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Des mots qui deviennent des maux, des phrases qui déphasent, des intentions qui virent aux tensions, la communication qui communie l'action.

« Entre :
- ce que je pense,
- ce que je veux dire,
- ce que je crois dire,
- ce que je dis,
- ce que vous avez envie d'entendre,
- ce que vous croyez entendre,
- ce que vous entendez,
- ce que vous avez envie de comprendre,
- ce que vous interprétez
- et ce que vous comprenez,...

Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer...

Mais essayons quand-même ! »
Extrait du livres « Le père de nos pères » de Bernard WERBER

Le père de nos pères - Bernard Werber

Cette forme de définition de la communication parsème déjà ce blog, elle fait partie de ces affirmations qui un jours ont été attribuées à l'un plus qu'à un autre qui pourtant à exprimé la même chose sans que cela soit connu et répertorié laissant dans l'inconnu son récepteur, je crois que nous n'inventons ou construisons aucune idée nouvelle, elles sont là toutes, nous les captons et les recevons ou pas selon une infinité complexe de conditions qui me dépassent très largement.

S'agit-il d'une conscience/connaissance collective qui telle des ondes se propagerait, ondoierait en permanence à disposition de tout élément sensoriel réceptif à son impulsion propre qui par une somme de circonstances établirait alors une connexion, je ne peux évidemment que le supposer, c'est en tout cas une description de l'idée que je m'en fais.

Serait-ce là ce que Victor Hugo et de nombreux autres sans doutes auraient per(re)çu?

A moins que chaque individu soit totalement indépendant de tout ce qui l'entoure et ne construit sa propre analyse qu'à travers ses propres compétences, connaissances, expériences, ce qui me semble encore bien plus improbable et inconcevable, il y en a pourtant pour revendiquer être unique vecteur de ce que sont nommées des découvertes ou compréhensions de tous ordres où à qui l'on attribut la "paternité" d'une idée ou d'une invention, alors qu'on sait qu'ailleurs, tantôt plus tôt, parfois au même moment, constamment juste un peu plus tard, éclot une matérialisation identique ou si proche qu'elle devrait recevoir la même considération, mais alors comment rendre "valorisable" puisque ce monde à été ainsi orienté, ce qui devrait être accepté comme une "richesse" universelle!

Je n'ai aucune culture, une intelligence sans doute moyenne et pourtant mon esprit reçoit pour acquis ou comprise des idées attribuées à de grands chercheurs ou penseurs, de qui je découvre un jours qu'ils ont exprimé et à qui l'on attribue ce que j'étais en mesure de percevoir aussi, parfois même avec les mêmes mots, je ne vois pas d'autre hypothèse que celle de cette conscience/connaissance collective.

Mais je m'égare encore en digression, l'un des maux dont je suis affublé lorsque certains mots me dispersent, et là sans doute l'évocation de la communication m'a-t'elle embarquée j'imagine, alors revenons à nos mots/maux, dont j'apprends à prendre conscience que la compréhension qu'on en a peut radicalement influer sur la possibilité de communiquer avec et à leurs sujets!

La  métamorphose ou le dévoiement du sens des mots, que j'avoue ne pas toujours comprendre dans leur sens originel et étymologique, est à la genèse de nombre de nos maux.

Cette "dénaturation" de certains mots souvent conséquente à une mauvaise compréhension, et je suis bien placé pour en témoigner, est donc fréquemment involontaire, mais elle est aussi dans de nombreux cas le fruit d'un détournement volontaire, d'une usurpation manigancée. On en arrive ainsi à lire des choses comme celle qui ce matin à déclenché chez moi l'envie de réagir à un tel réaménagement de sens, et ce n'est bien sûr qu'un exemple. Le sujet, un nouveau plan autoroutier que vient d'édicter l'Etat français, deuxième phase inattendue, contradictoire avec toutes les déclarations jouxtant la COP21 dont on a compris maintenant le leurre manichéen. Alors que la construction de certains ouvrages, ici en l'occurrence des aménagements routiers, est en réalité une destruction pure et simple d'une nature déjà tant abîmée, des agencements induits pour ne pas rompre totalement certaines continuités écologiques minimales, deviennent des "écoponts", qualifiés "d'aménagements environnementaux", des écoponts pour des voitures vertes, permettant une mobilité durable, qui finirait par rendre écologiques nos déplacements à les écouter!

Cette "réaction" m'amène à lier cette réflexion avec un autre article lu hier et qui, bien que le fil/lien soit ténu je vous l'accorde, me semble en mesure de faire un pont avec une autre évocation de l'influence du poids des mots et donc des idées qu'ils veulent véhiculer. Mots qui mal pesés et employés, compromettent le sens et donc la portée qu'on souhaiterait leur voir engendrer. Le regard de linguiste porté sur les différentes tendances de communication pour tenter d'éveiller nos contemporains à prendre conscience des incidences écologiques et environnementales de nos attitudes et actions quotidiennes, de nos constructions sociétales, éclaire et situe les différents discours et approches. Je me reconnais dans cette mouvance catastrophiste, non pas que ce soit une volonté, mais parce que c'est l'avenir que je crois voir se dessiner, j'en admets l'insupportable acceptation pour qui n'en appréhende pas la potentielle échéance, mais j'ai beau tenter de me raisonner, où que je porte mes regards, je  perçois le danger grandissant et hypothétiquement insurmontable!

Les mots que j'utilise seraient-il donc les maux que je m'inflige et que j'inflige aux autres?

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