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Les "experts" peuvent-ils venir au secours des décideurs pour (ré)orienter les politiques face aux mouvements migratoires.

Je dois poser en introduction un fait, je ne suis pas plus confiant envers les scientifiques et les "experts" qu'envers les politiques, c'est dit.

Pour ce qui est des politiques, je crois qu'il n'y a pas grand besoin de démonstration, leurs choix sont dictés par une vue "court-termiste" et je le crois souvent électoraliste, et de plus en plus visiblement au service d'une minorité privilégiée, il n'est pas aussi aisé de définir ce qu'on pourrait bien reprocher aux chercheurs et aux experts !

Tout d'abord d'avoir été tou·te·s forgé·e·s à peut près dans les mêmes moules, bien que cela n'est sans doute vraiment pas un argument important tant cette affirmation je le sais est simpliste, le plus important étant je le crains que quelque soit la discipline, les chercheurs ont, il me semble, du mal à être impartiaux et vraiment objectifs quand à la réelle valeur de leurs "découvertes" ou "démonstrations", qui, bien que parcellaires et incomplètes, les amènent à des conclusions qu'ils prétendent parfois irrévocables et définitives, or le propre de la science est de savoir qu'on ne sait qu'une partie des choses.

Tout ceci est à prendre avec beaucoup, beaucoup de réserve, je veux juste dire par là que les points de vues que des scientifiques peuvent amener, peuvent manquer de l'essentiel. La très célèbre phrase "science sans conscience n'est que ruine ...de l'âme...de sens....de l'homme...de l'humanité", traduit sans doute mieux que mes mots ce qui doit toujours être présent dans nos esprits critiques, quand ils le sont encore, ou tel qu'ils devraient le (re)devenir s'il ne le sont plus ou pas !

300 chercheurs et experts proposent de créer un groupe international d'expertise sur les migrations et l'asile. Seront-ils entendus, je voudrais que ce soit le cas, malgré ce que j'ai pu écrire plus avant, car je suis persuadé par contre que plus on élargi les réflexions et les questionnements plus on peut s'approcher d'une décision éclairée.

Par delà les controverses, sur un ensemble de bases définies comme des "vérités" ce groupe espère et demande "une rupture franche avec les options politiques court-termistes et inadaptées qui sont aujourd'hui privilégiées et qui ont généré en Europe et au delà une crise politique et humanitaire sans précédant", selon leurs termes, quelles sont ces "vérités" ?

Les voici :

  • Les migrations prennent place majoritairement entre pays d’une même région et non entre continents. Les migrants sont majoritairement localisés dans les pays du Sud, en particulier les réfugiés.

  • Les 246 millions de migrants présents dans le monde ne représentent que 3,4 % de la population mondiale, beaucoup moins qu’au XIXe siècle, par exemple.

  • Les restrictions en matière de visa augmentent l’installation des migrants dans les pays d’accueil : au lieu de circuler entre leurs pays d’origine et d’accueil, les travailleurs migrants restent. L’impossibilité d’obtenir des visas pour les demandeurs d’asile depuis leur pays d’origine ou leurs premier pays d’exil augmente l’immigration clandestine et le recours aux passeurs.

  • La fermeture des frontières met à mal le rôle des migrants dans les échanges, les transferts financiers, la circulation des savoirs et des idées dans le monde

  • L’accès rapide au logement, à l’éducation, ainsi qu’au marché du travail légal améliore la qualité de l’intégration des migrants et des demandeurs d’asile, et réduit d’autant les inégalités et l’exclusion.

  • L’impact de l’immigration sur les dynamiques démographiques est limité, notamment parce que les comportements de fertilité des migrants convergent rapidement vers ceux des populations des pays d’accueil

  • Financer le développement des pays d’origine des migrants peut augmenter l’émigration : la relation entre migration et développement est de fait beaucoup plus complexe que ne le laissent penser les discours et politiques publiques contemporains.

  • L’effet de l’immigration sur le marché du travail et la croissance économique dans les sociétés d’accueil est globalement neutre ou positif ; il dépend largement des contextes et conjonctures économiques dans lesquels la migration prend place, de la mobilité de tous les travailleurs, et des politiques de régulation à l’œuvre.

Je ne suis pas surpris par la majorité des affirmations de ce constat, que je partage donc en majeure partie, avec tout de même une certaine incompréhension, concernant le septième point lorsqu'il est dit que la relation entre migration et développement est de fait très complexe et que contrairement à ce que je croyais pouvoir penser, financer le développement des pays d'origine des migrants, peut augmenter l'émigration ? J'avoue être surpris par cette affirmation, même si je pense percevoir quelques raisons qui pourraient expliquer un tel phénomène qui rebat, il faut tout de même l'avouer, certains des arguments que je croyais pouvoir défendre sans hésitations. Je vais devoir m'informer mieux à ce sujet pour comprendre ce qui permet d'en faire une "vérité établie". Mais être globalement d'accord avec le constat ne signifie pas que les mesures correctives qui en découleront ou pourraient en découler correspondront ou correspondraient à ce que j'en espère moi, et ce que je pense être les bonnes options à envisager.

Saurons-nous donc un jour si les recommandations d'un tel groupe correspondraient à ce que je projette, rien n'est moins sûr, car les décideurs politiques me surprendraient s'il acceptaient de prendre le risque d'être mis en cause et désavoués.

Si toutefois, ils, (les politiques) me surprenaient en acceptant et en laissant se créer un tel groupe pour en recevoir des préconisations, ne feraient-ils pas comme d'ordinaire lorsqu'un travail contrevient à leurs propres visions ou choix, le décrédibiliser ou l'enterrer ?

 

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