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Mieux "gérer" les migrants, qui pourrait être contre? Quand les migrations deviennent séquestrations, qui est encore d'accord? Processus de Khartoum, anti-migration "illégale" ou "indésirable"?

Mieux "gérer" les migrants, c'est mieux les repousser où les empêcher de partir, Ils sont tellement mieux chez eux! Voilà comment on pourrait presque résumer la philosophie du Processus de Khartoum,  gestion des routes migratoires en provenance de la Corne de l’Afrique. 

L'idée qu'ils devraient être mieux chez eux, n'est certes pas à évacuer, sans y porter une attention vraiment importante. Oui ce qui devrait être la priorité des priorités serait, il me semble, que chacun puisse être libre et paisiblement en capacité de poursuivre son existence sur sa terre natale "s'il le souhaite". C'est aussi mais pour des raisons en tout point différentes, que certains de nos concitoyens utilisent cet argument difficilement contestable, en omettant toutefois de considérer quelques aspects fondamentaux de ce que sous-entend et dresse comme conditions ce point de vue. J'en connais qui en font une argutie faussement humaniste, dont la vrai traduction tronque insupportablement de nombreuses exigences, et qui réduit tel que je le comprends ce raisonnement à un raccourci en totale opposition et qui dit ceci en réalité : chacun poursuive son existence sur sa terre natale, ignorant déjà par ces raccourcis ce que poursuivre signifie.

Interprétation toute personnelle qui ne vaut évidemment que pour moi, mais que j'adresse à certains vociférants prétendus défenseurs autoproclamés d'une vrai considération de l'étranger, ils se reconnaîtrons peut-être s'ils passent par là.

Ce sujet est épineux, on peut parfois maladroitement, provoquer une incompréhension ou une interprétation de sa véritable pensée, par des erreurs d'expressions, et de mots mal compris, le fait de parler de "migrants" est déjà contesté par certain.e.s, c'est pourtant celui que j'emploi, j'ai bien pensé pendant quelques temps parler de nouveaux arrivants, mais force est de constater qu'en réalité le pourcentage de ces déplacés à vouloir vraiment s'arrêter chez nous est faible, la plupart ne sont là que de passage, et souhaitent poursuivre au plus vite leur fuite, vers d'autres horizons qui leurs paraissent plus accueillant, triste constatation quand on y réfléchi bien!

L'actualité en France baigne dans une atmosphère détestable par certains aspects, démontrant tout de même quand on y regarde bien un constat voilé bien plus encourageant, qui révèlent de manière patente, que les Français qui, anonymes ou se rendant visibles, s'expriment pour un accueil digne et humain, sont beaucoup plus nombreux que celles et ceux dont les propos sont pourtant relayés bien plus largement.

On se demande pourquoi ou pas!? À qui profite une médiatisation outrancière des cas d'opposition?

Ceci dit, ce que je veux évoquer ce jour ne se cantonne pas à la situation française dont on oublie souvent de dire qu'elle devrait-être toute autre si l'Etat assumait tout simplement ses responsabilités, le droit international, et ses engagements.

Rappeler aussi une vérité désagréable pour tous cette fois, le nombre infime de migrants sur le sol français, illégaux ou légaux, et par conséquent le nombre tout aussi infime de droits officiels accordés de maintien passager ou définitif sur le territoire. Ce nombre si faible pourtant qu'il génère tout de même des attitudes de rejets d'un côté, et qui font penser à d'autres, dont je fait partie, que la France devrait faire beaucoup plus au vue de sa responsabilité dans les causes géopolitiques et géostratégiques qui sont à l'origine de ces migrations forcées.

Mais la France et l'Europe ont fait un tout autre choix, nauséabond, qui consiste à externaliser au plus large les barrières et les murs pour fermer les portes aux chercheurs de refuges, allant même plus loin encore dans l'ignominie, consolider l'empêchement de ces victimes à s'extirper d'une situation de mise en danger permanente voir mortelle.

On appelle ce développement le "Processus de Khartoum", (texte officiel en anglais ici) étroitement lié au "Processus de Rabat" voir considéré comme une double appellation pour deux projets totalement imbriqués, et il y en a pour les considérer comme des processus de développement! Voilà pour les présentations officielles! Nous verrons plus loin que le sens de leurs développements à l'instar du sens que l'on peut donner au "développement" peut être perçu et interprété tout à fait différemment.

Outre que ces accords font porter aux pays frontaliers le poids des migrations de masses, et ses conséquences les plus dramatiques et insolubles, une autre facette de ces orientations est encore plus trouble, en effet le but ultime serait bien de bloquer si possible le départ même des migrants :

Concrètement l’objectif de l’Ue, avec le gouvernement italien au premier chef, est d’essayer de transférer nos frontières en Afrique du nord, sinon directement dans les pays de départ, en bloquant dès le départ tant les « migrants »

Dormirajamais.org

Mieux "gérer" les migrants, qui pourrait être contre? Quand les migrations deviennent séquestrations, qui est encore d'accord? Processus de Khartoum, anti-migration "illégale" ou "indésirable"?

Qu'est-ce que cela signifie vraiment, il s'agit d'envisager que des humains mis en danger devraient recevoir l'autorisation de leur bourreaux parfois pour quitter un territoire devenue invivable sans risques majeurs!

L'exemple de l'Erythrée cité ici, n'est qu'un exemple dont les conséquences sont reproductibles et reproduites dans de nombreux cas et de nombreux pays.

Cette situation n'est donc pas nouvelle, mais je la découvre pour ma part, j'imagine que je ne suis pas le seul.

Présenté à l'origine comme une nouvelle étape du "dialogue" Euro-Africain, ses incidences néfastes n'avaient pas tardé à être soulevées par l'AEDH (Association Européenne pour les Droits de l'Homme).

Il a fallu cet article pour que j'ouvre les yeux sur ce processus anti-migrants en réalité, ou tout au moins "anti migration non contrôlée". Des processus migratoires qui filtreraient de la source au pays d'arrivée. Pays destinataires qui ne seraient alors plus  pays d'accueil humanitaire, mais pays de développement, de cette immigration choisie sur des critères que seuls les pays d'assimilation, d'incorporation, de valorisation, engrangeraient au seul dessein profitable, laissant pour compte toutes celles et ceux encore plus démunis et fragilisés, qui resteraient enfermés dans leurs frontières prisons!

Quelle humanité!

 

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