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Impossible transition, illusoire transformation, inéluctable effondrement, entre espoir et chaos ?

Impossible transition, illusoire transformation, inéluctable effondrement, entre espoir et chaos ?

Je suis de nature assez peu optimiste, mais je me soigne, dubitatif quand à la nature humaine, en capacité de développer le pire comme le meilleur, et comme à pu dire un jour un certain Coluche qui s'est rappelé à nos esprits en cette date anniversaire de sa tragique disparition, je me demande si ce n'est pas pour le pire qu'elle est la meilleure !

J'en suis arrivé à me définir comme le doute personnifié, un amas de questions, paradoxe ambulant, entre espoir entretenue à bout de bras et de souffle, dans une persévérance parfois presque feinte, relevant de la méthode Coué, et tragique constat d'un illusoire humanisme empathique, altruiste et bienfaiteur.

L'humain est-il en capacité de s'ouvrir d'une manière massive à la prise de conscience qui m’apparaît nécessaire en vue de s'extraire de ce mouvement auto-destructeur dans lequel il est engagé, si tant est qu'il admette préalablement l'inévitable chaos vers lequel nous nous dirigeons me semble-t-il ?

Le chaos final de l'humanité est-il inéluctable ?

J'en connais qui se contente d'observer que la nature des choses veut que rien ne soit perpétuel, que toutes les formes de vies naissent, "progressent" ou s'étendent jusqu'à une certaine apogée, pour ensuite régresser plus où moins brutalement et rapidement jusqu'à finalement disparaître totalement laissant place à d'autres formes d'existences, l'humain ne dérogeant pas à cette règle "naturelle", qu'alors toute résistance serait inutile et que l'inéluctable cycle ne saurait être remis en question !

Le "fatalisme" ainsi engendré qui, s'il ne sous entend pour autant pas une totale inaction pour quelques-un, tend cependant à une certaine forme d'acceptation de la déchéance qui s'accélère, je ne fais pas parti de ceux là, démonstration d'une de mes contradictoires, position inconfortable, et difficilement traduisible entre crainte au sujet de la nature humaine profonde et constat obligé de reconnaître que l'humain recèle en lui, aussi, des capacités puissantes à un altruisme coopérateur et salvateur et qui pourrait bien s'il s'étendait et se propageait ouvrir à une utopie préservatrice.

Alors quoi, laisser faire et attendre, ou se battre et tendre vers une hypothétique alternative ?

L'évolution permanente et globalisée, fruit d'une croissance infinie, est une illusion suicidaire autodestructrice, une humanité qui persévérerait dans cette direction cours à sa perte et l'accélère indubitablement, tout individu informé et lucide sait cela maintenant.

« Celui qui croit qu'une croissance infinie est possible dans un monde fini est soit un fou soit un économiste »

Kenneth Boulding

Impossible transition, illusoire transformation, inéluctable effondrement, entre espoir et chaos ?

Et pourtant la seule solution que le système consent à envisager et encore péniblement serait une "croissance durable" grâce à une énergie "renouvelable" !

La continuité, la course éperdue d'une croissance infinie, dont on remplacerait les ressorts, et les moyens sans interroger vraiment l'incapacité de la terre à fournir ce qui serait nécessaire véritablement pour y parvenir, qui plus est dans un monde d'accaparement des richesses empêchant la redistribution indispensable pour favoriser une poursuite de la consommation sans cesse renouvelée pour tous, ce qui serait le cercle le plus vertueux d'une économie perpétuellement productive !

La croissance "dite verte" résultat d'un développement "dit durable", est l'utopie idéologique constitutive de la nouvelle orientation consumériste capitaliste aberrante, pire que toutes les alternatives qu'on peut lui opposer, et proposer, et que ce système présente comme illusoire, l'aveugle qui guiderait les borgnes sur le chemin !

Le dernier soubresaut d'un paradigme économique faussement générateur de bien-être pour tous, qui s'avère en réalité l'enrichissement d'une ultra minorité contre l'appauvrissement des autres, à force de tirer tous les prix vers le bas, c'est la paupérisation générale qu'on instaure et qu'on installe, des miettes de la richesse produite pour une sous-vie réductrice, une survie programmée, pendant que l'élite engrange et se fabrique des bulles spéculatives et isolantes du reste du monde.

Pour faire perdurer cette organisation du monde, tous les moyens se justifient, développer des nouvelles formes de production d'énergie, tout en perpétuant l'utilisation des précédentes dont on connait pourtant l'immense potentiel destructeur et polluant, gagner ainsi sur les deux tableaux, le tout en tirant vers le bas leurs prix, au travers d'artifices dont les masses productives sont toujours les victimes, servant dorénavant de variable d'ajustement financier, obnubilées et illusionnées par le mythe de l'abondance qui finirait bien un jour par se répandre aussi sur eux, alors qu'à l'inverse on les en spolie injustement de plus en plus.

Alors qu'il est déjà très compliqué de s'extraire du mythe entretenue par tous les schéma structurels de la croissance qui nous environne, voilà qu'on nous embrouille avec le "développement" "durable" antinomique.

Face à cette vision du monde, d'autres "solutions" émergent, souvent empruntées à des exemples d’antan, préconisant pour le moins un très net ralentissement, un virage très accentué, pouvant aller pour certains jusqu'à une décroissance drastique, vision que je partage en grande partie, et que j'encourage, tout en reconnaissant une grande difficulté à me délester moi-même de certaines de ces facilités durement acquises, mais tout cela n'est-il pas vain ?

Est-il possible, est-il même souhaitable d'éviter l'effondrement largement entamé ?

J'oscille invariablement entre espoir et redoutable découragement.

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