Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Azote organique vs azote minérale, la méthanisation, oui mais pour quel équilibre ?

Le gouvernement se lance donc dans une orientation, que je crois interressante, à conditions que plusieurs achoppements soient évités à tout pris.

On peut craindre déjà que ceux qui prioritairement aient l'envie et les moyens d'investir dans la méthanisation, soient ceux qui déjà sont par ailleurs les accapareurs de subventions et ou les plus intensivement expensifs dans leurs pratiques d'une agriculture intensive et productiviste.

Cette activité à terme ne pourrait-elle pas paradoxalement amoindrir la volonté de réduire les effluents, car il faudra 'valoriser' les méthaniseurs, il y a donc là un grand danger !

Les réticenses d'assos comme FNE et la Confédération paysane, m'incitent à beaucoup de prudence dans cette optique, et comme toujours on en apprend beaucoup plus en hésitant pas à prendre le temps de lire les commentaires, qui apportent différents éclairages, et possibles contre-arguments utiles à la réflexion :

a look

http://www.actu-environnement.com/ae/news/methanisation-algues-vertes-directive-nitrates-elevage-18180.php4#xtor=ES-6

Extraits :

Vendredi 29 mars, Dephine Batho, ministre de l'Ecologie, et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, ont présenté un plan "Energie Méthanisation Autonomie Azote" (EMAA). Objectif ? "Développer en France, à l'horizon 2020, 1.000 méthaniseurs à la ferme", avancent les ministères ajoutant qu'il "mobilisera 2 milliards d'euros d'investissement et permettra de créer environ 2.000 emplois pérennes". Fin 2012, il y avait 90 unités de méthanisation agricole en France et le rythme des nouveaux projets est de 70 par an depuis 2011. Le plan EMAA vise un quasi-doublement de ce rythme avec 130 nouveaux projets par an entre 2013 et 2020.

Le plan doit permettre de "développer un « modèle français de la méthanisation agricole » pour faire de la méthanisation agricole collective de taille intermédiaire un complément de revenus pour les exploitations agricoles, en valorisant l'azote et en favorisant le développement de plus d'énergies renouvelables ancrées dans les territoires, dans une perspective d'agriculture durable et de transition énergétique et écologique", synthétisela présentation du plan. (...) Le plan prévoit enfin que le Programme investissement d'avenir soutienne la création d'une filière nationale d'équipements de méthanisation et de valorisation des digestats, afin de structurer la filière. Les équipements de méthanisation agricole seront donc inclus dans le prochain appel à manifestation d'intérêt (AMI) de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sur la valorisation des déchets et les appels à projets "structuration de filières" seront mobilisés. (...)

Ce plan "risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments", déplore la Confédération paysanne qui craint que "des activités annexes [de méthanisation puissent] vite devenir principales". Même crainte pour France Nature Environnement (FNE) qui juge que "l'agriculture ne doit pas être un sous-produit d'une politique énergétique".

Un autre point soulevé par la Confédération paysanne concerne la composition de la biomasse méthanisée. "C'est en y ajoutant des sources riches en carbone que le processus de méthanisation est le plus efficace", explique le syndicat agricole qui rappelle que "cela se passe massivement en Allemagne qui incorpore plus d'un million d'hectares de maïs dans les digesteurs".

Il y a fort à parier qu'on va en reparler de ce plan, et que les avis seront très partagés.

Il y a une autre réflexion/question qui s'impose à moi, dans cette optique, combien de collectifs de riverains vont se constituer pour militet contre l'implantation de ces méthaniseurs non loin de chez eux ?

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article