurer une meilleure formation des équipages. Les autoroutes de la mer ne devront pas servir de cheval de Troie aux tentations de gigantisme (supertankers) et autres ports de haute mer (hub) qui tous deux augmenteraient l’exposition aux risques de catastrophes.

Un des outils d’une politique de transports soutenables

Pour Christian Garnier, Vice Président de France Nature Environnement et membre de la mission Mer et Littoral : « pour être un outil efficace de report modal, les autoroutes de la mer doivent s’insérer dans un politique plus globale visant à encourager le report du transport routier vers d’autres modes moins polluants et moins dégradants pour les infrastructures. .Une politique volontariste se donnant les moyens des ambitions affichées se mesurera à la hauteur des investissements financiers engagés.»

Pour Benoit Hartmann, porte parole de France Nature Environnement : « De telles infrastructures doivent tendre vers l’excellence sociale et environnementale. C’est à ce prix que se jugera l’avenir de ce mode de transport».
 Faut-il nous réjouir pour autant, pas si sur, comme je l'avais pressenti intuitivement, il y a fort à parier, que cette initiative, ne prendra pas beaucoup de part de marché aux transports routiers, et je ne suis pas le seul à le penser :
Extrait :
"Transporter des camions par mer entre le nord de l’Espagne et l’embouchure de la Loire est bien sûr une belle idée, à encourager. Cela permet d’éviter le point de passage souvent engorgé du pays Basque et répond aux exigences du développement durable. Mais la partie engagée par l’armateur GLD Atlantique, filiale de Louis Dreyfus armateurs et de l’italien Grimaldi, ne se jouera pas sur le tapis des intentions, aussi belles soient elles. C’est dans le secret des comptes d’exploitation des transporteurs que la ligne devra prouver sa pertinence. Or s’il est un domaine ou vouloir échapper à la réalité des coûts et des temps ne pardonne pas, c’est bien celui des transports internationaux. Autant donc ne pas trop se payer de mots : l’appellation qui lui est parfois donnée d’« autoroute de la mer » est mensongère. Imagine-t-on une autoroute terrestre ouverte trois fois par semaine à heure fixe ? Parler de « cabotage amélioré » comme le fait le maire de Saint-Nazaire, Joël Batteux est plus conforme à la réalité.......Rester au plus près des chiffres évite aussi de se laisser griser par les discours : 150 camions au plus partiront ou arriveront tous les deux jours du terminal de Montoir quand 9 000 passent quotidiennement la frontière à Biriatou......S’il n’y a pas d’avantage logistique, il faut offrir un avantage tarifaire majeur, et vice-versa. Ces avantages peuvent être le fruit de subventions, mais pour combien de temps si la compétitivité intrinsèque de la ligne ne prend pas le relais grâce à une fréquentation assidue ? Le délégué général adjoint de la Fédération nationale des transports routiers, Nicolas Paulissen, a pris date, en déclarant à l’AFP que « un navire tous les deux jours, c’est tout à fait insuffisant ; ce qui fera ou non le succès de ce type d’outil, c’est la fréquence et la régularité de la ligne ».

Deux facteurs pourraient transformer en succès l’essai de cette ligne maritime franco-espagnole alternative à la route : une forte hausse de prix du pétrole ou une fiscalité européenne faisant payer au transport terrestre son vrai coût environnemental."

 

Il y a peu notre gouvernement, a cèdé sous la pression et à eu la facheuse idée d'autoriser à la circulation sur nos routes des "super-camions" de plus de 40 Tonnes, certes dans un cadre très restrictif pour le moment,  mais de fait il a ouvert une porte.

Je ne doute pas un instant, que les transporteurs vont essayer de s'engouffrer dans cette porte, et de l'élargir !. 

 

J'imagine déjà l'effet que pourrait avoir un naufrage dans lequel sombrerait, d'un coup d'un seul l'équivalent marchandise de 150 camions, je ne donnerais dans ce cas guère de chance à ce type de transport, de s'en relever !.

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