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Quelle pression sur les entreprises par le pouvoir de la consommation? Illusoire à moins que!

On peut commettre de très graves erreur ou même véhiculer des contre-vérités ou tout au moins des arguments qui contredisent en fait le message que nous voulons véhiculer et transmettre par des petites négligences, des imperfections des amalgames, des non-dits etc.

Je ne suis sans doute pas très clair dans cet avant propos introductif, je vais essayer d'éclaircir cela en développant.

Commençons par un exemple, il m'arrive régulièrement de reporter nombres de maux sur les "entreprises" ou les "riches" ou les "décideurs" ou encore les "politiciens" etc, si globalement je considère effectivement que ce sont bien des groupes d'entités ou d'individus enclins à perpétrer des choix ou décider d'orientations que je désapprouve pour la plupart, ces termes globalisants sont une faute grave, la fusion d'ensembles virtuels en réalité, car hétérogènes, composites et variés, qui non seulement mériteraient que ces propos soient relativisés, mais portent des accusations injustes pour certain·e·s, et ce n'est absolument pas adéquat, voir totalement inacceptable.

Je m'efforce parfois, mais pas systématiquement, car cela demanderait à la fois une grande discipline et surtout des longueurs incessantes, de nuancer, de préciser que je n'englobe pas toutes ces entités ou ces individus ciblés globalement du fait de leurs positionnement dans le société ou les rapports sociaux et politiques, et que je sais qu'il ne faut en aucune manière, jamais, systématiser, or c'est pourtant bien ce qui peut transparaître parfois de mes écrits, contradictoirement à ce que je conçois pourtant de la diversité réelle.

Je ne considère donc pas toutes les entreprises comme prédatrices et gloutonnes, tous les riches comme esclavagistes et dominateurs, tous les décideurs comme des vendus aux banques et au capitalisme, tous les politiciens comme des serviteurs du système d'exploitation et n'espérant que leur réélection, mais avouez que c'est à peine exagéré! Bon je plaisante, je sais qu'il y a des entreprises saines qui cherchent vraiment à rendre service ou produire des biens essentiels et de bonne qualité, des riches qui partagent et investissent pour de bonnes causes, des décideurs qui cherchent vraiment l'intérêt général, et des politiciens intègres représentant du mieux qu'ils peuvent les citoyens lambda, je sais tout cela et je ne l'oublie pas (toujours!).

Quand je titre donc l'hypothèse d'une pression sur les entreprises, il s'agit de celles qui nous exploitent avec délice, qui pillent sans vergogne, qui trichent avec préméditation, qui polluent de manière consciente, pas celle de nos boulanger, du plombier, de nos artisans en général, de nos infirmier·e·s  libéraux et que sais-je encore comme autres entrepreneurs de petites et moyennes entreprises qui nous entoure, quoique parmi elles et eux...!!!

Je défends régulièrement l'hypothèse d'un immense pouvoir que nous devrions mettre œuvre qu'est celui de notre situation de consommateur, exhortant même pour certains cas particuliers au boycott, ils ne peuvent vendre que ce que nous sommes enclin à acheter, ce que nous ne consommerons pas ils cesseront de le produire et de le vendre, c'est simple vue comme ça, c'est véridique dans l'absolue, c'est imparable, mais c'est  en grande partie inexact!  Tout d'abord parce que pour que cela établisse un vrai rapport de force il faudrait que nous soyons une grande majorité à agir ainsi simultanément, et pas une extrême minorité comme c'est encore et sans doute pour encore longtemps le cas. Pour cette raison en fait, la plus facile à concevoir il me semble, on ne peut minoritairement qu'aboutir à une impasse, parce que ce que nous refuserons d'acheter, le sera probablement par d'autres, ici ou ailleurs.

Ce qui se fait jour également de manière de plus en plus visible c'est que de telles toiles ont été tissées, de telles liens d’interdépendances, de tels trusts tout azimut, autrefois cantonnés à certaines filières ou domaines de compétences, d'expertises de métiers ou de technologies, maintenant interconnectés parfois sans raisons apparentes, si ce n'est financières et lucratives! De ce fait, pour quantités de choses qui nous sont vraiment nécessaires, notion à interroger soit-dit en passant, ce que nous n'achèterions pas à l'un, nous l'achèterions à l'autre, autre qui est possiblement aux mains des mêmes dirigeants et mêmes destinataires de profits, aux mêmes bénéficiaires investisseurs et créanciers.

Créer des circuits parallèles, shunter le système, s'en extraire même, totalement ou en partie, c'est possible, enfin dans certaines conditions difficiles à mettre en pratique, et surtout réservés à, là aussi, une minorité de convaincus, de "marginaux" même si ce vocable n'est plus guère utilisé, d'expérimentateurs ou d'aventuriers. Cette solution est la plus radicale, la plus honnête aussi, la plus conséquente, la plus cohérente, elle serait ma préféré si ce choix la n'entraînait pas aussi des conséquences, auxquelles je ne peux plus souscrire totalement maintenant que j'en prends conscience.

Ces questions se sont imposées à moi ces derniers temps chaque fois que j'envisage de passer à autre chose, autre chose que cette vie plutôt ordinaire, même si déjà je tente d'en faire une vie qui tienne compte des autres, des conséquences de mes actes, une vie dont j'ai réduis de manière conséquente nombres de consommations superflues. Comment ignorer l'envers du décor ?

Comment pourrions nous influencer un système duquel nous nous sommes extrait?

Quelle aide apporter au plus démunis d'ici et d'ailleurs, celles et ceux des autres continents que nous avons pourtant participé à appauvrir et fragiliser, si nous nous excluons nous même du reste du monde et ainsi de capacité à en être informé, conscient, et donc potentiellement acteur de transformation pour les autres et pas seulement pour soi ?

Quelle solidarité si on ne fonctionne plus qu'en circuit court (donc en grande partie fermé)?

Quelle pression pourrions nous mettre alors sur des entreprises, celles que l'ont veut combattre, si elles savent par avance que nous sommes finalement tout compte fait en quelque sorte dans des univers parallèles?

Sauf à être illusoire et pour être crédible, je le répète, pour avoir la moindre chance d'aboutir une telle pression devrait être exercée par une quantité majeure de la population, pour ne pas dire une majorité de consommateurs lambda. Notre pouvoir de consommateur n'a de validité que si nous sommes dans le système de consommation, ou alors c'est la majorité qui doit en sortir, pour réduire ce système à néant, je crains qu'il ne puisse y avoir de demi-mesure.

Notre pouvoir de consommateur est donc ténu je le crains, raison de plus pour exhorter plus encore et encourager le plus possible, le plus grand nombre possible, à en prendre conscience, parce que minoritairement nous ne nous faisons que des illusions!

Quelle pression sur les entreprises par le pouvoir de la consommation? Illusoire à moins que!

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