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Le droit des minorités agissantes à ne pas être d'accord leur accorde-t-il le droit d'opposition au non choix des majorités silencieuses ?

Oui, milles fois oui et sans conteste à mon avis, le droit de s'opposer est selon moi un droit inaliénable, irréfutable, ce qui n'est pas toujours irrévocable par contre, à mon sens, ce sont les arguments qui motivent certaines oppositions, et c'est là que ça devient beaucoup plus compliqué.

Je m'oppose à de nombreux sujets à des projets pourtant considérés par beaucoup comme nécessaires et bons pour certaines visions ou "prétendues avancés" de la société. Le principe démocratique que je défends parce que je pense qu'il devrait-être le moins pire des systèmes de gouvernances, voudrait qu'on donne raison à la majorité, sauf que dans les faits, même quand il est appliqué avec le moins de distorsion possible, il ne tient compte que du choix de celles et ceux qui s'expriment, c'est déjà là l'un des grands achoppements de ce principe, quid en effet de l'opinion de celles et ceux qui se taisent ?

J'ai entendu cette semaine un professeur de Science-Po Paris, Frédéric Farah, défendre l'idée que le fondement de la démocratie est l'opposition des idées et des visions différentes voire contradictoires de la société que nous voulons les uns et les autres défendre, promouvoir et voir se mettre en oeuvre. 

Nos choix dépendent de "convictions" ou de "présupposés" ou de "certitudes" dont nous ne mesurons souvent pas les origines profondes, ils nous semblent toujours légitimes et supérieurs, puisque ce sont les nôtres, cela nous octroie t'il pour autant le droit de souhaiter les voir acceptés, voir imposés aux autres ?

Plus j'avance et plus je suis persuadé qu'il faut se battre pour les choses en quoi l'on croit, mais aussi, plus je suis intimement conscient que ces choix doivent être pesés, mesurés, éprouvés, et je m'y efforce, ce qui ne prouve pas bien entendu que j'y parvienne, je ne suis qu'un homme !

Nombreux sont les sujets sur lesquels j'exprime mon opposition aux choix de l'État principalement, aux orientations gouvernementales de droite puis de gauche, et plus encore maintenant de ce "milieu" qui mêlant soit disant les uns et les autres pour en faire finalement une annihilation, servent en réalité, d'après la compréhension que j'en ai, tout autre chose que le bien de la nation, l'intérêt commun et la défense des populations !

J'exprimais il y a peu ma compassion envers les habitants de Nantes et des environs qui vont devoir continuer de subir les affres de la présence et de l'activité de l'aéroport Nantes-Atlantique qui va donc être préservé et peut-être agrandi, bien que je défendais l'abandon de NDDL, je comprends leur combat, même si j'étais opposé à l'autre projet.

Cette après midi en visionnant cette vidéo, je ressentais de l'empathie envers cette femme qui exposait sa peur que je comprends, même si je pense qu'elle est fondée sur des craintes déraisonnables et instrumentalisées. Je voterais si l'opportunité m'en était offerte pour que cette commune ouvre ce centre d'accueil de demandeurs d'asile, j'entends tout de même et considère comme recevable cet l'argument et de questionnement de cette mère, faisant état d'une inquiétude véritable.

Je me suis inscris dans la lutte contre la volonté gouvernementale de relancer l'activité minière en France, pour autant je partage une vrai solidarité pour les populations des pays qui subissent actuellement les tourments des activités extractivistes et je soutiens leur lutte dès qu'elle prend forme et que j'en suis informé. Ils ont tout autant que nous le droit de considérer qu'ils n'ont pas à subir cela à notre place, alors que les produits qui émanent de ces activités nous sont principalement profitables.

Et puis cette après midi également j'ai été interpellé par un autre sujet pour lequel ma position première serait de défendre des projets qui permettraient à priori d'en finir avec l'énergie nucléaire et qui mettent en oeuvre des moyens de production les moins polluants possible, sauf que si je suis donc plutôt enclin à soutenir les projets éoliens lorsqu'ils sont bien étudiés et consenties par les populations, il en va tout autrement quand ces dernières sont outrepassées et niées par leur promoteurs. Alors je me trouve à nouveau confronté à un dilemme, comprendre et compatir avec ces populations lésées et au contact direct de conséquences et défendre tout de même les projets éoliens fondés et justifiés. Conséquences que je refuserais peut-être d'accepter si je les ressentais comme injustes et inappropriées à répondre à de vrais enjeux d'intérêt publique, ce qui semble bien être les arguments véridiques ou prétextés de ces populations confrontées en plus maintenant à la répression institutionnelle.

À travers ces quatre exemples qui font vraiment parti de mes sujets de préoccupation, je me vois écartelé, car les minorités, dont je fais souvent parti n'ont d'autres choix, comme je le revendique, d'user de tous les moyens qu'ils jugent acceptables et nécessaires pour faire entendre et admettre leurs positions.

Que je partage ou pas ces positions n'enlève rien au droit intrinsèque et légitime qui est le leur de s'opposer.

Comment donc trancher, puisque quelque soit le sujet, nous aurons je le crains toujours dans n'importe quel type de projet une minorité agissante le défendant, une autre tout aussi agissante s'y opposant, l'une et l'autre souvent tout aussi légitime à le faire et une majorité silencieuse qui faute de savoir ou de vouloir se positionner compte les coups ?

Dans le monde dont je rêve chaque individu est conscient de son importance politique et sociale et il l'assume en prenant position, mais c'est aussi parce qu'on lui en donne la possibilité vraiment et qu'il ne se sent pas le désir de s'y soustraire !

Mais ça c'est dans le monde de mes rêves !

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