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Préparer et adapter l'humain aux risques nucléaires, ou comment tirer la pire leçon des catastrophes.

Préparer et adapter l'humain aux risques nucléaires, ou comment tirer la pire leçon des catastrophes.

En cette période anniversaire alors même que les conséquences sont loin, très loin d'être toutes mesurées, elles ne le seront d'ailleurs jamais pour la majeure parties des accidents nucléaires, puisque pour une large part d'entre elles, elles ont été niées, occultées, détournées, comme dans de nombreux cas, force est de constater, que pour ce qui est des causes, une énergie considérable est déployée pour mettre au cœur du problème l'humain et son manque de fiabilité, ses erreurs, ses défaillances, ses incompétences, ainsi que ce soit dans les inconséquences ou les inadaptations techniques conceptuelles, ou au travers des prises de décisions, tardives, erronées, défaillantes, le facteur central pour le moins aggravant si ce n'est déclenchant, serait l'humain, c'est ce qui est ressorti des conclusions dans les trois cas d'accidents majeurs nucléaires.

Je ne nie pas l'importance majeure et la place prépondérante qu'occupe l'humain dans toutes les chaines de conséquences, lors de toutes formes de catastrophes de quelques natures que ce soit, je suis même au contraire convaincu que ce constat devrait justement obliger à relativiser toute prétendue maîtrise totale dans la sécurité et la sûreté de quelque technologie que ce soit, ceci dit, on ne me convaincra pas d'une prétendue fiabilité totale et inaltérable de quelque technologie que ce soit non plus, ce qui est pourtant la prétention humaine en règle générale.

La réflexion suivante que je viens de consulter en faisant des recherches pour ce billet ne me semble pas inintéressante, elle m'a, moi en tout cas, amené à envisager la question, "existe-t-il une pédagogie du désastre ?"

Outre le questionnement de fond, que chacun est bien sûr libre de réfuter, ou de reléguer au second plan, la préoccupation la plus courante réside dans la révélation des conséquences.

J'ai fais un rapprochement entre l'un des rappels au sujet des retombées, lors que parmi les affirmations de ce chercheur nous est rappelé au paragraphe "Leçon N° 1", l'impact plus ou moins grave de la présence de Césium 137, et un article qui m'est revenu en mémoire, le constat fait il y a quelques temps par l'ACRO en France, heureusement que ce composé fait partie de ceux qui s'éteignent assez rapidement, mais de tous les autres, qu'en est-il ?

Alors qu'il est fait silence d'un grand nombre de conséquences, pour peu qu'on ai vraiment essayé de les constater, bizarrement l'humain n'est plus central lorsqu'il est question de prendre en considération les effets, et les mesures qu'il conviendrait de prendre pour éviter les risques, là étrangement la place de l'humain redevient secondaire, la technologie reprend la primeur des choix, et surtout la prépondérance des techniques redevient prioritaire, c'est l'humain qui repasse au second plan, redonner à la technologie une prétendue sûreté inébranlable surpasse toute autre considération, comme s'il y avait dans cet objectif quelque chose qui dépasse l'humain, ce que réalise l'humain serait-il donc plus important que l'humain lui-même ?

Plutôt donc que de reconnaître l'inéluctable mise en danger de la vie par le fait même du potentiel accidentogène inévitable, tant technologique qu'humain, le choix est fait de minimiser les conséquences, de les rendre acceptables, comme manifestes voir naturelles, de les garantir scientifiquement, en les classant au titre de nuisances supportables, l'irradiation devenue probable devient alors recevable, c'est précisément ce qui s'est passé au Japon à Fukushima et ses alentours où tous les curseurs ont été relevés de manière inqualifiable, la dose considérées jusque là normative de 1 milliSievert / an à été augmentée d'un facteur 20, une décision scientifiquement indéfendable, et totalement arbitraire, alors on pourrait se dire, à situation particulière décision particulière, sauf que loin d'être une exception consentie à titre occasionnelle, la leçon qui en a été définie sur le plan international, est maintenant de prendre ses données comme référence dorénavant.

C'est là qu'on entre dans une logique absurde et parfaitement antagoniste, une technologie que l'on prétendait assez sûr permettant de ne pas dépasser des doses minimes déjà controversées, n'est pas suffisamment sécuritaire pour éviter maintenant un potentiel risque pour des doses multipliées par 20, au point qu'il faille faire d'important travaux de mise à niveau de sécurité ! N'y a-t-il pas là quelque chose de totalement contradictoire et révélateur ?

Des leçons ont donc bien été tirées, sauf que celles ci loin d'être en faveur de la protection des populations, l'ont été pour la protection du nucléaire, cela devrait nous mettre toutes et tous en état d'urgence, tout concours à nous prouver que dorénavant, la question n'est donc plus :

Si une accident devait se produire comment notre sécurité serait préservée ?

mais bien :

Quand l'accident va survenir, comment notre sécurité va-t-elle être sacrifiée ?

Bien que cette situation ne soit pas une découverte, pour preuve je l'évoquais déjà début 2014 :

La confirmation est tout de même terrifiante, ce qui est privilégié, est donc bien la poursuite du nucléaire quoi qu'il en coûte, humainement, et financièrement, toute autre considération y compris la sécurité sanitaire des citoyens y est subordonnée.

Le pire est donc bien à venir, désolée de ne pas avoir d'autre choix que de projeter une catastrophe, tout indique qu'elle devient de jour en jour non seulement possible, mais probable, il ne s'agit pas de jouer sur la peur, en tout cas pas avec de fictives probabilités, mais bien avec un potentiel avéré, nous y préparer, et commencer à le reconnaître n'est-il pas de la part des autorités la plus révélatrices des leçons.

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