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Après BP, Shell qui déverse son pétrole dans la delta du Niger, va affronter la justice !.

La "pire marée noire" n'est peut-être pas celle qu'on croit, le Delta du Niger n'est plus une étendu d'eau, c'est une étendu de pétrole parsemée d'eau, et les terres environnantes ne sont pas mieux loties, cette situation incroyable est le résultat non pas d'une fuite de pétrole, comme c'est généralement le cas, mais l'addition d'une multitude de fuites, et bien que cette état de fait ne soit pas récent, loin de là, puisque les premières fuites constatées, date semble-t'il d'une cinquantaine d'année, elle n'est pourtant pas aussi médiatisée que ne l'a été celle du "Golf du Mexique".

D'une ampleur incomparable, elle ne fait pas la "une" des journaux, est-ce parce que cela se passe en Afrique, sans doute que cette situation géographique et géo-politique a son importance, à moins que ce ne soit parce qu'elle a ceci de particulier, qu'elle résulte parfois de sabotages, perpétrés par la population locale, !?  :

http://www.cyberpresse.ca/opinions/201008/19/01-4308046-delta-du-niger-une-tragedie-permanente.php

Extrait :

À 9000 km au sud-est du golfe du Mexique, une marée noire permanente détruit la vie des 30 millions d'habitants du delta du Niger, au sud du Nigéria. Depuis 1958, plus de 13 millions de barils de pétrole, soit deux milliards de litres, ont été déversés dans cette zone géographique. En ordre de grandeur, cela représente 10 fois la marée noire du golfe du Mexique et 40 fois l'Exxon-Valdez. C'est donc grosso modo la catastrophe de l'Exxon-Valdez qui se déroule chaque année depuis 50 ans dans le delta du Niger sans que l'opinion publique mondiale ne s'en émeuve.

Si le delta du Niger est la zone qui a connu la plus forte augmentation du nombre de barils produits en haute mer lors des 20 dernières années, les fuites en cause proviennent pour l'essentiel d'oléoducs terrestres. Le niveau de contamination n'est pas pour autant moins important que dans le golfe du Mexique: toute l'économie locale a été ruinée par 7000 fuites, provenant de 600 points d'extraction et créant 2000 sites de grandes pollutions.

Dans un rapport publié il y a tout juste un an, Amnistie internationale, une organisation non gouvernementale, insiste sur les conséquences humaines de la catastrophe: l'eau et les terres étant complètement souillées, l'agriculture et la pêche - principales ressources économiques hors pétrole - sont désormais impossibles.

La principale compagnie en cause, Shell, se défend en évoquant l'importance du vandalisme dont elle est victime. Selon la compagnie pétrolière, 98% des fuites seraient dues à des actes de sabotage et de vol consistant à percer les oléoducs. Il est vrai que la situation du delta du Niger est exceptionnelle puisque Shell - présente dans une centaine de pays - totalise 40% de ses fuites dans cette zone. Par ailleurs, la région du sud est traditionnellement sécessionniste et de nombreuses milices organisent le vandalisme en encadrant les réseaux d'oléoducs, ce qui rend difficile le nettoyage des nappes de pétrole. Mais compte tenu du coût du renouvellement du réseau d'oléoducs et de la rente pétrolière de 40 milliards de dollars qui revient à l'État nigérian, les compagnies pétrolières et le pouvoir central ont plutôt intérêt à jouer le statu quo.

a look

http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/bakassipetrole

Cette carte date un peu mais elle donne une idée de la situation.


Cette situation invraisemblable ne peut pas durer, les choses commencent à bouger, mais le combat va être certainement très long :

http://www.rnw.nl/afrique/article/le-delta-du-niger-lindignation-dune-deputee-neerlandaise

Extrait :

 Une situation complexe

Ancienne militante au service d´organisations non gouvernementales, Mme Dikkers a déclaré à Radio Nederland que sa visite l´a aidée à comprendre la complexité de la situation tout en « nuançant » l´image qu´elle s´était faite de la région du Delta. Elle regrette presque, a-t-elle confié, l´époque de son militantisme « quand les entreprises étaient méchantes et les ONG étaient gentilles. »
Le 26 janvier prochain, des organisations défendant la cause de l´environnement, des droits humanitaires et de recherches scientifiques et des représentants de la Royal Dutch Shell, qui est la principale compagnie pétrolière présente dans le Delta du Niger seront questionnées par des parlementaires néerlandais. Le but de l´enquête parlementaire est de trouver le responsable des importants ravages environnementaux de cette région de l´Ouest africain.

"Un esprit ouvert"

Sjoera Dikkers a l´intention de prendre part aux débats avec un « esprit ouvert ».
"Je reste objective. J´ai constaté toutefois que Shell ne fait pas assez d´efforts et je remarque aussi que le gouvernement n´est pas coopératif. Bien au contraire, ils aggravent les choses ! La majorité de ceux qui exploitent illégalement le pétrole sont protégés par l´armée, signe de l´implication de nombreux fonctionnaires gouvernementaux qui tirent d´énormes sommes de ces activités."

"Les données manquent de fiabilité et chacun vous raconte sa version personnelle de l´histoire," ajoute-t-elle. "Il me faut donc absorber le tout pour me faire une image intégrale et tirer mes propres conclusions."

La déléguée travailliste (PvdA), qui précise qu´elle a payé son voyage de sa propre poche, a été précédée dans le Delta du Niger par une autre députée, membre de l´opposition elle aussi, Sharon Gesthuizen (du Parti socialiste). Les deux législatrices avouent que le survol des parties polluées de la région d´Ogoni et les propos des agriculteurs selon lesquels les déversements de pétrole les empêchent de cultiver leurs champs, les avaient impressionnées.

Le parlement néerlandais peut-il faire la différence ?
Sjoera Dikkers : "J´aimerais pouvoir dire oui, mais je ne suis qu´une minuscule partie de la solution. Si nous pouvions mettre fin à la dévastation du Delta du Niger en faisant pression sur Shell et sur l´administration régionale, ce serait merveilleux."

Amnesty International et les "Amis de la terre", se lancent dans une bataille juridique :

http://www.journaldelenvironnement.net/article/delta-du-niger-les-accusations-pleuvent-sur-shell,21314

Extrait :

Amnesty International et les Amis de la terre ont porté plainte le 25 janvier contre le pétrolier Shell, accusé de pollution aux hydrocarbures dans le delta du Niger. « En publiant des informations discréditées et trompeuses visant à attribuer la responsabilité de la majeure partie de la pollution à ceux qui sabotent ses opérations dans le delta du Niger, Shell bafoue les principes directeurs de l'OCDE[1] à l'intention des entreprises multinationales », affirment les deux organisations dans uncommuniqué.

Depuis 50 ans, 9 à 13 millions de barils de pétrole souillent les sols, les eaux et la mangrove de la région pétrolifère du delta du Niger. Le Nigeria, 8e exportateur de pétrole au monde, a enregistré au moins 3.000 fuites de pétrole de 2006 à juin 2010, selon son ministre du pétrole John Odey.

 "Amnesty International", suit l'évolution de cette incroyable développement depuis un bon nombre d'année :

http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/exigeons_la_dignite/actions/nigeria_le_fleau_de_l_or_noir

Extrait :

AU NIGERIA: LES ENTREPRISES DOIVENT RENDRE DES COMPTES ! 

Le rapport d’Amnesty International, "Petroleum, Pollution and Poverty in the Niger Delta" met l’accent sur certaines des causes premières de la situation conflictuelle complexe rencontrée dans le delta du Niger.

Il souligne en particulier :

l’effet d’un demi-siècle de pollution et de dégradation de l’environnement sur les populations du delta ;
l’absence d’obligation effective de rendre des comptes et la non-réparation des dégâts infligés à l’environnement et aux droits humains ; 
enfin, le manque de transparence et d’information sur les impacts de l’industrie pétrolière. 

Ce sont des facteurs essentiels pour expliquer les conflits et la pauvreté dans le delta du Niger. 

"Amnesty International" et "Les Amis de la Terre" ont décidé d'agir sur un autre niveau

http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/acteurs_economiques/actualites/shell_est_accuse_d_avoir_publie_des_chiffres_mensongers_sur_les_deversements_de_petrole_au_nigeria

Extrait :

Amnesty International et Les Amis de la Terre ont porté plainte en bonne et due forme mardi 25 janvier contre le géant pétrolier Shell pour violation des Principes directeurs pour un comportement responsable des entreprises édictés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Les deux organisations affirment qu'en publiant des informations discréditées et trompeuses visant à attribuer la responsabilité de la majeure partie de la pollution à ceux qui sabotent ses opérations dans le delta du Niger, Shell bafoue les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. La plainte a été déposée auprès des points de contact nationaux de l'OCDE au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. 

Mercredi 26 janvier, Shell devra répondre aux questions des parlementaires néerlandais quant à son impact sur l'environnement et les droits humains au cours d'une session consacrée aux activités de l'entreprise au Nigeria. 

Au milieu des années 1990, Shell a reconnu qu'une grande partie de la pollution pétrolière dans le delta du Niger était due à ses propres défaillances. Aujourd'hui, l'entreprise montre du doigt les actes de sabotage imputables aux populations et aux criminels, citant des chiffres trompeurs qui entendent démontrer que pas moins de 98 % des déversements pétroliers sont dus à des actes de sabotage. 

Si le sabotage constitue un réel problème dans le delta du Niger, Amnesty International et Les Amis de la Terreremettent régulièrement en cause l'utilisation par Shell de ces chiffres, vivement critiqués par les groupes de défense de l'environnement et les habitants. Aux termes du droit nigérian, lorsque des déversements entrent dans la catégorie des fuites causées par sabotage, Shell n'est pas tenu pour responsable et, par conséquent, n'a pas à verser d'indemnités pour les dommages causés aux personnes ou à leurs moyens de subsistance. 

«Les chiffres avancés par Shell ne sont absolument pas crédibles, a indiqué Audrey Gaughran d'Amnesty International. La pollution par les hydrocarbures à grande échelle est un grave problème causé par l'industrie pétrolière dans le delta du Niger, mais le système d'enquêtes relatif aux déversements est tout sauf indépendant.»

 

 


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