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Quand des citoyens sont discriminés par l'État et son bras armé, pour leur défense sanitaire et écologique.

Quand des citoyens sont discriminés par l'État et son bras armé, pour leur défense sanitaire et écologique.

Il arrive parfois que le hasard fasse bien les choses, en effet, je rentre de la manifestation de Rennes "Marche Anti Monsanto".

Et ce qui s'est passé cette après-midi est à la fois drôle, pathétique, et injustifiable, et inacceptable (enfin si nous étions dans une véritable démocratie, je précise au cas où il y aurait une certaine incompréhension).

Cette marche dont il nous a été dit avant qu'elle ne parte du mail François Mitterand, après le repas de résistance, c'était que bien évidemment elle devait suivre un parcours "autorisé", l'annonceur précisant non sans cynisme, que ce parcours avait été modifié par les autorités à plusieurs reprise y compris au dernier moment, (on se demande pourquoi !) pas de quoi casser les pattes à un canard, fusse-t-il anti OGM, ouais parce même les canards ils font gaffe à ce qu'ils mangent si il savent ce qu'on met dans leur bouffe, mais comme on sait pas, car les OGM sont pas spécifiés, pas identifiés, comme s'ils ne laissaient pas de traces, alors qu'on les trouve quand on les cherche, dans la bouffe animale, bon j'arrête là parce que sinon je vais finir par dire des choses politiquement incorrectes... !

Seulement voilà le citoyen revendicatif est récalcitrant et libre !

Ce parcours à été subrepticement, à l'insu de son plein gré, en proie à un détournement de trajectoire et le voilà se retrouvant sorti des chemins tracés, sur des rues imprévues, quelque part dans le centre ville, interdit par, dans l'ordre, les commerçants, la Maire, la Préfecture, et touti quanti.

D'abord l'ensemble de la manifestation s'engouffra dans sa totalité, sur des chemins de traverse, et puis lors d'une énième bifurcation, elle se trouva scindé en deux pour des raisons que les scissionnaires vous expliqueront mieux que moi qui me trouvait à l'avant du groupe, toujours est-il qu'après un passage un tout petit peu plus électrisé et bruyant devant la "maison du peuple" (ancienne salle de la cité) que le mouvement Nuit Debout Rennes et celles et ceux qui s'y intéresse connaissent bien, la troupe réduite à une centaine de personne s'ébroua à nouveau, laissant sur place l'instant de palpable tension, pour reprendre sa marche tranquille ponctuée de slogans explicites, comme toute manifestation bon enfant, qui se respecte.

Malgré cela donc, malgré une atmosphère certes revendicative, mais d'un calme exemplaire, c'est un mur de la gendarmerie mobile qui s'érigea et se dressa devant nous à l'entrée sur la place de la Mairie.

Photo prise à Rennes de la place de la Mairie (d'où le heureux hasard ) car elle rend visible la situation que je décris précisément !

Photo prise à Rennes de la place de la Mairie (d'où le heureux hasard ) car elle rend visible la situation que je décris précisément !

C'est là que tout bascule (et il y a là un double sens) après qu'une séparation de troupe se soit donc opérée, voilà que nous nous trouvons bloqué, empêché de franchir une frontière fatidique, celle de la place de la Mairie, j'expliquais à quelques personnes incrédules qui ne comprenaient pas pourquoi on se trouvait contraint là plutôt qu'ailleurs, symbolique leur disais-je, symbolique et révélateur, ajoutant qu'après avoir réussi à faire un tel parcours imprévu et interdit, il serait non seulement dommage mais capitulateur de rebrousser chemin, ce fut tout de même ce qui à été décidé après quelques tentatives non violente d'ouvrir ce passage, ce n'était rien, 200 mètres avant de reprendre tranquillement le chemin vers notre point de départ, dans une ambiance calme, mais symboliquement c'eut été pour les autorités faire preuve de "faiblesse" (à leur yeux !) le seul fait d'être là pour les manifestants était par contre déjà une victoire.

Nous fîmes donc, après d'infructueuses négociations, demi tour, et pour moi, en ces temps d'investissement patent, et peut-être plus que pour beaucoup d'autres à contre cœur, au point que je me surpris moi même, qui ne suis pas ordinairement d'une grande témérité, à resté figé là debout, laissant mes comparses rebrousser chemin pour me trouver au bout de quelques instant seul face à ce mur de gendarmes parés de boucliers, auxquels j'avais bien envie de demander s'ils avaient vraiment le sentiment d'avoir été employés là à bon escient !?

Mais comme je suis un pleutre (qui se soigne !) je me suis abstenu, au prétexte que ce serait vain de toute façon, cette petite troupe se dirigea alors vers la place Ste Anne où après avoir chanté en chœur que la place publique nous appartenait, et que Monsanto et son monde n'y était pas bienvenue, elle se disloqua tout aussi tranquillement qu'elle avait déambulé, sur l'ensemble de son parcours, bien qu'il ne soit pas celui que les autorités avaient dessiné !

Environ trente minutes plus tard c'est en toute simplicité que comme tous les autres citoyens, vacant à leurs après midi consuméristes, je passais ce carrefour, me faufilant entre deux gendarmes, comme si de rien n'était, et c'est en cela que je considère qu'il y a eu ce jour délit de discriminations envers des citoyens dont les droits ont été usurpés, sous le seul prétexte qu'ils défendaient des revendications légitimes, et pacifiques.

La liberté d'expression est vraiment mise à mal dans notre pays dit des droits de l'homme.

Que personne ne vienne prétexter un état d'urgence, qui n'a lieu d'être (et encore c'est plus que discutable !) que pour un alibi de lutte contre le terrorisme, alors que les états d'urgence les plus graves en réalité sont sociaux, climatiques, et politiques.

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