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Centrales nucléaires, après 30 ans, on joue les prolongations.

La France ne va pas déroger à la tendance mondiale, tout simplement, parce que, les alternatives ne sont pas, en l'état actuel des choses, en mesure de compenser, les besoins actuels, et futurs de production d'électricité.

Cela n'a rien d'étonnant, puisque, La gouvernance Française, est obnubilée par le nucléaire.

L'état français depuis des décennies s'est privé de la possibilité d'investir ailleurs, tant les coûts liés à la production d'électricité par les nucléaire, sont abyssaux.

Ces coûts sont déjà prohibitifs, cela avant même, qu'on ai mené, ne serait-ce qu'une expérience aboutie de "démantèlement", et que l'on ai à ce jours, aucune technique réellement éprouvée, et garantie, de gestion des déchets sur le très long termes.

Voici comment l'on nous présente les choses, du côté du nucléaire :

   http://energie.sia-conseil.com/20090929-parc-nucleaire-francais-entre-prolongations-et-renouvellements/

Extrait :

"Pour la centrale de Tricastin, qui a soufflé sa trentième bougie cette année, un accord de principe a été donné pour prolonger de 10 ans l’exploitation. L’ASN a validé cet accord pour 34 réacteurs de 900 MW en précisant qu’elle devra mener une étude plus approfondie réacteur par réacteur. Cette « révision des 10 000 kilomètres », comme le dit Alain Peckre, directeur de Tricastin, est observée de très près par les autres centrales. En effet, l’âge moyen des centrales nucléaires en France est de 23 ans et demi, ce qui est jeune comparé au parc nucléaire mondial mais qui signifie que d’autres centrales devront bientôt aussi subir la visite des 30 ans. Dans d’autres pays, les centrales nucléaires, généralement plus âgées, ont déjà obtenu des autorisations de prolongation. Comme le montre le schéma ci-dessous, la parc français ne figure pas forcément au banc des vétérans.

Age moyen des parcs électronucléaires nationnaux
Source : Les Echos
Cliquer sur l’image pour agrandir

Ainsi, aux Etats-Unis et en Suède, des autorisations ont déjà été obtenues afin que les centrales en exploitation atteignent une durée de vie de 60 ans. Ces décisions pourraient fortement intéresser la France qui songe à atteindre cette durée pour ses centrales. EDF a cependant précisé que les centrales ne seraient pas toutes concernées et que la moyenne d’exploitation devrait tourner autour de 53 ans.

Renouvellements et prolongations : une affaire financière et environnementale

Les enjeux financiers, règlementaires et environnementaux de ces prolongations poussent EDF à se préparer rigoureusement à toutes les opérations de contrôles. A horizon 2017-2020, si les réacteurs les plus anciens ne peuvent pas être prolongés au delà de 40 ans, compte tenu de la puissance nécessaire à renouveler et des délais, un recours à des cycles combinés à gaz sera nécessaire, mais devra être limité en raison de nos engagements environnementaux. Au-delà de 2020, tout en continuant d’investir dans l’énergie verte afin de diversifier notre mix énergétique, il sera nécessaire d’avoir un nouveau modèle de centrale, comme l’EPR, pour renouveler notre parc actuel. Ceci sera d’ailleurs d’autant plus facile à mettre en œuvre qu’EDF a pu elle-même tester un ou plusieurs démonstrateurs.

En termes d’investissements, le prolongement de 20 ans des centrales nucléaires pourrait coûter 400 millions d’euros à l’électricien, soit 10 fois moins qu’un réacteur EPR. Ce processus est donc primordial afin de lisser les investissements et de préparer une meilleure diversification du bouquet énergétique en France. La construction de nouveaux réacteurs, type EPR, sera bien sûr au centre des discussions pour rajeunir le parc et garder notre indépendance énergétique mais se pose aussi la question de la part qui sera accordée au développement de l’électricité de pointe, à l’agrandissement du parc hydraulique et d’autres énergies renouvelables : éolien, photovoltaïque, etc."

 

Dois-je vous rappeler, que dans tous les cas de figures, les coûts annoncés, sont toujours revus à la hausse, et pas des petites hausses !.

 

Voici une article, qui exprime bien l'autre regard, celui que je partage, sur cette situation :

 

"Strasbourg, le 2 juillet 2010

 

(En réponse à l'article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace en date du 26 juin 2010)


 

 

Lettre ouverte à Monsieur Henri Proglio, PDG d'Electricité de France, président du Conseil d'Administration de Véolia.

Six mois après votre nomination à la tête d'EDF, vous êtes venu en Alsace vous pencher sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim, et au-delà sur l'avenir de la filière nucléaire française.

Vous nous annoncez que Fessenheim "a vocation à toujours contribuer, dans les dix années qui viennent, à la production nucléaire française". Vous évoquez même une prolongation des centrales françaises de 20 ans. C'est oublier un peu vite que seule l'Autorité de Sûreté Nucléaire est habilitée à prendre cette décision, et qu'elle ne la prendra qu'en 2011, même si la centrale a déjà redémarré… Très péniblement d'ailleurs, puisqu'il a fallu plus d'un mois et pas moins de 5 incidents pour redémarrer effectivement ce vieux réacteur !

Sans vouloir faire de "comptabilité centrale par centrale", vous estimez à 600 millions d'euros par tranche le coût de l'extension de la durée de vie… Mais faites le compte, monsieur le PDG : à 600 millions par tranche, cela représente quelques 34 milliards d'euros pour les 58 tranches actuelles : quasiment la totalité des dettes d'EDF à ce jour… Milliards qu'il vous faudrait dépenser lors des visites décennales, qui vont s'étaler entre aujourd'hui et 2026, trentième anniversaire de la dernière centrale nucléaire française. Mais qui voulez-vous tromper, Monsieur Proglio? Vous savez pertinemment que EDF n'aura jamais les moyens d'investir de telles sommes, alors que l'EPR explose déjà ses coûts de construction. Vous savez peut-être que pour certaines centrales, 600 millions seront largement insuffisants : le changement des générateurs de vapeur - réclamé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire suite aux fissures détectées… à Fessenheim - représente à lui seul entre 150 et 200 millions par tranche. Et il ne s'agit pas de "modernisation", mais d'une réparation indispensable.

Vous savez aussi que vous ne prenez pas grand risque à promettre une telle manne pour moderniser le parc nucléaire français : d'ici 2027, qui se souviendra encore de cette promesse? A la tête d'EDF depuis à peine 6 mois, vous aurez bien vite pris le pli des promesses impossibles à tenir. Ou des francs mensonges : Alsaciens, nous n'oublierons pas facilement qu'en 1986, le nuage de Chernobyl s'était arrêté sur le Rhin. Certains coins des Vosges s'en souviennent encore… Vieille habitude dans le nucléaire français.

Vous savez aussi que vous inaugurez bien mal cette promesse : pour la tranche 1 de Fessenheim, 64 millions d'euros auraient suffit à redonner un coup de jeune à cette vieille centrale, dont le taux d'incidents est le plus fort de France (plus de 4 fois la moyenne nationale), centrale stigmatisée même par l'Autorité de Sûreté Nucléaire dans ses rapports annuels comme étant l'une des moins sûres du pays. Mais peut-être n'avez-vous pas encore eu le temps de vous informer complètement ?

Vous auriez dû prendre le temps d'étudier un minimum le dossier, au lieu de répéter ce qu'EDF prétend dans ses documents de propagande, lorsqu'elle affirme que la centrale de Fessenheim "produit 70% de l'électricité alsacienne" : depuis une dizaine d'année, le chiffre réel est plus proche de 50%.... En 2009, la centrale de Fessenheim aura produit 8,7 TWh, il faut remonter à … 1992 pour avoir une production aussi faible. Mais tant qu'à invoquer la production d'électricité de la centrale alsacienne, saviez-vous, monsieur Proglio, que cette centrale a été conçue pour fournir au réseau 11,72 Twh par an (documents officiels d'EDF en 1976). Saviez-vous que ce chiffre n'a été atteint que 4 fois en trente ans (1984, 1986, 2001, 2005) ? Informez-vous, Monsieur Proglio, et souvenez-vous que la méthode Coué n'est pas une bonne vision de l'avenir, même en Alsace…

Vous nous parlez du démantèlement des centrales, Monsieur Proglio. Vous annoncez une provision de 10 milliards d'euros pour ce faire. Ignorez-vous que même la commission des finances du Sénat met en doute la sincérité de vos comptes ? Pensez-vous faire mieux que vos homologues de l'étranger, qui estiment que le coût du démantèlement est grosso modo équivalent à celui de la construction, ce qui nous amènerait à quelques 150 milliards d'euros ? Mais peut-être faudrait-il commencer par démanteler avant de savoir ce que cela coûte. Le réacteur 1 de Chinon attend depuis 1973, celui de Brennilis est à l'arrêt depuis 1985, pour n'en citer que 2 sur la dizaine de réacteurs en attente de démantèlement. Alors, avant d'avancer n'importe quel chiffre, étayez-le sur un démantèlement réel…. Et puisque personne dans le monde ne sait encore démanteler une centrale nucléaire, pensez donc à la proposition que nous avions faite et qui date de 2004 : faire de la centrale de Fessenheim arrêtée le premier laboratoire mondial concernant le démantèlement de réacteurs. Au moins, cette centrale pourra servir à quelque chose, au lieu d'engloutir les millions d'euros en pure perte.

Vous allez même jusqu'à annoncer que sous votre direction, la France continuera à produire 97% de son électricité par le nucléaire et l'hydraulique. Merci de nous donner encore une fois la preuve que le Grenelle de l'environnement, tant vanté par celui qui vous a nommé, ne correspond décidemment à rien. Mais tant qu'à parler d'énergie hydraulique, savez vous, monsieur le PDG, que la dernière centrale hydraulique sur le Rhin date de 1978? Que les 10 centrales hydrauliques du Rhin fonctionnent en continu, et sont depuis bien longtemps amorties, alors que la centrale nucléaire de Fessenheim peine à dépasser les 65% de disponibilité et court toujours après son retour sur investissement?

Vous parlez de "remettre à neuf" les centrales nucléaires françaises? Outre qu'il soit douteux que vous en ayez les moyens financiers, il peut être dangereux de moderniser n'importe comment. Si vous aviez regardé un tant soit peu le dossier de la plus vieille centrale française, vous auriez peut-être remarqué le nombre d'incidents dus à des "matériaux de remplacement non-conformes"… Il n'est pas simple de retrouver après 30 ans des pièces de rechange.

Si vous aviez lu le récent rapport du GSIEN (Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire) commandé par la Commission Locale d'Information de la centrale de Fessenheim à l'occasion de la troisième visite décennale, vous auriez pu y apprendre que "le rajeunissement de certains équipements risque de créer des conflits entre les technologies actuelles et celles des années 60-70".

Vous êtes l'illustration même de que le rapport du GSIEN met en exergue : "une dérive certaine de la culture de sûreté dont les causes ne sont pas explicites". Mais dans votre cas, il ne s'agit pas de dérive. Vous n'avez pas été nommé au poste que vous occupez pour changer les choses, pour mettre en place une nouvelle politique énergétique d'avenir. Vous êtes là pour poursuivre l'œuvre de vos prédécesseurs : tenter de continuer coûte que coûte cette aventure commencée en 1970, et qui nous mène droit dans le mur, technologique, financier mais aussi social. Et comme par le passé, dans une absolue opacité, à coup de demi-vérités, de promesses non tenues, d'informations parcellaires, quand il ne s'agit pas de franche propagande.

Monsieur Proglio, vous êtes probablement un expert, il vous manque encore de savoir de quoi vous parlez. Revenez en Alsace, si vous en avez le courage, pour voir que le nucléaire, ce n'est pas qu'une affaire de cabinets. C'est la vie et l'avenir de toute une région qui est en cause.

 

Jean-Marie Brom
Rémi Verdet

Association STOP TRANSPORTS – HALTE AU NUCLEAIRE
Réseau "SORTIR DU NUCLEAIRE"

 

Un retour sur l'article de "Sia-Conseil"

Ceci afin de pointer un regard sur un fait qui me semble révélateur, de l'aveuglement dans lequel on évolue.

A la fin de cette article, il est stipulé ceci :

(1) Selon lesoir, les émissions carbones du nucléaire sont estimées à 66 gCO2/kWh pour une exploitation de 30 ans. 38% de ces émissions sont dues à l’extraction du minerai, 18% au démantèlement, 17% à l’exploitation, 15% au stockage des déchets et 12% à la construction de la centrale

Une première remarque, il est maintenant d'usage de tout calculer et présenter en fonction des "émissions carbones", comme si plus rien d'autre n'avait d'importance, alors on occulte, les pollutions, les dégradations de l'environnement, les impacts sur la santé, etc etc....

Ceci dit,

1- 38% des émissions seraient dû à l'extraction : Dans la mesure, ou ces extractions ont lieux dans d'autres pays, il y a fort à parier, que toutes les incidences réelles, ne sont pas prisent en compte, ce premier chiffres est donc probablement fort contestable. Au passage, au cas ou cela serait encore nécessaire à certain, j'en profite pour rappeler, que l'un des arguments des pro-nucléaire parle d'autonomie énergétique : toute la matière première, est exportée, nous sommes totalement tributaires de minerais, que nous importons, ça c'est un vrai gage d'autonomie !.

2- 18% serait dû au "démantèlement", au quoi !?...le démantèlement n'en est  qu'aux balbutiements, il n'est encore, qu'au stade de projets, que l'on repousse, et que l'on repousse, et que l'on repousse, preuve en est encore donnée !.

3- 17% liés à l'exploitation, ok, mais quand on exploite quoi ? : la totalité du parc en parfait état de marche, ou quand près de 20% de ce parc est arrêté pour diverses raisons, dont certaines tellement inavouables, que l'opacité la plus totale est exercée !.

4- 15% générés par le stockage des déchets, alors là ils ne manquent pas d'air !

Stockages des déchets: pendant des décennies, les déchets ont finis dans des fûts largués en mers, plus récemment, ils étaient expédiés en Russie, et là, laissés à l'air libre, en proie au dépérissement inexorable, à l'abandon ( en principe maintenant, les déchets ne seront plus expédiés en Russie, mais alors ou ?). (Ah oui c'est vrai, une partie d'entre-eux pourraient se retrouver dans des produits de consommation !, si si renseignez-vous !). 

5- 12% pour la construction de la centrale, en fonction de quel coût, celui annoncé au départ, ou le coût final (bon ça c'est juste pour pousser le bouchon un peu trop loin, on sait tous qu'ils ne peuvent pas nous mentir à ce sujet là, ce serait impensable, n'est-ce pas !, hein ils peuvent pas nous mentir, hein rassurer moi !) 

 

On va ou là comme ça ?. 

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