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Manquerait-il à mon jardin sa part animale ? Pour être nourricière la terre à besoin d'amendements.

Manquerais-je aussi de "potes âgées" pour compléter mon inexpérience et les graves lacunes que je ne parviens pas combler même au fil des années, desquelles je ne retire qu'une seule fausse vérité transcrite dans la pensée collective en ces termes : je n'ai pas la main verte !

Progressivement convaincu que le meilleur travail qu'on puisse faire pour la terre était de la laisser tranquille, je l'ai traduit par ne plus rien ajouter à celle ci. Tout d'abord rien de mortifère chimiquement, mais rien non plus de prétendument nourricier sous forme d'engrais de synthèses, m'essayant au compost comme seul apport complémentaire, plus, de temps à autres, la couverture hivernale de plantes considérées comme des engrais verts, ensuite enfouies dans le sol sans retourner la terre mais juste en l'écartant et l'ouvrant avec des outils appropriés, résultats de cette approche, minables, décevants, décourageants.

Il est vrai que je n'ai pas la passion du jardin, je le concède (je jardine comme une nécessité, comme une forme de cohérence avec mes idées "écolos", sans avoir le "goût réel de ce rapport à la terre" peut-être suis-je plus profondément plus un cueilleur, qu'un cultivateur). Il est vrai que j'ai espéré longtemps qu'il suffisait de planter des graines pour que profusion en émane et que les récoltes soient abondantes, grave insuffisance. J'y consacre pourtant du temps, et beaucoup d'énergie à lutter manuellement et inefficacement contre ces herbes tenaces qui envahissent si rapidement et prioritairement cet espace que je voudrais consacré (J'ai d'ailleurs totalement perdu cette lutte dans tout le reste de l'espace herbée autour de ma maison qui serait maintenant plus facilement qualifiable de champs que de pelouse !) Sans doute aussi parce que, en parallèle de mon approche atypique du jardinage, je laisse le plus possible d'espace sans aucune intervention de ma part pour que la "nature reprenne ses droits", leitmotiv (idéologique !?) de cette non intervention.

Les conséquences sont un environnement genre friche par endroits, dont serait horrifiés la plupart des jardiniers, j'en retire pour l'instant une seule véritable satisfaction, l'impression, car elle n'est basée sur rien de quantifié, que la présence de pollinisateurs dans ces petits espaces libres, est en réelle augmentation notamment cette année, peut-être veux-je m'en convaincre pour y voir au moins un bénéfice ?

S'il me fallait nourrir en légume ma famille avec ces quelques 50 m²de potager je serais la cause de leur famine. Ces dernières années j'ai lorgné du côté de la permaculture sans véritablement en comprendre vraiment le concept, ce qui me semblait correspondre avec mes intuitions c'est donc cette approche du laisser faire, dérouté par contre par l'aspect complémentarité et mélange des différentes espèces de plantes, contrevenant totalement avec la conception du jardinage telle que la pratique encore mon père, comme son père avant, où tout est bien séparé, rangé et ordonnancé et qui lui obtient de bien meilleurs résultats que moi dans une terre qu'il considère pourtant moins propice.

Alors quoi ?   

N'ais-je pas oublié le côté animal qui manque à ce lopin de terre dont j'ai écarté tout apport de fumier ou autres adjonctions de matières organiques issues d'excréments, et l'apport en B. R. F. dont j'ignorais même l'importance, et que dire de mon inconnaissance totale de l'action des champignons ? 

"Il ne faut pas oublier que la bête est partie prenante de la fertilité des sols "

L'idée m'avait bien effleurée l'an derniers déjà, or je n'ai pas franchi le pas, ayant également de moins en moins de temps à consacrer à la préparation de ce sol que j'aimerais pourtant revitalisé parce que je le souhaiterais en retour nourricier.

Je ne découvre pas les Bourguignon, Claude et Lydia, mais je dois bien dire que je ne connais que superficiellement leur approche. Voilà que deux personnes de mon entourage sont allées les écouter près de chez nous et en reviennent enthousiasmées, au point qu'elle nous en font part à nous leurs comparses de diverses luttes. Et c'est une phrase dans un de leurs mails qui a déclenché ce billet. J'avais bien compris qu'ils avaient pour meilleurs amis les vers de terre, j'ai même été conquis par cette affection, ce qui m'a amené à cette acceptation qu'il fallait ne plus retourner la terre, vision en totale opposition avec ce que tous les jardiniers de ma famille et de mon entourage font, et qui me vaut leurs railleries, mais je me suis certainement lourdement trompé sur l'une des conclusions que j'avais cru possiblement conséquentes de ce qu'ils  préconisent. Non il ne suffit pas d'attendre que la nature fasse tout sans aucune intervention, si c'est vrai dans quelques conditions exceptionnelles, ça ne l'est pas dans une zone d'ancienne prairie entourée des céréales que sème mon voisin en agriculture intensive, et qui asperge ses semailles de divers phytosanitaires dont je récolte forcément des traces et retombées néfastes inévitables.

Je ne nourris pas ce sol, cette terre, comment puis-je espérer qu'elle me rende aliments et nutriments ?

Il me va falloir reconsidérer totalement mon approche du jardin, je le pressentais, j'en suis maintenant persuadé.

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