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Exploitation du gaz non conventionnel, la sémantique au service de la manipulation !

Le poids des mots ...!

Cela me fait penser à la posture des hommes politiques, ou autres décideurs, qui lorsqu'ils se voient confrontés au refus de ce qu'ils voudraient faire changer, considèrent que si les choses ne sont pas acceptées, c'est qu'elles ont été mal comprises, donc mal expliquées, et qu'il faut changer la manière de les aborder, pour trouver une autre forme de message pour parvenir à l'acceptation.

C'est aussi ce que chacun d'entre nous fait lorsqu'il se voit incompris ou mal compris, nous cherchons une autre manière d'expliquer notre point de vue, c'est naturel et légitime, mais..

À certains stades, cela tourne à la manipulation, et ce qui est effrayant c'est qu'avec certaines techniques de language, on peut parfois manipuler l'inconscient collectif en utlisant des termes et imageries bien étudiées, le 'greenwashing', est un exemple de ce genre de tentative de manipulation.

Les industriels savent parfaitement utiliser ces techniques, mais il sont parfois devancés dans leurs communications par d'autres communiquant, à l'exemple de ce qui se passe au sujet de la technique d'exploration et d'exploitation du gaz de schiste notamment, qui à été traduite du terme 'fracking' par 'fracturation', et les industriels aimeraient bien que ce terme maintenant connoté négativement disparaise au profit d'un autre qui 'adoucierait' l'image d'une technique qui elle ne changerait pas bien sûr !

Y parviendront-ils ?

a look

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/22/gaz-de-schiste-ne-dites-plus-fracturation-mais-massage-de-la-roche_1820407_3244.html

Extrait :

Christophe de Margerie, le PDG de Total, se pose la question. "Je suis fasciné par la manière dont le terme de "fracturation" a cristallisé les clivages. Aux Etats-Unis, on parle de massaging de la roche. C'est peut-être une idée ?", s'interrogeait-il dans un entretien au Monde, le 11 janvier.

"Le mot fracturation ne suffit pas à décrire toutes les technologies possibles,ajoutait quelques jours plus tard son homologue de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, devant la presse. Parler de "stimulation" de la roche, c'est déjà moins violent." Et de suggérer d'autres termes encore, comme "brumisation", dans l'espoir que le dossier soit réouvert...

En 2012, une étude publiée par l'université de Louisiane a effectivement montré que l'opposition à ces techniques était plus faible lorsque le mot "fracturation" était remplacé dans les sondages par des termes comme "injection à haute pression".

 

Je ne sais pas d'où le PDG de Total tient son expression de 'massage de la roche', mais forcement comme ça, ça passe mieux !

Allez, puisque la phrase complète qui m'est venu à l'esprit pour déclancher ce billet fini par '...le choc des photos', voici quelques photos :

 

 

 

3 photos de vues aériennes qui donnent une idée de l'emprise sur le territoire que propose l'industrie gazière lors du développement de la technique de 'massage de la roche' en terme 'Margerien' pour extraire et exploiter le gaz de schiste,toutes les taches blanches (j'aurais pu dire 'formes', mais ça sonne mieux comme ça !)sur ces photos sont des puits d'extractions. Il est très difficile de savoir vraiment quelle surface chaque puit peut forer 'horizontalement', car chaque cas est évidemment différent en fonction de la nature du sous sol, les chiffres proposés par Total qui me semblent déjà conséquent, voir ici sont bien en deça de ce qu'annonce une étude américaine, voir ici au point 2.2.2. page 14, mais si je comprends bien ce que dit une autre étude, on est loin dans la réalité de ces objectifs, en effet voici ce qui est affirmé :

'Richard Davies a suivi et analysé, grâce à de l’imagerie sismique tridimensionnelle, plusieurs milliers d’opérations de fracturation réalisées dans les schistes de Marcellus, Barnett, Woodford, Eagleford et Niobrara aux États-Unis. La plus longue fissure observée mesure 588 mètres, mais il s’agit d’une exception. En effet, moins d’un pour cent des fractures atteignent 350 mètres de long. La grande majorité d’entre elles ne dépassent même pas 250 mètres. Il semble donc raisonnable de placer les zones d’injection à plus de 600 mètres de strates fragiles.' Extrait de :

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/fracturation-hydraulique-une-distance-de-securite-de-600-m-requise_38435/   

Ce qui reviendrait à supposer que des têtes de puits seraient nécessaires tous les 600 mètres environ, dans la meilleure hypothèse, mais sans doute encore plus dans la majorité des cas, j'essai d'imaginer un paysage ponctué tous les 600 mètres au mieux d'un puits avec tous ses aménagements, et toutes les infrastructures nécessaires à leurs fonctionnement !

La Pologne se lance, c'est beaucoup plus proche de chez nous, et j'imagine que nous pourrons en avoir plus d'infos, que les dégats occasionnés seront visibles plus rapidement, et aussi que le rapprochement avec nos propres conditions de vie seront plus simples à établir, en souhaitant vraiment  toutefois, que mes craintes se voient mises à mal par une réalité moins effrayante que ce que je redoute.

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