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Expositions aux phytosanitaires dangereux (pléonasme!), agriculteurs et travailleurs en première ligne, va-t-on les abandonner à leurs sorts?

Bien que je vive en zone rurale depuis mon enfance, je ne suis pas issu du milieux agricole, au plus grand regret de mon père qui toute sa vie à déploré ne pas avoir pu réunir les conditions pour s'orienter vers cette voie là. Il a dû se contenter de divers jardins pour assouvir sa soif de faire pousser légumes divers et travailler la terre. Beaucoup moins passionné, je m'y suis mis sur le tard, pas selon les mêmes méthodes, les siennes, d'abord très conventionnelles s'orientant plus récemment vers une diminution drastique des phytosanitaires qu'il a utilisé pendant la majeure partie de sa vie. De mon côté je n'en ai épandu qu'une infime quantité au tout début de mes premiers essais de jardin, voulant déjà m'éloigner du jardinage coutumier, j'aspire maintenant à permaculturer.

Sa santé ne semble pas avoir été atteinte par les effets les plus graves qui peuvent émaner de la chimie utilisée par les jardiniers, par contre ses voies respiratoires, elles, se souviennent des produits utilisés dans l'industrie du bois, particulièrement les bois exotiques et tous les traitements qu'ils subissent, et qu'endurent par conséquences également les humains à leurs contacts, il en supporte les contre-coups lui qui as travaillé toute sa vie dans cette industrie sur les lignes de fabrications.

De reconnaissance en maladie professionnelle il n'a pas bénéficié, heureusement les séquelles ne l'ont pas handicapé trop sérieusement, et il profite encore d'une retraite bien méritée, pendant laquelle il continue de jardiner encore, malgré un age avancé, et un affaiblissement physique qui commence à le contraindre à renoncer à ses activités préférées.

Tous n'ont pas bénéficié finalement de la chance qu'il a eu, mais il ne s'en rend pas bien compte, de ne pas vivre saisons après saisons en contact avec des produits d'une nocivité pourtant connue de leurs concepteurs, mais d'abord cachée, puis niée, pour finalement être minimisée, et enfin admise encore à demi mots, malgré l'étendue des maux qui pourtant en découlent.

Les conséquences néfastes longtemps ignorées, sont maintenant découvertes et avérées, mais encore parcellaires. Mais ce monde ne supporte pas qu'on remette en cause son paradigme, et ses méthodes imposées, enfin quand je dis ce monde, une minorité gouvernante de ce monde, celles et ceux à qui ces orientations profitent et rapportent vraiment!

Je ne suis pas tendre avec l'agriculture devenue industrielle, ni avec certains agriculteurs ou devrais-je dire entrepreneurs et opérateurs de la gestion agro-industrielle, mais j'en ai autant pour les aficionados des industries de toutes natures qui participent activement à perpétrer de grands dommages, et perpétuer une vision de croissance surproductive délétère.

Une nouvelle décision exécrable de nos gouvernants m'a amené à faire une recherche pour étayer le propos que je partage ici en réaction à cette triste et incompréhensible nouvelle. Prenons les éléments que j'ai choisi dans un ordre chronologique.

Bien avant mon premier repère, déjà des chercheurs avaient ouverts la voie vers la reconnaissance de conséquences majeures à l'utilisation de divers produits chimiques destinés, prétendument, à révolutionner favorablement les rendements agricoles, et la lutte contre les parasites et autres maladies qui affectent la bonne santé des plantes et végétaux.

2012, au Sénat une enquête, les éléments de réponses apportées décrivent la teneur de problèmes déjà patents. 

2013, une autre enquête APAChe de "Générations futures".  

2014, les milieux viticoles faces à une terrible réalité.

Depuis non seulement rien ne s'est arrangé, malgré un plan "Ecophyto" digne d'un "plan sur la comète" totalement inefficace, l'utilisation des phytosanitaires qui devait, tout le monde en est conscient et l'affirme, baisser, a en réalité augmenté, contrariant ainsi tous les pronostiques et toutes les attentes, sauf bien sûr celles de celles et ceux qui les conçoivent, les préconisent, et les vendent, à oui peut-être aussi celles et ceux qui aident à lutter contre leurs conséquences inavouables!

Alors que croyez vous que fassent les autorités pour faire valoir leur autorité, et inverser cette tendance contradictoire et paradoxale à toutes les attentes de la population et de l'intérêt général? Sévir, et chercher à établir une argumentation convaincante et irréfutable, pour étayer et prouver le bien-fondé des nécessaire changements profonds, en apportant pour cela les éléments à charges, études et recherches approfondies et diligentées par des organismes ou commissions dédiés, c'est ce que n'importe qui de censé ferait n'est-ce pas!

Eh bien non,! Les chercheurs destinés au projets de recherche s’intéressant à l’exposition aux pesticides des salariés  se voient refusé le financement d’une étude sur le sujet!?

On croit rêver, ou plus précisément cauchemarder! Abandonnés à leurs sorts, les victimes du monde agricole, le sont, plus encore, que ne le sont les salariés des industries, mais finalement quand on y regarde bien se sont tous les travailleurs, tous les plus fragiles et faibles, actifs ou pas, ou plus, ou pas encore, ou écartés, qui sont ainsi délaissés par les institutions, au profits d'autres intérêts!

Il est où le bien commun? Il est où l'intérêt général? Il est où le principe de précaution? Elle est où la protection des citoyens?

 

 

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