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Dilemme, quand vouloir agir efficacement crée d'insupportables injustices, les pauvres trinquent toujours plus.

Le nombre et le degré d'injustices ne font que croître, au point que défendre l'écologie par exemple devient source de rejet pour certaines franges de la population, qui subissent les restrictions comme des atteintes réelles à leur mode de vie pourtant déjà simple et surtout précaire financièrement, il pourrait y avoir de nombreux exemples pour étayer cette affirmation, et ceci se traduit par un double préjudice, une animosité des citoyens aux faibles revenues envers les écolos qui défendent pourtant leurs intérêts (celui des moins bien lotis) en soutenant des causes pour le bien commun et l'intérêt général, et des impacts désastreux sur la vie quotidienne de ces plus pauvres, qui voient leur pouvoir d'achat rogné plus encore pour répondre et s'adapter aux nouvelles exigences sanitaires, environnementales, écologiques.

Par delà l'extrême pauvreté de celles et ceux qui n'ont déjà plus rien, une autre strate de la population vit avec des revenues tellement bas que faire des économies n'est déjà plus possible depuis longtemps, et puis il y en a d'autres pour qui, Il faut bien se rendre compte que s'obliger à faire des économies ou investir dans de nouveaux achats de meilleurs produits signifie ni plus ni moins empiéter sur son budget nourriture, santé, je ne parle même plus de loisirs que certains ne vivent déjà plus qu'en rêves. Tout effort se traduit donc pour les plus faibles revenus par de vrais sacrifices, alors que pour d'autres, passé un certain niveau de rémunération, et de niveau social, ce qui sera à réduire ne changera rien à leur quotidien, au pire cela empiétera sur certaines formes de loisirs, quand pour d'autres encore cela ne réduira que la part de placements qu'ils pourront envisager, la différence entre les deux type de situation est beaucoup plus importante que n'importe quels chiffres, et surtout le degré de légitimité à s'opposer aux nouvelles dispositions à prendre n'a plus du tout le même caractère à mon sens.

Ainsi pour l'intérêt commun, pour améliorer le sort de tous sur le plan sanitaire est-il possible de concevoir qu'on puisse refuser de mettre en œuvre des actions pour diminuer la pollution dans les villes, j'aimerais affirmer que non, car je n'entrevois pas d'arguments recevables pour s'opposer à cet objectif, si ce n'est l'absolu incapacité de le faire, à moins de se mettre dans une situation inacceptable et insupportable, les solutions misent en œuvres doivent donc selon moi ne pas défavoriser plus encore celles et ceux qui sont déjà les plus faibles et les plus démunis.

Partant donc de ce postulat, la question à se poser est de définir quelles actions vont avoir la plus grande efficacité pour parvenir à l'objectif, et c'est là que cela se complique vraiment, qui ou quoi pollue le plus semblerait être le premier critère à définir, à cette question, globalement la production et l'utilisation des matières fossiles surpassent de loin toutes les autres formes de pollutions, qui prennent diverses formes en fonction des différents impacts qu'ils produisent.

Si les transports ont donc une large part, ils ne sont pas les seuls, et si les véhiculent les plus anciens ont donc une large part ils ne sont pas les seuls, au nom de quoi donc les transports auraient à faire plus d'efforts et devraient subir plus de restrictions que les industries par exemple ?

Pourquoi certains, les plus démunis en ce cas particulier, mais qui se vérifie à de nombreux autres égards, seraient donc celles et ceux qui aient à supporter la plus forte incidence sur leur quotidien ?

Les restrictions sont-elles justement et équitablement réparties, je crains que non, aussi, je comprends l'idée défendue par l'association 40 millions d'automobilistes, reste que je présume qu'un bon nombre de celles et ceux qui sont prêt à suivre ce mouvement auraient pu faire d'autres choix depuis longtemps.

Il ne faut surtout pas oublier la responsabilité de l'État d'une part et des constructeurs français d'autres part qui ont absolument tout mis en œuvre pour favoriser le diésel et qui continuent de le faire, en totale contradiction avec les objectifs à atteindre.

Il n'est donc pas juste selon moi, qu'une interdiction aussi catégorique et catégorielle soit mise en place, car elle atteint en majeure partie et en particulier des citoyen(nes)(s) qui n'ont guère eu d'autre choix et ont été préalablement quasiment contraint de s'orienter vers ce qui maintenant leur est présenté comme la plus mauvaise alternative, et les condamne, alors qu'ils en sont les premières victimes, tant sur le plan financier, que sur le plan sanitaire.

Dilemme, quand vouloir agir efficacement crée d'insupportables injustices, les pauvres trinquent toujours plus.

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