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Mesure de l''acceptabilité sociale! Exercice démocratique de constat de l'opinion générale ou façonnage manipulatoire en vue d'orienter celle-ci?

Les réflexions que je porte à ce sujet ne sont pas nouvelles pour moi, mais elles s'intensifient, et m'ont permis de me forger une opinion. J'en suis arrivé à penser que la première démarche prépare et précède la seconde en cas de nécessité, je m'explique, lorsque après avoir sondé la réaction des populations les promoteurs de certaines orientations souhaitées constatent qu'ils se heurtent à une opposition conséquente voir majoritaire, deux choix s'offrent, l'un consiste en une reconnaissance de ce refus et l'abandon ou la révision de l'option envisagée, l'autre se manifeste par une tentative de modification non pas du projet, mais des éléments de compréhensions et d'examens portés sur le projet et qui font germer son inacceptation.

Ainsi de plus en plus couramment lorsque l'évocation d'acceptabilité sociale apparaît, et commence à être brandie, ne vous faite pas d'illusion, l'objectif final est bien de parvenir à l'établir, après l'avoir sondée, et aucunement d'en tenir compte et de la respecter!

Plusieurs exemples, m'ont amené à faire ce constat, tous les sujets de société peuvent en être l'objet, je l'ai déjà abordé en ce qui concerne le bétonnage, les nanotechnologies, les compteurs communicants, et dans de nombreux autres cas, la même analyse conclu au même résultat. Récemment encore j'en voyais la démonstration explicitée à propos de la relance des projets miniers en France, en effet dans le compte rendu du colloque "ISF  si la France redevenait une nation minière" l'un des intervenants dans le cadre de l'explication de la différence entre entreprises "Juniors" et entreprises "Seniors" dont il définie les rôles affirme ceci :

Dans la division entre juniors et majors, les juniors identifient des cibles potentielles à exploiter mais elles sont également actives pour rendre favorable l'acceptabilité sociale en faisant pression sur les populations et gèrent les conflits avec les riverains.

Il est donc communément admis et reconnu, que l'acceptabilité sociale est devenue un enjeu prioritaire, non pour en tenir compte, mais pour si possible l'obtenir dans un premier temps, la provoquer et l'obliger en second lieu, la contourner en dernier recours, l'imposition de la loi travail en à été une parfaite démonstration.

L'exemple du nucléaire et du potentiel risque inhérent à son exploitation, à la gestion de ses déchets, et surtout à l'hypothèse plausible du possible voir probable accident démontre que l'on passe parfois outre toute notion d'acceptabilité sociale, et qu'on élabore d'autres stratagèmes pour en faire fi de manière très directe et on ne peut plus visible sans tergiversations, ainsi dorénavant prépare-t-on l'opinion publique à l'acceptabilité sociale d'un tel scénario, si l'accident arrive, il va falloir vivre avec et s'adapter! Toute contestation est alors vaine. Il n'est alors même plus question de faire semblant de s'intéresser à la volonté de la population, sont déni volontaire est alors hissé au rang de cause nationale. le comble absolue de la démocratie.

Une phrase dans un article m'a interpellé aujourd'hui, elle est à l'origine de ce billet, des propos tenus si je comprends bien par un membre du  Cedra (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs) une allusion sans doute provoquée par d'autres propos préalablement proférés par un promoteur du nouveau projet contesté de création de site réservé aux déchets nucléaire et à leurs traitements, le projet Bison. Le cynisme démontré et rapporté ironiquement dans la réponse rapportée par le journaliste, étaye de manière dramatique la bassesse de certains protagonistes de l'atome et de ses conséquences, il reflète également le degré de considération que portent ces promoteurs du nucléaire à l'encontre des citoyens, et conforte l'analyse dont je vous ai fait part, l'acceptabilité sociale est une instrumentalisation pour nous berner, et nous manipuler.

« Si la Champagne a été ciblée pour l’implantation de poubelles nucléaires, c’est surtout pour les caractéristiques de sa population. Il y a plus de sangliers que d’habitants au km², ce qui explique la faible résistance. Et le niveau de la misère est tel qu’il facilite l’acceptabilité de tout projet. »

Le Républicain-Lorrain.

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