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Oublier quels sont nos liens, nous coupe des solutions inhérentes à notre appartenance à la communauté.

Oublier quels sont nos liens, nous coupe des solutions inhérentes à notre appartenance à la communauté.

Sur le plan de l'humain, est-ce le cœur, est-ce l'esprit, est-ce l'âme, à moins que ce ne soit une forme complexe englobant ces diverses identifications que nous nous faisons de nous même, de ce que nous sommes dans notre insondable complexité, qui détermine ce que nous sommes et ce que nous faisons ? Je ne sais !

Ce qui me semble par contre difficilement contestable c'est notre dépendance intrinsèque et essentielle d'avec la nature, dépendance si forte, quoi qu'on veuille de plus en plus prétendre le contraire, que sans vie de la terre, nos vies s'éteignent également, nous sommes liés à sa bonne santé, à sa capacité à nous fournir les matières premières dont nous avons tous besoins et dont nous ne pouvons bénéficier que si et seulement si d'autres les extraient, les façonnent, et nous les rendent accessibles, en tout cas, et à fortiori dans la forme sociétale moderne tant dépendante des énergies et des technologies qu'est la nôtre ! Il y a certes d'autres formes d'existences, comme ces peuplades vivant en autonomie, avec uniquement ce qu'elles sont elles même en mesure de prélever et transformer pour leur subsistance, mais ces rapports là avec la nature sont en voie d'extinction, si nous ne faisons pas une volte face dans notre relation avec la terre.

Partant du postulat que tout est lié, nous sommes liés, or nous avons construit une société qui à prôné la rupture, l'identitaire individuel en opposition à l'esprit de corps, de communauté, la séparation d'avec les autres et de la nature dont nous sommes pourtant une émanation dépendante, ne serait-ce pas là la cause des causes, en terme de dislocation de l'essence même de la vie ?

Ce n'est qu'assez récemment que j'ai découvert cette déclaration de Margaret Thatcher affirmant, ce qui à mon sens est devenu le soubassement du monde libéral consumériste : "La société n'existe pas, il y a des hommes, des femmes et des familles" elle n'en a pas été à elle seule le vecteur, juste l'une de ces personnalités qui se sont érigées en maître du monde, en centre de rotation, en paroxysme du nombrilisme incarné.

Cette vision d'un monde uniquement centrée sur un individualisme primaire et prioritaire est à mon sens l'achoppement structurel et fondamental de nos sociétés modernes telle qu'elles se sont inscrite dans ce projet anglo/américain devenu depuis également anglo-saxon, entraînant l'Europe occidentale d'abord, dans leur sillage, puis, attirant depuis les pays émergeant dans cette vision, visant à ordonnancer toutes les structures vers la recherche du "moi avant tout", du "je" dominant. Les autres modèles ont pris d'autres travers également, pour les mêmes achoppement d'ailleurs, des individualités qui ont décidé de tout arbitrer selon leur propre vision, à leur convenance, imposant à l'ensemble un choix personnel établi comme supérieur et infaillible. Des oligarchies impérialistes fausses démocraties vs des idéologies autoritaires voir dictatoriales, fausses mise en oeuvre d'un idéal communiste, dans les deux cas la volonté démocratique des populations est réduite à se taire ou ne pas être écoutée. En dehors de ça rien ou presque, quelques tentatives vites réprimées de sortir de ces deux seules, sois disant, voies possibles, mensonge absolue, il y a d'autres mode de gestion et de structuration possible.

On veut nous garder dans cette seule option de l'opposition entre deux modèles antagonistes, l'un ayant presque réussi à éteindre l'autre qui s'agencerait maintenant, sans en admettre l'augure, pour en prendre le chemin.

Il n'y aurait donc de salut possible que dans l'une de ces deux voies u(i)niques, cheminant maintenant vers une forme de fusion technocratique, en proie à une idéologie ultra-libérale.

Je suis pourtant convaincu que la nature humaine profonde garde enracinée ce lien souvent oublié qui nous uni, mais que l'on nous as orienté à enfouir, à proscrire, comme s'il était notre ennemi, l'individu n'existe que parce qu'il fait parti d'un tout, que parce qu'il est social, que parce qu'il participe à une construction globale terrestre voir universelle.

Ce qui œuvre à prioriser l'obtention de la satisfaction individuelle contrevient presque inévitablement à la prise en compte de l'intérêt commun. Il y a certes des objectifs personnels qui profitent à l'ensemble et qui s'inscrivent dans un schéma "coopératif" ou "de service gagnant/gagnant" dirait-on maintenant, ils ne sont pas rares mais sont alors majoritairement profitable au système d'asservissement et de destructions massives qu'entraînent nos sociétés consuméristes égocentrées. Et puis il y a d'autres "épanouissements" personnels qui peuvent parfois rester neutres ou tout au moins ne pas desservir l'intérêt général, mais ils sont rares, car quoi que l'on fasse, quoi que l'on décide, nous sommes liés, nos actions impactent, nos choix définissent, nos libertés influent sur celles des autres. Le bonheur des uns provoquent presque irrémédiablement le malheur des autres. Et puis il y a tout ce qui ouvertement, visiblement provoque destructions, pollutions, paupérisations, atteintes aux droits les plus élémentaires de certains des autres humains, à notre seul profit, que nous acceptions de le reconnaître ou pas !

D'une manière un peu simpliste certes, on pourrait schématiser (caricaturer ?) en disant que si l'on consomme global comme c'est la majorité d'entre nous, des produits qui peuvent maintenant arriver de partout sur la surface de la planète on entretient ou provoque un système d'exploitation globalisé qui tout en ne profitant qu'à une part des populations, détruit environnement et humains. Si à contrario l'on recentre toute sa vie pour l'inscrire le plus possible dans une démarche de moindre consommation, et localisée, on réduit certes son impact écologique et environnemental, mais également les liens qui permettent de donner du travail aux autres d'où qu'ils soient, et dans une société devenue presque exclusivement marchande, c'est réduire pour une bonne part des plus pauvres à l'abandon, à l'impossibilité de "se développer"et même, dans de nombreux cas maintenant, à survivre. Cela suppose donc une incidence sociale non négligeable, évidemment positive à l'échelle locale, mais réduisant également la partie positive de l'aide aux développement global.

Dilemme ! Choix cornélien, Agir local pour penser, et influencer global, ne serait-ce pas une impossibilité ou tout au moins une insuffisance ?

Le prétendu "libre-échange" tel qu'il est orienté depuis quelques décennies, est, je le crois, la pire option possible, parce qu'il nie tout sens commun, toute redistribution au moins proportionnelle, (je la choisirais pour ma part égalitaire dans l'absolu) des richesses crées. Ce qui en fait l'erreur, la faute fondamentale, est qu'il est cadenassé par des minorités accaparantes, un choix de profits non seulement égocentrique, mais en plus immédiat, sans aucune vision, ni commune, ni durable à long terme.

J'ai beau tourner toutes les questions dans tous les sens, il me semble évident que tout réside dans le postulat tragique de la primauté individuelle sur l'intérêt commun et général !

Nos devoirs envers les autres devraient primer sur nos droits et pas l'inverse, à moins que nous atteignons un niveau de conscience individuel et collectif global qui équilibrerait de manière instinctive un état d'être qui permette de mettre ses deux "oppositions" en concordance, sur un pied d’égalité !

Une libre égalité consentie.

La seule manière serait donc, à mon sens, sans renier l'individu et son droit à s'émanciper, de retrouver un sens commun, un sens du commun, en opposition totale avec le paradigme actuel, à contresens de ce vers quoi on nous a orienté ces dernières décennies, et donc immanquablement à rebrousse poil de la majorité de mes concitoyens encore sous l'influence de cette vision individualiste. Un message peu audible donc, repoussé y compris par ma propre famille, et grand nombre de celles et ceux qui m'entourent, mais qu'à cela ne tienne, malgré les oppositions, car je suis vraiment convaincu que c'est le seul échappatoire possible, et la seule voie de sortie, pour éviter le chaos qui s'annonce.

Je ne dois pas faire passer mon propre intérêt et mes propres choix au dessus de ce qui est également profitable aux autres, ce qui revient à penser des solutions qui équilibrent l'intérêt individuel avec l'intérêt commun dont je fais aussi partie.

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