Dérive autoritaire et répressive, allons nous vers la fin du droit d'opposition? Verra-t-on le bout du tunnel de luttes qui se Tende?

Publié le par Daniel JAGLINE djexreveur

L'éventail d'exemples et de cas de figure devient tellement large que je ne vais évoquer que quelques situations, en portant une attention toute particulière à l'une d'entre-elles alors même que c'est sans doute l'une des moins connues, et surtout la moins documentée.

D'autres que moi ont bien sûr un traitement beaucoup plus étayé de ce questionnement, qui n'en est en fait pour ma part plus un vraiment, tant tout concorde à démontrer que le droit de s'opposer à diverses situations n'est plus qu'à peine toléré, et encore!

La déclaration de 1789 établit au même rang que la liberté, la sûreté, le droit de propriété, et la résistance à l'oppression.

Je suis foncièrement et viscéralement contre la violence, même si parfois je peux en admettre la vitale urgence défensive.

Ceci étant dit, bien que cela serait pourtant prégnant je ne vais pas aborder dans ce post ce qui pourrait être bientôt considéré comme de la désobéissance civile, celle là même qui devient l'ultime résistance à l'oppression. Non, je vais m'en tenir à la cause, celle qui source les réactions citoyennes qui se voient consécutivement l'objet de répressions  autoritaires.

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue].»

Helder Camara (évêque Brésilien)

Je ne reviendrais pas sur la sur-utilisation de l'Etat d'urgence et ses dévoiements, les assignations à résidences, les interdictions de manifester, etc, la réponse policière excessive aux manifestations, contre la Loi travail notamment, ou contre certains projets imposés comme NDDL, mais je vais graduellement glisser d'un cas de figure devenu enjeu de société, pour aboutir à un exemple qui n'aurait sans doute droit qu'à la casse faits-divers s'il était traité dans les médias, pour essayer de démontrer à quel point, et à quel niveau de gravité nous en sommes arrivés en terme de sur-pression sur les revendications citoyennes.

Je commencerais pour cela en bas de la vallée de la Roya, pour finir au nord de celle ci, car voilà un territoire, peut-être même sujet d'expérimentations, au sein duquel se jouent divers coups sur l'échiquier autoritaire. 

Nous sommes passibles de nous voir accusés de non assistance à personnes en danger, et pourtant, venir en aide aux réfugiés/migrants/déplacés, est en passe de devenir un délit. Cédric Herrou, toutes celles et ceux qui comme lui au sud de cette vallée et ailleurs sur le territoire français, leurs viennent en aide, en savent quelque-chose, lui qui vient d'être arrêté (Mise à jour le 27/07/2017 Cédric Herrou est mis en examen, un pas de plus dans la criminalisation et la répression aveugle) peu de temps après que José Bové Député européen, venu l'accompagner pour se joindre aux 156 migrants allant déposer leurs demandes d'asile à Nice, était lui aussi ceinturé par un représentant des "force de (répression) l'ordre"!

Point n'est besoin d'être connu des tabloïdes pour être en proie à l'Etat policier qui s'assoit sur les plus fondamentales libertés, pour preuve l'incroyable intervention sur la voie publique de ces mêmes "forces de (répression) l'ordre" sur un autre territoire de lutte, Bure, si la musique adouci les mœurs, elle ne pacifie pas tout le monde, en tout cas pas les policiers, c'est pour votre sécurité ma petite dame!

Après ce grand écart tout au nord, revenons plus près, au nord du sud, au nord de cette vallée de la Roya, connue jusqu'ici pour la voie privilégiée, mais non royale, qu'elle est devenue pour les réfugiés/migrants/déplacés dont nous avons parlé plus avant. Peut-être auront-ils, comme pour traverser la Manche, l'espoir dans quelques temps, sauf si d'ici là la résistance citoyenne vient à bout de ce projet méconnu, (ce que je souhaite) de monter dans l'un de ces camions qui de plus en plus gros et nombreux seront susceptibles d'emprunter cette route vers le nord, en s'engouffrant dans le futur tunnel de Tende.

Passons rapidement sur les déboires actuels de la construction, qui s'ils sont révélateurs d'un autre aspect bien sombre et scandaleux de l'histoire pour revenir à nos marmottes, oui dans cette histoire là ce ne sont pas des moutons vous allez voir!

C'est dans un contexte particulier, qu'il m'a été donné de découvrir cette situation ce week-end au travers du témoignage de deux des co-rédacteurs du journal local autogéré et autofinancé "La marmotte déroutée".

La Vallée de la Roya précédemment paisible et tranquille est maintenant devenue le théâtre d'opérations militaires et policières  permanentes. Embusquées et ou positionnées par monts et par vaux les "forces de (répression) l'ordre" sur-numéraires et dispersées en divers lieux, se transformant même en sortes de check-point ou postes frontière délocalisés, sur-veillent à la sécurité des migrants... 

Ah ben non en fait! C'est pas celle des migrants qu'elle défend. 

Des habitants, alors, ah ben non, pas plus! 

Des marmottes alors, que neni, rien de cela, ce qu'ils défendent ce sont les intérêts de l'Etat, contre le passage des réfugiés/migrants/déplacés, contre celles et ceux qui leurs viennent en aide, et accessoirement le projet stratégiquement imposé de doublement du tunnel de Tende.

Comme je vous le disais, cette assertion n'est guère documentée, il vous faudra me croire sur parole, à moins que deux annonces, deux mois consécutifs, parus en mars et en avril, à la rubrique "Evènement en Roya-Bevera" sur cette gazette ne vous suffisent pour vous aider à ne pas me mettre en doute, il me semble qu'organiser des piques-niques contre la militarisation, le harcèlement des populations locales, et les délits de faciès à un check-point en particulier ne s'invente pas!

Voilà où nous en sommes!

Quelle est la prochaine étape?

Combien de temps nous reste-t-il avant d'en arriver à l'exercice d'une répression forte, qui pourrait prendre le chemin vers sa pire expression, après l'intimidation qui sévit déjà, mais dont on sent bien qu'elle ne semble pas leur suffire, quelle va être la prochaine étape?

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