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Va-t-il falloir apprendre à vivre sous le régime de l'état d'urgence permanent ? Lequel des états réclame urgence ?

Va-t-il falloir apprendre à vivre sous le régime de l'état d'urgence permanent ? Lequel des états réclame urgence ?

J'ai participé ce samedi avec une poignée de citoyens à l'appel de plusieurs mouvements épars, unis une fois n'est pas coutume derrière deux revendications principales : 'fin immédiate de l'état d'urgence' et 'non à la déchéance de nationalité'.

Voir côte à côte des étendards comme ceux des anarchistes et ceux du mouvement pacifiste coude à coude avec le front de la gauche de la gauche et quelques jeunes sous le drapeau des jeunesses socialistes, soutenus par des libertaires donnant la parole aux écolos assignés à résidence pour la défense de NDDL, sans oublier certains syndicalistes et quelques uns qui peut-être comme moi étaient là sans bannière ni drapeau mais en tant que simple citoyen indigné et outré, en dis long sur l'étendue de la contestation à gauche de la gauche et hors cadre politique habituel !

Toujours est-il que malgré la largeur représentative des mouvements et courants de pensés associés là, en caricaturant un peu les choses, on peut presque dire qu'il y avait ce jours là à Rennes sans doute à peut près autant de forces de l'ordre, que de manifestants en ordre de marche unissant leurs forces bien minoritaires. Sans être en possibilité de quantifier les participants, je les estime pour ma part à environs 400 à 500 âmes, et je trouve cela tellement insuffisant, que le dire comme cela est un doux euphémisme.

Un constat qui explique peut-être pourquoi le slogan qui en fait à retenti avec le plus de décibels au sein de cette convergence qui pourrait d'ordinaire apparaître quelque peu anachronique, scandait 'Policiers partout justice nulle part', il est à noter, qu'il n'y a eu aucune violence, parce que malgré la mise en cause directe et assumée de l'action policière, nulle autre provocation n'a germée, et que face à cette accusation directe et sans ambiguïté, les bras armés d'un état en réaction arbitraire, totalitairement disproportionnée, et surtout, comme le prouve ce dernier exemple, totalement inefficace, ont su rester impassible ce qui laisse à supposer, que les consignes étaient à l’apaisement stratégiquement démagogique, et calmant, je vous laisse méditer la dessus.

La prolongation de l'état d'urgence est donc sur les rails, nous pourrions nous époumoner que cela serait vain, s'il y a un combat pour lequel il reste peut-être une infime chance de pouvoir peser un peu, c'est celui de la déchéance de nationalité qui elle ne se voit pas accorder le même consensus national, car force est de reconnaître que démocratiquement nos revendications sont totalement à contre courant de la majorité des citoyens qui pour des raisons qui m'échappent et m'indignent tout autant, soutiennent la mise sous tutelle potentielle de nos libertés individuelles et ouvrent ainsi la porte à diverses contraintes qui pourraient bien les entraver plus tard largement au dela de ce qu'ils peuvent imaginer.

Parce que je réfléchis à ce qui se passe, je me dis que je dois admettre, qu'il est difficile de se rendre compte dans la vie de tous les jours, de ce que l'état d'urgence peut vraiment changer au quotidien et que par conséquent, ne voyant rien entraver sa vie ordinaire, la très grande majorité des citoyens, s'imagine ne pas avoir nécessité à, ou ne se voit pas contraint à, s'interroger sur ce que cela change fondamentalement au sens de la notion de liberté.

Si du côté des citoyens lambda, la cause semble entendue, c'est en tout cas ce que tout porte à croire, il n'en est pas de même ni sur le plan politique, ni du coté des instances judiciaires, pas plus que dans les milieux intellectuels, ou ceux de la défense des droits de l'homme, liste non exhaustive, car en fait bien plus large qu'il n'y parait, l'interrogation internationale reste dans un silence feutré, mais laisse transparaître son étonnement inquiet.

Les terroristes ne pensaient probablement pas qu'ils parviendraient ainsi à faire peser une telle contrainte liberticide, et provoqueraient une telle déliquescence des institutions, qui clamaient pourtant dans un premier temps haut et fort qu'il n'était pas question de céder à la peur et à la désunion.

Je n'en dirais pas plus concernant l'ampleur des décisions prisent en réaction à une urgence indiscutable, celle d'agir pour remédier aux causes des attaques terroristes qui ont endeuillé notre pays et ses citoyens, je pose par contre la question à laquelle je ne proposerais ici aucune piste de réponse, choix que je laisse à chacun d'approfondir, qui est la suivante, qui doit être privé de liberté et entravé dans ses mouvements et ses aspirations, le peuple français, ou ceux qui veulent attenter à sa liberté d'être et de vivre ?

Pour finir je souhaiterais tant qu'une même vigueur soit appliquée, face à tous les états d'urgences qui mettent en danger le peuple de France, urgence sociale, urgence sociétale, urgence environnementale, urgence écologique, urgence économique, urgence climatique, et je ne mettrais pour argument qu'une chose qui va probablement me valoir l'ire de beaucoup, mais je pense qu'il est temps de se poser les vrais questions qui fâchent, combien de morts violentes chacune de ces urgences mal traitées elles aussi, ont endeuillés avant et après ces attentats, nombres de nos concitoyens, puissions nous accorder la même déférences et le même respect à celles et ceux qui y ont laisser leur vies pour des choix politiques et économiques que nos gouvernants d'hier et d'aujourd'hui, n'assument pas et tentent au contraire de justifier et de légitimer.

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