Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mais où donc commence la violence ?

Est-elle ou il violent·e celui ou celle qu'on désigne comme tel·le ?

Jamais je ne m'étais autant interrogé sur ce qu'est la violence que depuis que j'ai participé à un week-end de formation à "l'action non violente". J'ai déjà évoqué à quel point cette question me taraude et comment j'ai été interpellé il y a quelques temps lorsqu'une personne que j'apprécie m'opposa un argument auquel je ne m'attendais pas vraiment. C'était à la suite des actions  en 2015 des "faucheurs de chaises" d'ANV COP21, Bizi !, Attac, Les Amis de la terre et du Syndicat Sud Solidaires Finances publiques, je défendais leur méthode lorsque qu'il m'objecta qu'il considérait qu'il y avait une forme de violence pour les employé·e·s et les client·e·s présent·e·s au moment des faits dans ce type d'intrusion et d'imposition d'une démarche quand bien même elle s'exerçait (ce qui restait à prouver) sans heurts et sans échauffourées !

Je dois avouer que je ne situe pas le curseur d'apparition de la violence à ce niveau là enfin tant que je peux être assuré qu'il n'y a pas une pression psychologique appuyée exercée sur une personne qui par exemple ne voudrait pas accepter la situation et s'opposerait de toute sa conviction à ce geste ce qui j'en conviens peut parfaitement être le cas de l'un ou l'une de celles et ceux qui ont eu à vivre ces moments.

Alors quoi !? 

Toute opposition serait-elle alors une forme de violence envers celle ou celui à qui on l'adresse ? La dresse ?

Il va sans dire que j'ai depuis longtemps compris que certaines violences, verbales ou psychologiques ou de situations, peuvent être, au moins aussi, sinon plus, traumatisantes que certaines violences physiques, est-ce pour autant qu'il ne serait plus possible de se confronter et de se contredire sans être taxable de "violence" potentielle tant les mots ou les intentions peuvent être ressenties par la personne à qui ont s'oppose comme violentes ?

Cette catégorisation de "violence" devient un argument "politique" et "social" et "sociétal" tant pour les autorités instituées que pour les opposants, est-ce légitime et justifié ?

Je suis de celles et ceux qui évoquent et accusent "la violence des institutions" ou "la violence de la société marchande et productiviste/consumériste" à laquelle il devient de fait "légitime" et "justifié" de s'opposer en retour, en réponse, en conséquence, lorsque d'autres établissent que la seule violence émane de celles et ceux qui s'insurgent et se révoltent "sans raisons""recevables" ou sans "justifications" à l'ordre "démocratique" "républicain" établi auquel serait conféré un droit absolu d'établissement des règles et des droits à agir, être et penser.

Le droit de grève est maintenant traité comme "une prise en otage des usagers", sous entendu, même si ce n'est pas dit encore comme cela mais plus que suggéré, une "violence", tout en défendant soit-disant son droit constitutionnel.

Transgresser les "usages" ou "convenances" dans l'hémicycle de l'assemblée nationale par des "élus de la République" se voit puni alors même qu'aucun texte, si je ne m'abuse, n'en cadre vraiment les comportements, sinon des "usages" ou des "convenances", s'en écarter est tout de même jugé comme une forme de "violence" faite à "l'institution Républicaine", avec la condamnation qui en découle, à l'exemple de ce qui est arrivé à François Ruffin. 

L'élément déclencheur qui m'a amené à ce billet c'est ce troisième cas, qui vient s'ajouter à de nombreux autres qui pourraient aussi être évoqués, mais dresser une liste plus longue ne me parait ni nécessaire ni pertinent en l'occurence. Invoqué par les énergumènes qui sont intervenus du côté manche des battes de base-ball lors du matraquage orchestré par, ou pour le moins accompagné par, l'autorité de la Fac de Droit dans laquelle ont été perpétré les faits à Montpellier. L'une des raisons invoquées, je dirais, opinion personnelle, le prétexte, rapportée par les journalistes qui les ont interrogés est le suivant : "Le blocage de la faculté est un acte violent". 

Les plus faibles, j'oserais même parler de "victimes" se voient par retournement de valeurs accusées par les plus forts, celles et ceux qui sont en réalité les autorités aux commandes ou au pouvoir d'être "la violence originelle" de la situation, leur réfutant, leur soustrayant alors toute légitimité, tout bien fondé à être en droit de répondre à une situation contraire agressive.  

Comme de la poule ou de l’œuf laquelle des "violences" a-t-elle émané de l'autre ?

Nous en sommes arrivés à une dénégation totale de l'intransigeance arbitraire que l'ont peut même qualifier d'autoritarisme des "dirigeants", qu'ils soient "élus", "nommés", "placés" ou "auto-proclamés" leur déniant tout excès, toute violence contre laquelle ont serait en droit de se défendre, pour faire porter la cause première à celle ou celui qui se débat pour sortir de l'emprise de ses "patron", "chefs", "maîtres".

Mais où donc commence la "violence" ? 

Je me et je vous pose la question !

Et je me suis fait violence pour ne pas faire trop long, mais j'ai pas encore vraiment gagné cette bataille là !

Et je me suis fait violence pour ne pas faire trop long, mais j'ai pas encore vraiment gagné cette bataille là !

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article