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En définitive, l'achoppement fondamental de l'humanité n'est-ce pas l'humain autocentré ? Et la solution ce même humain ?

En définitive, l'achoppement fondamental de l'humanité n'est-ce pas l'humain autocentré ? Et la solution ce même humain ?

Il y a quelques temps je fus interpellé et désarçonné face à l'affirmation d'une personne que je venais de rencontrer récemment, envers laquelle j'ai tout de suite senti qu'elle allait devenir pour moi un "échangeur d'idée", et un "partenaire de réflexion", ce qui se confirme depuis, moi je ne suis pas "humaniste", dressa-t-il sans ambage, lorsque, lors d'un tour de table de présentation, la parole lui fut donnée !

Moi qui venait juste avant de me présenter comme écologiste/humaniste/pacifiste (pour simplifier les choses, sans doute trop d'ailleurs), l'affirmation sonna tranchante et surprenante, d'autant plus que je la perçu comme répondant à mon positionnement déclaré juste avant. Dans ma vision de l'ordonnancement du monde et des types d'humains, un grain de sable venait de s'introduire dans les rouages de ma pensée simpliste, et souvent naïve j'en suis conscient.

Je connaissais déjà cette autre frange d'humains se définissant comme écologistes radicaux, et condamnant le spécisme de l'homme au détriment du reste de la nature qu'il pollue, viole et détruit, et bien que partageant en grande partie cette vision de l'évolution de l'humanité et de son action incontestablement néfaste, et répugnante je ne me reconnais pas et ne m'inscris pas vraiment dans cette dualité qui enverrait l'homme se faire éradiquer, pour libérer la terre de son cancer, j'ai certes pour l'humain une aversion certaine au constat de toutes ses exactions et tares, mais je suis convaincu que l'humain peut ne pas être ça, enfin pas que ça, même s'il est en partie ça aussi ! Sauf que là je compris instantanément que je n'avais pas affaire à ce type de position, et qu'il s'agissait de bien autre chose, quelque chose que je ne connaissait pas encore.

Pour ma part, Je suis convaincu que l'humanité, que l'humain peut développer une autre évolution qui le replacerai en symbiose dans son élément structurel et essentiel qu'est la nature dont il est une émanation et une expression.

Ceci étant dit, on en est pas là !

On en est même très éloigné, et je doute fort que nous en prenions véritablement le chemin, au point même que parfois, l'espérance d'un tel aboutissement m’apparaît bien illusoire et du domaine du mirage, ce qui tendrait à donner raison aux anti-spécistes qui n'entrevoient plus d'autres échappatoires que l'extinction de l'être destructeur qu'est l'humain, ça c'est quand je me laisse tomber dans ce piège qu'est celui de ne vouloir regarder que le côté sombre de la force, alors qu'il y a aussi un développement de l'humanité si brillant, et riche d'un "humanisme" constructif et respectueux de sa terre nourricière et des autres formes de vie qui l'habite.

je n'ai toujours pas appréhendé, ce que son affirmation sous-entendait, ce que ce "non humaniste" signifie pour celui qui depuis devient ce que j'avais pressenti en terme d'empêcheur de penser en rond. Les seules pistes qui se dessinent dans mon esprit torturé et tordu seraient que pour lui, soit l'humain n'aurait pas la capacité d'atteindre un niveau de conscience le hissant à l'état "d'humanité"en tant qu'entité, soit qu'il ne serait pas digne d'être considéré comme le centre de l'histoire, je finirais bien par percevoir au fil de nos échanges ce qui correspond à ce postulat ! Il est tout à fait possible d'ailleurs que je sois dans l'erreur totale quand à ma tentative de compréhension. C'est dans le sens de la seconde hypothèse que je commence moi même à m'inscrire, l'humain n'est pas le centre, il n'est pas ce autour de quoi tout le reste devrait graviter. Sa vanité est le ciment de sa perte, son orgueil le lit de son insignifiance s'il ne s'extrait pas de cette condition égocentrique qui l'aveugle et l'enchaîne.

L'humain est lui même, seul, cause de ses turpitudes, comme de ses accomplissements, or s'il n'hésite pas à revendiquer comme sienne les réussites les plus exemplaires, il lui convient mieux de faire porter à d'autres contingences ses échecs et ses défections. J'en suis à considérer que deux des grandes déresponsabilisations commisses par le genre humain et entretenues, parce ce qu'elles servent de nombreux intérêts, consistent à accuser les "systèmes" d'une part ou les "autres" d'autre part.

Les "systèmes", la société, les entreprises, les partis, les comploteurs, les corporations, les modes, les convenances, etc etc nous serions assujettis, par l'un ou l'autre qui nous empêcherait de parvenir à nous libérer pour déterminer nous même nos choix.

Les "autres" toujours prompt et enclin à tout faire de travers, à ne pas adopter les bonnes attitudes, à ne pas être conscient des enjeux, à n'être pas à la hauteur, à vouloir nous dominer, se servir de nous, empiéter sur notre liberté, entraver nos actions etc etc nous serions seuls bienfaisant dans un marasme d'incohérence, d'inconsistance et d'incompétence, seul ou membre d'une telle minorité que rien ne peut en advenir de vraiment déterminant et décisif.

Alors à quoi bon !

Soyons le changement que nous voulons voir naître ! Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ! Soyons le changement que nous voulons voir chez l'autre. Voilà certainement la seule démarche bienfaisante tant pour soi que pour l'exemple, qui nous soit accessible et qui soit primordiale et capitale.

C'est cette capacité humaine à attendre des autres et des systèmes, l'exemplarité, qui fait, il me semble, que trop nombreux sont les humains qui n'envisagent d'autres buts ou d'autres destinées que celle de ne s'occuper que de lui même, sans autres niveaux d'interactions, sans autre plan de conscience de son inscription dans l'appartenance au corps de l'humanité toute entière.

L'égocentrisme de l'humain, enfin pas toutes et tous, nous en avons heureusement de merveilleuses démonstrations qui devraient nous servir d'exemples, est l'achoppement de l'humanité, celle qui pourrait advenir, pour peu que la conscience de l'autre et de notre imbrication et notre interdépendance, émerge et se répande.

Tant que les humains, ou au moins une grande majorité d'entres eux, si tant est que nous puissions y parvenir, n'auront pas opté pour l'humanité en tant qu'entité globale, en tant que corps ultime, je crains que l'achoppement de l'humanité et de l'humain ne soit la seule finalité possible.

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