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BP, c'est pas moi, c'est l'autre !.

Rien n'était plus prévisible, et sans doute en partie justifié, que cette tentative de "déresponsabilisation", "dépénalisation" que BP va maintenant mettre sur le devant de la scène.

 http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Maree-noire-BP-insiste-sur-des-responsabilites-partagees?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%253A+Goodplanetinfo+%2528Les+D%25C3%25A9p%25C3%25AAches+GoodPlanet.info+%2529

Extrait :

"Une cause unique n'est pas à l'origine de la tragédie du puits Macondo. C'est plutôt une série d'erreurs impliquant plusieurs parties qui a conduit à l'explosion et à l'incendie ayant provoqué la mort de 11 personnes et une pollution majeure" dans le golfe du Mexique en avril, a affirmé BP dans un communiqué.

Les décisions "prises par plusieurs compagnies et équipes de travail" sont en cause, impliquant de nombreux facteurs humains et techniques, insiste le communiqué diffusé à Londres en même temps que les conclusions de l'enquête.

Cette enquête, menée par le chef de la sécurité du groupe Mark Bly, est considérée comme un élément essentiel de la future stratégie de défense de BP face aux poursuites engagées contre la compagnie aux Etats-Unis."

http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-bp-accident-deepwater-10977.php4#xtor=EPR-1

Extrait :

"Sur la base de cette enquête, l'équipe de recherche a proposé un total de 25 recommandations conçues pour empêcher qu'un tel accident ne se répète. Pour BP, ce rapport est surtout un bouclier contre la machine judiciaire et les poursuites engagées à la suite de la catastrophe."

 

Je dois dire, que ce qui m'avais le plus étonné, c'est au contraire cette étonnante posture qu'avait pris BP, cette attitude de semblant d'acceptation très rapide, sans doute, uniquement de façade, qu'avait feint ses dirigeants, lorsque très rapidement, et sans diagnostique réel suffisant, BP avait été "désigné" responsable et coupable.

 

Je n'émet ici aucun doute sur la responsabilité et la culpabilité de toute la chaîne de commandement de "British Petroleum", elle est d'ailleurs déjà avérée :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Maree-noire-BP-se-dedouane-malgre-l-evidence_3637-1504232_actu.Htm

Extrait :

"Deepwater Horizon est entrée en action sur le puits Macondo le 6 février 2010, pour une campagne estimée à 51 jours, à raison de 500 000 dollars par jour (390 000 €). Lorsque survient l'explosion, le 20 avril, le forage a accumulé 43 jours de retard sur le calendrier prévisionnel : un surcoût d'au moins 21 millions de dollars.

Alors ? « BP a systématiquement choisi des procédures risquées afin de réduire les coûts et de gagner du temps »,constate Waxman, le meilleur limier du congrès américain, surnommé « l'Eliott Ness du Capitole ».

Un document interne à la compagnie préconise, par exemple, de doubler le tubage métallique du puits d'un liner. Cette épaisseur aurait amélioré l'étanchéité. BP choisit de s'en passer : 7 à 10 millions de dollars économisés.

Lorsque Halliburton conseille l'emploi de 21 centreurs afin d'assurer une épaisseur régulière de la conduite, BP refuse d'en installer plus de six. « Leur installation prendra dix heures. Je n'aime pas ça », tranche un cadre de la compagnie, dans un e-mail du 16 avril. Le même jour, un autre responsable admet le risque... et le balaie : « Qui s'en soucie ? ».

On renvoie les techniciens

Le matin du 20 avril, des techniciens de Schlumberger sont à pied d'oeuvre pour l'« échographie » du puits : une sonde que l'on descend pour vérifier le béton. Des irrégularités provoqueraient l'arrivée d'eau dans le puits et la corrosion du tube d'acier. L'opération doit durer neuf à douze heures ? On renvoie les techniciens.

D'autres étapes ont été sautées, BP refusant de remplir le forage d'une boue alourdie, au fur et à mesure du creusement, pour détecter la présence de poches de gaz, ou d'installer un manchon sur la tête du puits lors de la pose du tronçon final.

Le 17 juin, lorsque le patron de BP, Tony Hayward, a demandé de pouvoir mener des investigations supplémentaires, le député Waxman a répondu : « Pourquoi devrait-on se fier à BP pour mener l'enquête ? »"

 

Pourtant, comme on pouvait si attendre, BP cherche à partager les frais, c'est sur que leur intérêt à réussir à faire endosser une part de responsabilité à d'autres acteurs de la marée noire est grand, il est très probablement justifié, peut-être même "juste".

En effet il y a fort à parier, que si on y regarde de près, les autres aussi ont dû prendre des décisions et des mesures, visant aux économies, aux gains de temps, c'est notre société de profit rapide qui veut cela, qui en est l'essence, alors ce sera sans surprises, que la responsabilité sera "partagée".

 

Ce que BP va surtout vouloir obtenir, en se défendant bec et ongles, c'est, de ne pas être jugés pour "faute grave" . 

 

Ce que je crains surtout à travers cela, c'est le temps, ce temps qu'il va falloir pour établir les parts de responsabilités, la dilution dans le temps de ce que je considère la "nécessaire indignation".

Il y en a eu d'autres "épandages" de pétrole sur les côtes, combien, et "à combien" ont été condamnés les pollueurs ?.

Les condamnations ont été bien en deçà de ce qui était espéré, bien en deçà de ce qui était nécessaire, comme dans toute forme de catastrophe d'ailleurs.

Je me demande si le temps qui passe, ne dessert pas la justice, en éloignant sensitivement des faits, des douleurs, des souffrances endurées, des pollutions provoquées, des terres ruinées, comme çi le temps qui passe servait de filtre réducteur, comme çi le temps qui passe minimisait  par le fait que les émotions liées, soient atténuées, amoindris.

J'en suis même parfois à me demander, si cela n'a pas été parfaitement compris par les juristes, qui utilisent ce facteur "temps".

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