Dissocier moyen de subsistance du travail rémunéré, une chimère ? Un trompe l'œil capitaliste ? Une émancipation du travail emprise ?

Publié le par Daniel JAGLINE djexreveur

Le travail ce devait-être la santé, cette partie de la maxime populaire ne fait plus sourire personne, ce devait-être aussi l'investissement consenti de chacun à la participation de la construction et de l'évolution de la société, du progrès et de la croissance, d'un accroissement de la richesse globale et de la redistribution de celle-ci par le salaire..., le travail rempli-t-il ce rôle encore ?

Pour une part se réduisant de mois en mois, on pourrait encore répondre que oui, mais un oui très relatif, car se dégradant de jours en jours, tant le travail est devenu rare et qu'il va se raréfier encore ! Tant le travail est devenu dure et ce durcissant de 49.3 en nouvelles lois travail.

Lorsque j'entendis parler pour la première fois du revenus de base, ma première réaction fut immédiatement positivement favorable, je crois qu'on aurait pu me dire n'importe quoi pour le remettre en cause que j'aurais tout balayé d'un revers de la main sans même accepter d'écouter le moindre argument, mais ça c'était avant ! Avant d'avoir eu le temps de prendre du recul et surtout d'avoir découvert que parler de "revenu de base" n'était pas la même chose que parler de "revenu de base", et encore moins que de parler de "salaire à vie".

Plusieurs visions et définitions du revenu de base cohabitent, s'entrechoquent, se mélangent, se corrompent, au point de rendre quasi illisible ce que de gauche et de droite, des libéraux aux progressistes, un éventail de plus en large, allant de mouvements citoyens aux économistes, des libertariens aux politiques de tous bord, même que pour le dernier des naïfs rien d'autre que de la suspicion ne devrait pouvoir s'instaurer.

Alors quoi ?

La solution pour se réapproprier nos destins passerait-elle vraiment par un revenu de base qui permettrait de se "déconnecter" du "travail/salariat" et d'échapper par la même à un avenir qui n'aurait sinon que la barbarie comme perspective, si l'on en croit l'analyse proposée ici !

Cette vision du revenu de base me heurte pour plusieurs raisons, les 500€ de la version d'essai, c'est brut ou après les 23% de charges uniques évoquées plus loin, qui plus bizarrement encore se transforment en 30% dans le développé vidéo de la même analyse, soit dans le pire des cas, 355€ net seulement ? Revenu bien pauvre quand on comprend qu'il serait encore inférieur pour les jeunes, et surtout quand on explique ensuite que tout en ayant gardé en place "sécurité sociale", indemnité chômage", et "caisse de retraite", il faudrait à minima 800€ pour que cette "base" soit suffisante, soit là aussi, dans le pire des cas, 616€ net qualifiés alors d'ambitieux !

Quid du capitalisme ultralibéral dont rien ne semble vouloir entraver la progression ?

Quid de la toute puissance des marchés ?

Quid de la pression de la finance internationale ?

Quid des manipulations bancaires, optimisations et évasions fiscales ?...

Etc !

Le "revenu de base" est la pièce maîtresse du projet capitaliste... ! Le couperet tombe, avertissement abrupt d'un autre dénonciateur des règles actuelles, Bernard Friot, lui ne tergiverse pas, le salaire à vie qu'il promeut est l'antithèse du revenu de base, j'ai eu du mal à le comprendre, je dois même admettre que je ne saisi pas encore clairement tout ce qu'il y a de diamétralement opposé sous des semblants de presque parenté.

Le travail selon Bernard Friot, prend une autre valeur; dans la version "revenu de base", je ne vois pas comment qui que ce soit, sauf une minorité volontaire, pourrait s'exclure du besoin à l'emploi rémunéré pour compléter cette "base" clairement insuffisante, ce qui sous entend donc que le travail rémunérateur resterait une nécessité pour tous or il n'y en a plus pour tous et cela ne va aller qu'en se dégradant, ça tout les analystes le reconnaissent. Ce premier point me semble déjà très délicat, mais que dire de la question qui se pose alors pour les jeunes qui ne sont pas encore en age de travailler, des trop agés qui ne pourront plus travailler, des handicapés, qui seront pour certains toujours excluent de la capacité à travailler de manière permanente, devront-ils tous celles et ceux là se satisfaire de cette maigre solde ?

Salaire à vie vs revenu de base, un seul des deux à les faveurs du système capitaliste libéral, et pour moi rien que ça le rend suspect.

 

 

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