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Crédits carbone = Porte ouverte aux pires malversations.

Ici c'est la Chine qui est fustigée, mais elle n'est certainement pas la seule !.

http://www.novethic.fr/novethic/entreprises/environnement/emissions_de_gaz_a_effet_de_serre/polemique_credits_carbone_chinois.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

Extrait :

"Des experts mandatés par l’ONU sont actuellement en train d’enquêter sur le cas de Dongyue, mais pas seulement. Au total, dix entreprises asiatiques sont dans le collimateur, dont sept Chinoises, deux Sud-coréennes et une Indienne. Toutes ont profité du MDP en produisant puis détruisant le gaz HFC-23.

Ce gaz est aussi connu sous le nom de fluoroform . Il est 11 700 fois plus nocif que le CO2, et les infrastructures industrielles de captage et de destruction sont rapidement devenues le premier vecteur de MDP dans le monde. On estime ainsi que la moitié du milliard de tonnes d'équivalent CO2 économisé grâce aux MDP entre 2004 et 2012 proviendra de la destruction du HFC-23. Un effet d’aubaine pour de nombreuses entreprises. Le prix payé pour la destruction du gaz serait en effet jusqu'à 70 fois supérieur au coût réel de l'opération, relève ainsi CDM Watch. Interrogé, le groupe Dongyue a démenti ces accusations et attend le résultat de l’enquête onusienne. Mais il y a fort à parier que rien ne sortira avant le sommet de Cancun.

On comprend mieux dès lors la bataille qui se joue en coulisses sur ces dossiers et notamment l’acharnement de la Chine à défendre ce système des crédits carbone. Le groupe Dongyue affiche des revenus annuels de 400 millions d’euros et on le sait proche des pouvoirs politiques chinois. Par ailleurs, la Chine est en train de se lancer sur le marché du trading de crédits carbone et vient d’inaugurer à Tianjin justement sa première plateforme d’achats et de ventes de crédits. Une bourse du CO2 qui sera suivie par deux autres en Chine d’ici 2012. Un commerce lucratif dans lequel la Chine entend jouer les premiers rôles. Ce scandale, s’il est avéré, s’ajoute à celui révélé au moment du sommet de Copenhague. A l’époque, les Nations unies avaient refusé d'intégrer une dizaine de projets de parcs éoliens chinois aux mécanismes de développement propre. L'institution soupçonnaient la Chine d'avoir manipulé certains prix pour apparaître compétitifs et bénéficier de subsides internationaux."

Le principe même de ces échanges, me semble aberrant, il ne peut qu'être un frein pour les gros pollueurs, qui s'en sortent ainsi, c'est un masque, qui permet de ne pas faire les choix, et les changements d'attitudes qui seraient vraiment nécessaires, si cette pratiques n'existait pas.

Un constat étonnant se fait jour par exemple en ce moment, où l'on découvre, qu'à elle seule "la crise" a réussi à tellement faire baisser les taux de CO2 émis en Europe, que le système se prend déjà les pieds dans le tapis, en effet il devrait mettre les industriels en nécessité d'acheter du "crédit carbone", or les voilà en situation d'en vendre, mais à qui ?, à d'autres industriels du nord moins efficaces et ou scrupuleux qui vont donc pouvoir continuer de polluer sans vergogne !.

Cela semble démontrer également que les taux admis, sont trop élevé, pour qu'ils soient atteint si facilement !.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/04/02/04016-20100402ARTFIG00011-les-industriels-europeens-sont-riches-de-credits-carbone-.php

Extrait :

"La crise est bonne pour l'atmosphère! Les chiffres publiés jeudi par la Commission européenne le confirment. En 2009, les 12 569 installations industrielles appartenant à l'UE soumises au système des quotas de carbone (CO2) ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre chuter de 11%.

Principale raison de cette meilleure performance écologique: la récession. Les industriels doivent chaque année rendre leur copie à Bruxelles le 31 mars, à savoir communiquer les chiffres de leurs émissions de CO2 dûment vérifiées. Crise oblige, des milliers d'usines ont émis moins de tonnes de CO2 que le plafond annuel qui leur a été alloué pour la période 2008-2012. Autrement dit, «il y a un énorme surplus de quotas», résume Emmanuel Fages, analyste du marché du CO2 chez Orbeo, filiale de la Société générale."

Les crédits carbones, sont déjà devenus un moyen de spéculations boursières, c'est à dire qu'il participent à leur tour à ce système capitaliste, qui n'a d'autre but, que de générer des profits.

http://www.lefigaro.fr/environnement/2009/10/31/01029-20091031ARTFIG00055-ne-en-2005-le-marche-du-co2-attire-deja-les-speculateurs-.php?xtref=http://www.google.fr/search%3Fq%3DN%25C3%25A9%2Ben%2B2005%252C%2Ble%2Bmarch%25C3%25A9%2Bdu%2BCO2%2Battire%2Bd%25C3%25A9j%25C3%25A0%2Bles%2Bsp%25C3%25A9culateurs%26ie%3Dutf-8%26oe%3Dutf-8%26aq%3Dt%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26client%3Dfirefox-a

Extrait :

"L'ancien premier ministre Michel Rocard, président de la commission d'experts sur la taxe carbone, reproche au marché du CO2 des «problèmes de spéculation». Le volume échangé étant limité (le plafond annuel est fixé par Bruxelles), les risques sont mineurs, tempère Stéphane Colin. Ce qui n'empêche pas les acteurs, à mesure que le marché perfectionne ses instruments, de trouver des ficelles pour faire de l'argent sur le carbone en misant sur la différence de prix de divers produits financiers disponibles.

Christian de Perthuis, spécialiste reconnu de l'économie du carbone auprès de la Caisse des dépôts et de l'université Paris-Dauphine, dans un bilan de la première phase du marché européen (2005-2007), estimait que la Bourse européenne aurait épargné à l'atmosphère de 50 à 100 millions de tonnes par an. Le prix élevé du carbone en 2005-2006 (jusqu'à 30 € la tonne) aurait incité certains industriels à accélérer leurs investissements «verts». Par la suite, le prix du CO2 s'est effondré pratiquement à zéro en 2007, dernière année de la phase expérimentale. Les permis d'émettre généreusement distribués s'étaient révélés supérieurs aux rejets réels, il n'y avait plus d'acheteurs.............L'efficacité écologique des systèmes de permis échangeables reste âprement débattue, mais la Bourse européenne du carbone va se «financiariser», assure Serge Harry, de Bluenext. «Banques et “fonds carbone”  vont y jouer un rôle croissant. Le CO2 va devenir un actif comme un autre.»"


Alors bien sur ils sont vantés, et plébiscités pour les apports financiers qu'ils généreraient aux pays en voie de développement, mais là non plus tout n'est sans risque.

"Le Monde" avait diffusé un article à ce sujet qui bien qu'un peu ancien reste selon moi tout à fait d'actualité, et exprime bien les questionnements, les inadaptations, les difficultés de calcul, les risques de ne pas atteindre les vrais buts escomptés. Cet article évoquait le lien "crédit carbone" et "forêt", mais les mêmes réflexions peuvent-être élargies à d'autres secteurs :

http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/10/echange-foret-contre-credit-carbone_1277298_1270066.html

Extrait :

"Le potentiel de stockage des forêts concernées par le programme du WWF-Action carbone se situerait entre 60 et 70 millions de tonnes eq. CO2. Mais combien, précisément, seraient conservées par les efforts des milliers de villageois qui bordent ces zones ? "On ne peut pas vendre un produit sans savoir ce que l'on a en stock !" s'exclame Romuald Vaudry, coordinateur du projet pour Action carbone."Des estimations existent déjà pour Madagascar, mais elles sont basées sur les modèles des forêts amazoniennes ou du bassin du Congo. Les tonnages par hectare sont surévalués", explique-t-il........Les efforts déployés pour chiffrer la séquestration carbone de ces forêts seront pourtant vains si les causes de leur disparition ne sont pas résolues. "Le carbone doit rester stocké pendant des décennies ! La propriété de la terre est un enjeu majeur. Ici, nous tentons de montrer que, lorsque les communautés locales ont des garanties, elles sont capables de gérer durablement la forêt", souligne Guillermo Castilleja, directeur de la conservation du WWF International. Le défi consiste à rendre les villageois à la fois responsables et bénéficiaires de la protection.......Mais des inquiétudes planent déjà. "Même si nous arrivons à établir un marché carbone pour la forêt, les questions vont se poser immédiatement : comment sera réparti l'argent des crédits ?" interroge Guillermo Castilleja. Si les crédits en question correspondaient à des projets spécifiques, comment être assuré que les habitants de la zone concernée n'iront pas pratiquer la culture sur brûlis à quelques kilomètres de là ?.........A l'inverse, si les crédits étaient établis à l'échelle du pays, comment être assuré que les bénéfices en reviendraient bien aux communautés concernées ?.

 Comme dans tous les domaines, les choses, ont d'abord été établie pour générer du commerce, sans réfléchir suffisamment l'immense complexité induite et tous les détournements possibles.

La nature et les pauvres ne gagnent rien dans cette histoire !.

 

 

 

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